Actualité
Le 14 avr 2016

Auteurs, éditeurs et lecteurs, l’auto-édition dessine un nouveau monde

À la suite de Livre Paris 2016 et à ses échanges avec les lecteurs et les acteurs de l'auto-édition, Alain Kolb, auteur auto-édité, se propose ici de partager quelques remarques, prolongement d'un article antérieur à retrouver sur son blog.
Alain Kolb, auteur, Livre Paris stand monBestSellerAlain Kolb, auteur d'AnonymX à découvrir gratuitement sur monBestSeller.com

Les transformations suscitées par l'autoédition sont multiformes et multidirectionnelles. Elles touchent à la fois auteurs, éditeurs et lecteurs.

Aux auteurs, l’auto-édition offre plus de réactivité et de proximité avec leurs lecteurs

Parce qu’ils peuvent prendre eux-mêmes en charge l'édition de leurs ouvrages sans passer par une maison d'édition, les auteurs peuvent désormais présenter au public des œuvres variées, plus rapidement.
L’auto-édition donne à l’auteur, non seulement l'opportunité de lier un contact avec ses lecteurs rapidement mais aussi directement grâce aux réseaux sociaux.
L’œuvre numérique étant modifiable à souhait, elle peut être modulable pour ainsi dire tout au cours de son process.
Elle peut aussi être publiée en série mensuelle, avant d’être présentée en version complète en fin d’écriture. Ici aussi la réactivité et le contact permanent avec le lecteur sont un avantage. Comme le démontre le site monBestSeller où j'ai publié récemment. Une bonne visibilité est obtenue dès le début et permet même de devenir Le succès du mois.

Les éditeurs ne sont pas de faux amis des auto-édités

Les éditeurs, malgré une idée répandue, sont eux-mêmes intéressés par cette émergence de nouveaux auteurs. Non seulement ils surveillent ce petit monde qui se forme mais ils repèrent certains autoédités. En effet le passage de l'autoédition vers l'édition classique est un phénomène courant. Comme par exemple Alice Quinn (que j’ai rencontrée à Livre Paris) publiée désormais chez Michel Lafon.

Aux lecteurs, un maître mot : multiplicité. Des supports, des rencontres, des formats.

Plus important à mon avis : l'augmentation des lecteurs potentiels. Grâce à la connectivité totale, une tablette, une liseuse, un portable, les occasions de rencontre entre auteur et lecteur se multiplient.
Les lecteurs -ah ! le lecteur que chaque auteur fut…-, ils ont un choix quasi-illimité, eu égard aux heures de loisir dont ils disposent.
Cette multiplicité impliquera à coup sûr des nouvelles formes de choix : œuvres plus concises à prix raisonnable, séries, mais aussi le développement d'un marché de niche, voire des écrits destinés uniquement à un public restreint : amis, famille…

L’autoédition, en phase avec la révolution de la nouvelle économie

L'ubiquité, l'omniprésence et l'instantanéité, sont les caractéristiques de la nouvelle économie. L'autoédition contribue pleinement à cette Révolution. Elle modifiera notre relation avec l'écrit : en le rendant accessible on peut être à la fois lecteurs et auteurs.
Ubérisation de l'écriture diront les mauvaises langues. Mais n'avons-nous pas assisté à des lancements à grand renfort publicitaires de livres pistonnés ? Laissons pour une fois le lecteur décider. Il saura mieux ses goûts et ses préférences que quiconque. C'est cela aussi la nouvelle économie : le lecteur est roi.

Alain Kolb

PS : Deux ouvrages sur l'autoédition ont retenu mon attention :
> Élizabeth Sutton & Marie-Laure Cahier "Publier son livre à l’ère du numérique"
> Charlie Bregman "L'autoédition pourquoi comment pour qui"

@Robert Dorazi C'est un vrai souci le piratage, vous avez raison de le souligner. Je n'ai pas un chiffre exact mais je pense qu'il s'agit de 1-5% des lecteurs qui acceptent de lire ainsi les ouvrages.
Mais le même monde de l'auto-édition permet aussi le format papier-print on demand- ce qui affranchit du besoin de stock, nombre minimum de tirage etc. Comme, pour prendre l'exemple que je connais le mieux (lol), ici : https://www.amazon.fr/AnonymX-Alain-Kolb/dp/1530060443/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1461961574&sr=8-1&keywords=anonymx

Publié le 27 Avril 2016

Il manque peut-etre un petit paragraphe sur le piratage, dans cet article. Si des sites comme MBS sont gratuits, d'autres sites sont crees pour permettre a celles et ceux qui le souhaitent de mettre en vente leurs ecrits. Or on le sait tous, a partir du moment ou un livre est en telechargement payant quelque part, il est quasiment immediatement pirate et mis a disposition sur une multitude de sites qui justement font leurs benefices sur le nombre de visites, pas sur les livres achetes. Le piratage se developpant a vitesse grand V, il deviendra de plus en plus difficile aux auteurs auto-edites qui ne comptent que sur les copies numeriques de "proteger" leurs livres. La possibilite de publier des livres papiers existe mais bien sur un livre papier coute bien plus cher a l'achat qu'un ebook, ce qui peut freiner beaucoup de gens. Alors voyons comment cela va evoluer.

Publié le 14 Avril 2016