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Le 30 Jan 2018

Pourquoi j’écris ? (20)

Et si Dieu écrivait ? ce serait peut-être la raison pour laquelle Max Dougall écrirait ? Pour créer son univers, lui aussi
Parfois mes personnages m'échappentParfois mes personnages m'échappent

Quand les idées se stabilisent, elles trouvent leur chemin vers la page, et sortent

Quand monBestSeller m’a proposé de répondre à cette question, je n’ai pas pu le faire d’emblée. Non pas que j’ignore absolument pourquoi j’écris. Mais il existe dans mon processus d’écriture – et sans doute ne suis-je pas un cas isolé – une nécessaire phase de maturation, plus ou moins longue, pendant laquelle je ne parviens pas à coucher une phrase satisfaisante sur le papier. Pendant cette gestation, l’écrit se compose dans ma tête, mon cerveau le tourne et le retourne, le récit, trituré sans relâche, se met en place, scène par scène, se file et se défile. Ce n’est qu’une fois l’enchaînement des idées stabilisé qu’il trouve son chemin vers la page et sort, pour ainsi dire tout armé, de ma tête. J’ai donc fait attendre monBestSeller. Indûment, à n’en pas douter. Les mots virevoltaient dans ma tête sans vouloir se coucher. Puis le temps est venu.

Ecrire, c'est vaincre l'histoire du temps

Vous l’aurez compris, écrire est chez moi avant tout l’aboutissement d’une maturation d’idées. Sans cet aboutissement, il n’y a pas de récit, seulement quelques pensées jetées sur le papier qui peut-être un jour conflueront un projet plus large – souvent jamais. Puis soudain, j’ai un besoin compulsif de noircir toutes les pages blanches que je rencontre, de les emplir des mille vies que je ne vivrai jamais. L’écriture est pour moi le moyen de vivre d’autres existences, autant que d’en offrir la possibilité aux lecteurs. Elle permet de vaincre, dans un corps à corps à l’issue toujours précaire, l’angoisse du temps qui passe et nous rapproche insensiblement, seconde après seconde, du point final de notre passage sur Terre. C’est une pulsion qui prend aux tripes avant de venir de la tête. En ce sens, c’est un acte éminemment intime. Il m’a fallu véritablement lutter contre moi-même pour trouver le courage de publier mes écrits : la peur de la critique destructive, de la dérision, était au départ plus forte que l’envie de m’ouvrir aux autres.

Ecrire, c'est rejouer la pièce de la vie

Ecrire est aussi le moyen d’épancher le trop-plein de sentiments et de ressentiments que la vie oblige à taire. De rejouer la pièce, en ayant à la bouche les bons mots auxquels on n’a pensé qu’après coup. C’est un défoulement qui vaut tous les calmants, les avantages du paradis artificiel sans les inconvénients. Le recul vient souvent naturellement en répétant les situations, en variant les points de vue pour mieux les comprendre et les défendre.

Ecrire : c'est créer ses lois, les soumettre à ses fantaisies

Il existe bien sûr dans ce jeu-là un petit côté démiurge, séduisant mais guère modeste. Créer son propre univers, lui donner ses lois, le soumettre à ses fantaisies, sont des attraits difficilement résistibles. Cependant je me suis surprise à considérer que j’avais une responsabilité envers mes personnages : je ressens toujours des scrupules à les laisser trop longtemps suspendus à un ouvrage inachevé. Je me dis parfois que non, vraiment, je ne peux pas leur infliger ceci ou cela. Parfois aussi ils me surprennent, leurs péripéties s’écartent du scénario préétabli à mesure qu’ils évoluent, pensent, choisissent, car non, décidément, il ne pourrait en être autrement. Je les découvre dotés de libre-arbitre.

Vertigineux fractales : et si Dieu était un auteur de romans ?

 

Et si oui, pourquoi écrit-il ?

 

 

Max Dougall

En effet, belle et réconfortante idée que celle des anges-gardiens. Et l'une des variations sur le thème du double, au passage : le concours de nouvelles de Mon Best Seller à ce sujet est clos depuis longtemps mais il n'a pas fini d'inspirer ! Merci beaucoup pour l'attention que vous avez bien voulu me prêter. Bien sincèrement et au plaisir de vous lire, MD

Publié le 03 Mars 2018

@vespucci Mais bien sûr ;) !

Publié le 03 Mars 2018

@lamish
Plaisante, certainement. Mais, dans ce cas, ne devrait-on pas exiger que les anges-gardiens aient un minimum d'orthographe et de grammaire. Parce que, autrement, et de leur part, ce ne serait que de l'imposture caractérisée...

Publié le 03 Mars 2018

@Pantinois Je trouve l'idée plaisante ;) !

Publié le 06 Février 2018

@Max Dougall, @lamish
Et si Dieu était un auteur de romans… ou bien si chaque auteur avait un ange gardien qui les guide !

Publié le 06 Février 2018

@Max Dougall De plus, dans votre cas, et si Dieu était une femme ;) ? Amusant le choix de Max, en guise de prénom. Il m'évoque le film avec notre belle et regrettée Romy. J'ai déjà remarqué votre "Le requiem des poupées". La délicatesse de l'illustration de sa première de couverture, plus exactement. C'est avec plaisir que je prendrai le temps de découvrir le contenu, très prochainement. Merci pour cette ambitieuse confidence ;) et belle journée. Michèle

Publié le 04 Février 2018