GONCOURT : Philippe Jaenada — L’Inconnue du quai de Javel
Le livre : une enquête littéraire sur une morte oubliée.
Philippe Jaenada décroche le Goncourt 2026 avec L’Inconnue du quai de Javel, récompensé par six voix contre trois.
L’écrivain poursuit ici ce qu’il fait bien : rouvrir les dossiers que l’histoire a refermés trop vite. À partir de la mort d’une jeune femme retrouvée à Paris en 1949, il remonte les pistes, examine les archives et restitue tout un monde disparu.
Pourquoi ça a pu séduire le jury ?
Parce que Jaenada transforme l’enquête en littérature. Il ne se contente pas de chercher un coupable : il ressuscite une époque, redonne une existence à une inconnue et fait de ses digressions un véritable style littéraire qui lui est propre.
Le roman tient à la fois du polar, de la contre-enquête et du portrait historique.
RENAUDOT : François-Henri Désérable — Le Palais
Le livre : du vin, un don exceptionnel et beaucoup de panache.
François-Henri Désérable remporte le Renaudot avec Le Palais, par six voix contre quatre.
Son héros possède un talent extraordinaire : il reconnaît les vins et les millésimes presque instinctivement. De l’Inde à la Bourgogne, son don va l’entraîner dans l’univers codifié des grands crus, mais aussi vers des zones plus troubles.
Désérable construit un roman d’apprentissage, de vertige où le vin est un décor et un Dieu.
Pourquoi ça a pu séduire le jury ?
Pour son personnage immédiatement romanesque, d’abord. Mais aussi pour l’énergie et ce mélange entre culture, aventure.
Le livre joue avec les codes d’un univers élitiste sans jamais se transformer en manuel d’œnologie.
MÉDICIS : Philippe Vasset — Dans les grandes lignes
Le livre : suivre les pylônes électriques pour découvrir une autre France.
Il fallait y penser.
Philippe Vasset décide de marcher en suivant le tracé des lignes à haute tension. Les câbles électriques deviennent sa boussole et l’entraînent dans une France invisible : parkings, autoroutes, terrains vagues, jardins, infrastructures, zones interdites ou oubliées.
Un projet étrange mais qui devient peu à peu une exploration du territoire contemporain.
Pourquoi ça a pu séduire le jury ?
Parce que Vasset transforme le banal en aventure.
Un pylône, chez lui, n’est plus simplement un pylône. Il devient le point de départ d’une géographie et d’une source de poésie.
Le jury Médicis, traditionnellement sensible aux formes originales, avait là son candidat.
GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE : Sébastien Lapaque — Le Rappel des oiseaux
Le livre : une méditation sur l’amitié, l’espérance et la lumière.
Avec Le Rappel des oiseaux, Sébastien Lapaque propose un livre contemplatif.
En 33 tableaux, il accompagne Noé sur les traces de François d’Assise. Les oiseaux traversent le récit comme des présences symboliques, entre inquiétude, foi, souvenir et émerveillement.
Tout un ’univers est là : les voyages, les livres, la spiritualité, cette fascination pour les êtres qui cherchent leur chemin.
Pourquoi ça a pu séduire l’Académie ?
Parce que le prix semble consacrer autant un roman qu’une fidélité à la littérature.
Lapaque construit depuis près de trente ans une œuvre difficile à enfermer dans un genre. Ici, sa culture littéraire nourrit le récit sans l’alourdir.
Il défend quelque chose devenu presque rare : une littérature de l’émerveillement.
PRIX FEMINA 2026 : Yannick Haenel- la solitude des profs est infinie
Le livre : enseigner, résister et croire encore au pouvoir des mots.
Le mercredi 4 novembre, Yannick Haenel remporte le prix Femina 2026 avec La solitude des professeurs est infinie (Gallimard). Déjà couronné par le Médicis en 2017 pour Tiens ferme ta couronne, ce romancier singulier, ancien professeur de français, connaît intimement le monde qu'il décrit, souligne Télérama.
Son héros, Jean Deichel, jeune enseignant idéaliste, fait ses premières armes dans un collège difficile de banlieue parisienne. Classes agitées, découragements, solitude et moments de grâce, il découvre un métier aussi éprouvant que passionnant. Car derrière les tensions scolaires, il y a aussi la littérature, les élèves, les rencontres et cette conviction presque folle. Un cours peut parfois changer une vie.
Pourquoi ça a pu séduire le jury ?
Parce que Haenel signe plus un roman sur l'école. Il raconte la solitude de ceux qui transmettent, un métier fragilisé et la force de la littérature face au désenchantement.
À l'heure où l'enseignement traverse de profondes tensions, son livre résonne particulièrement. Mais sa grande réussite est aussi de transformer un quotidien difficile en une aventure humaine, poétique et lumineuse.
Un prix qui récompense aussi une déclaration d'amour aux enseignants, auxquels l'auteur a dédié sa victoire.
Et les autres Renaudot ?
Le palmarès ne s’arrête pas au roman.
Le Renaudot Essai est attribué ex aequo à Jean-Paul Enthoven, pour Dictionnaire amoureux du bonheur, et Christophe Ono-dit-Biot, pour L’Odyssée de l’Odyssée.
Deux livres tournés vers la transmission : d’un côté une exploration très personnelle du bonheur, de l’autre un voyage à travers l’un des récits fondateurs de notre culture.
Quant au Renaudot poche, il revient à l’unanimité à Jean-Christophe Buisson pour Complètement à l’Est !.
Historien et grand reporter, il y rassemble plusieurs décennies de récits, de rencontres et de reportages, de Belgrade au Kremlin, avec un goût marqué pour l’Europe orientale et l’Arménie.
Quel prix choisir selon votre humeur ?
Vous aimez les enquêtes et les histoires vraies ?
→ L’Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada.
Vous voulez un roman ample, vivant et accessible ?
→ Le Palais, de François-Henri Désérable.
Vous aimez les livres inclassables et les voyages insolites ?
→ Dans les grandes lignes, de Philippe Vasset.
Vous recherchez un roman plus littéraire, méditatif et poétique ?
→ Le Rappel des oiseaux, de Sébastien Lapaque.
Quatre façons de déplacer le regard
Au fond, le vrai fil rouge de ce palmarès 2026 se trouve peut-être là.
Jaenada regarde une morte que l’histoire avait oubliée.
Désérable transforme un palais exceptionnel en destin romanesque.
Vasset suit les pylônes que nous ne regardons jamais.
Lapaque tend l’oreille vers les oiseaux.
Quatre écrivains, quatre façons de rendre visible ce qui ne l’était plus.
Et probablement une bonne définition de la littérature.
Yannick Nahel, Prix Femina 2026
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@Catarina Viti
Salut, @Bruno Bonheur
je vais lire... mais Mediapart... glurps. J'en ferai un résumé ici même.
sauf si c'est à la hauteur de ce que publie cette sacrée bande.
2 minutes plus tard... beaucoup de mots savants et de tournures alambiquées pour en arriver à la conclusion (je cite) :"Ce qu’elles produisent [les IA], ce sont des produits manufacturés conçus pour notre plus grand confort de lecture.
Merci, B.B. Je vais vous conseiller la tisane de marjolaine ! C'est pas grave. Je vous aime toujours bien.
Et franchement, cette platitude donnerait presque de l'altitude à cet article auquel mon vif esprit n'est pas étranger
https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/26201-quavons-nous-cesse-dexiger-des-ecrivains-pour-quune-machine-puisse-si
Demander à Mediapart son avis sur la liberté, la création et la littérature, c'est demander à Guy Georges ou à Emile Louis d'animer un séminaire sur les femmes... Que du bonheur...
@Catarina Viti
A propos d’IA, il y a ce billet qui est pas mal :
https://blogs.mediapart.fr/olivierjacquemond/blog/051126/thelyson-orelien-n-est-pas-un-frere
@Sam Darwin @Catarina Viti
Soit, ma réponse est un peu polémique (Victor), mais on s'ennuie parfois à mourir ici. Il faut bien mettre un peu de piment dans les débats. C'est gaulois, paraît-il !
Puisque vous réfutez mes suppositions, j' envisage donc une quatrième, voire une ultime hypothèse : les femmes, bien que plus douées pour les études littéraires et plus diplômées que les hommes, ne représentent que 30 ou 40 % des auteurs publiés...
On pourrait évidemment invoquer la misogynie des éditeurs, mais je n'en crois pas un mot. Des femmes sont à la tête de maisons d'édition, elles sont présentes dans les comités de lecture et les lectrices sont dix fois plus nombreuses que les lecteurs (il suffit d'aller dans les bibliothèques et les librairies pour s'en convaincre).
Se pourrait-il que les femmes soient moins attirées que les hommes par les feux de la rampe, les prix et la gloire... Dire cela n'a rien de misogyne, c'est simplement envisager un choix. Disons qu'elles ont peut-être des choses plus intelligentes à faire...
Je vais encore en prendre plein la tête... Mais j'enlèverai le bas comme Catarina avec moins de bonheur, pour me couvrir le haut de la tête, et je ferai fuir les dames !
Bien à vous et merci pour votre humour et votre bienveillance...
Hé, @LA NUIT LES ETOILES, ça va bien, la tête ?
Si aucune femme n’est à la hauteur de cette brochette de glandeurs patentés... je vire ma cuti, quoi que cela veuille dire ! Je saute sur la table, et j’enlève le haut (oui, dans Catarina faut lire aussi Myriam, mais vous le savez), et la semaine suivante, j’enlève le bas : ça laissera au spectateur le temps de plier les gaules.
Non, mais, où vous allez ?
Au fait, cela devrait vous plaire : Gros Nigaud 1er avoue... y a d’l’IA dans l’air de son torchon. On se gondole.
J’ai le titre de la série : « Voici venu le temps des fossoyeurs ».
@ LA NUIT LES ETOILES
Bonjour,
Ma simple remarque n'en méritait pas tant. Cette propension à prêter des pensées ou des intentions aux autres est très étrange.
Bref...
@Sam Darwin
Votre remarque peut s'entendre de plusieurs façons :
1) Soit on exclut volontairement les femmes de la compétition. Ce qui serait extravagant.
2) Soit les femmes n'auraient pas les capacités nécessaires. Une sorte de Darwinisme inacceptable auquel personne ne croit une seconde....
3) Soit elles ne figurent pas cette année et par hasard dans le palmarès, et dans ce cas votre remarque pourrait procéder d'un tropisme victimaire fort en vogue...
Je ne connais aucun des auteurs lauréats de ces prix.
Dans l'attente de peut-être les découvrir, ma seule remarque sera donc "Où sont les femmes ?"
@Catarina Viti
Merci pour l'info, j'y vas de ce pas. J'ai un faible pour les snipers iconoclastes et orchidoclastes pour peu que leur verve soit flamboyante... On pardonne bcp à ceux qui écrivent bien...
Très chère @LA NUIT LES ETOILES, nuit câline, nuit d'amur.
Auriez-vous le monopole du soutien aux auteurs inconnus ?
Puisque vous insistez : je relis le livre de Markus, because je prévois un "Regard sur un Livre". Et je partage le point de vue de Juan Asensio, qui en matière d'entartage de la Jet Set germanopratine n'y va pas avec le dos de la cuillère. Je vous recommande son site STALKER.
@Catarina Viti
Catarina, est-ce que vous ne seriez pas en train de me piquer mon fonds de commerce ?
J'étais le seul à "sniper" les auteurs de la "jet set", du "politiquement correct" de la "boboserie"... et voila que cette sale manie se repend comme la peste...
Je suis en train de relire "Perdida" de Kline. Franchement, c'est nettement supérieur à ces 4 daubes.
https://www.monbestseller.com/book/20554/viewer