Auteur
Le 01 juin 2018

S'il ne devait rester qu'un seul livre (2)

Etonnant raisonnement que celui de notre auteur. Le livre qu'il faudrait garder, c'est justement le livre qui nous écarterait de tous les autres, sans regret aucun. Lisez, vous comprendrez. Brillant.
Garder le pire des livres pour ne pas regretter de ne plus avoir de livres du toutGarder le pire des livres pour ne pas regretter de ne plus avoir de livres du tout

 

Il est 22h15 et demain il ne restera plus aucun écrit. Le Nouveau Gouvernement Universel en a décidé ainsi : «  Pour le bien des peuples, toute trace des cultures anciennes doit disparaitre. Les Arts, quels qu’ils soient, le cinéma, les écrits, la peinture, toutes ces belles choses ont été pire qu’inutiles ; non seulement elles n’ont pas empêché la Grande Catastrophe, mais, en permettant aux peuples de rêver, d’espérer, elle les a certainement empêché de réagir. »

Nous sommes dix, dix lecteurs à désobéir. Chacun, nous choisirons un livre, que nous apprendrons par coeur. Eux, les neuf autres, ce sont des rebelles, et c’est par conviction qu’ils le feront, avant que je les dénonce. Moi, en revanche, je suis ici sur ordre et j’ai une mission à remplir. D’ici là, il me faut donner le change et passer la nuit avec eux, à apprendre par coeur l’oeuvre de mon choix.

Quel ouvrage pourrait mériter de survivre à cette Grande Catastrophe qui a anéanti  ce monde même qui y était décrit ? Quel philosophe, quel romancier, quel poète sauver ? Ou bien peut-être un ouvrage religieux, une Bible, un Coran, une Torah ? Certainement pas : l’exemple même du bel écrit si largement dévoyé par les hommes. Non, si un ouvrage se devait d’être sauvé, il faudrait au contraire en choisir un qui montre bien tous les dangers de cette prétention ridicule de quelques-uns à vouloir laisser une trace de leur passage sur terre bien après leur mort.

J’ai trouvé.

Allons-y : « Le 1er avril 1924, le Tribunal populaire de Munich ordonnait mon incarcération à Landsberg-am-Lech. Pour la première fois, après des années de travail incessant, j’avais ainsi la possibilité de m'adonner à un ouvrage que beaucoup me pressaient d'écrire et que je sentais moi-même opportun pour notre cause » Mein Kampf,
A. Hitler.

Gilles DO

@Boris Phillips
Pour les droits d'auteur, c'est facile ; engagez un nègre ! Pierre, Paul ou Jean feront l'affaire. Ceci dit et tout-à-fait entre nous, méfiez-vous d'un certain Judas, qui a fort mauvaise réputation dans le milieu...

Publié le 03 Juin 2018

@Gilles Do.
Qu'allez-vous oser, jeune provocateur, en signant d'un simple A.H. le seul ouvrage restant sur la planète après le déchaînement de Ma Colère ?
Mais, petit trublion, n'oubliez pas que je fis tomber les murailles de Jéricho ; que Mon Ire anéantit les cités pécheresses de Sodome et Gomorrhe ; que Pharaon plia sous les Plaies envoyées par Moi ?
Il n'y aura plus qu'un seul Livre après les sonneries des trompes de l'Apocalypse : Le Mien !
J'ai juste un minuscule problème : Mon Nom ne devant être ni écrit ni prononcé, comment vais-je toucher mes droits d'auteur ?
Cordialement et avec humour...
YHWH.

Publié le 03 Juin 2018

@monBestSeller
En bon chrétien que je suis, je dirais : faute avouée 100% pardonnée.
Le choix de Gilles Do étant audacieux, la question de la signature pouvait être soulevée. Mais l'argumentaire de son texte est tout à fait recevable, je ne vais pas recopier ce que j'ai écrit ci-dessous. La signature est bien présente désormais. Dont acte.
Encore bravo pour votre site, mBS.
Cordialement

Publié le 03 Juin 2018

@tous Pas de paranoïa, il n'y avait pas de signature, j'ai juste copié collé et relu . Voilà qui est réparé. J'avais en revanche demandé le lien du livre qui ne laissait pas planer beaucoup de mystères.
Pas un instant un doute a plané dans mon esprit..

Publié le 02 Juin 2018

@Pantinois
C'est drôle, j'avais justement le film en tête en écrivant ce texte !

Publié le 02 Juin 2018

@gilles d'auvergne
Oui, la signature manquante pourrait laisser supposer deux choses : l’auteur n’assume pas ce qu’il écrit ou bien mBS veut le protéger.
Pour le coup, une tribune n’est jamais neutre, l’émetteur devient auteur engagé.
Le choix de Mein Kampf est osé : nous prendre à contre-pied, nous rappeler, non pas que la beauté a existé, mais que l’horreur a eu toute sa place. Ainsi, les hommes, s’ils doivent reconstruire, sauront que le Mal existe… contrairement à Adam et Eve qui, eux, avant de croquer le fruit de l’arbre de la connaissance, ignoraient tout du Mal. Mais là, la Terre était encore un Paradis !
D’où la question : faut-il garder la trace du meilleur ou du pire pour reconstruire ?
À la fin de la Tour Infernale, Faye Dunaway et Paul Newman sont assis, épuisés. La tour vient de faire des centaines de morts, elle n’est plus bonne qu’à être rasée et Paul Newman dit :
– Je ne sais pas. Il faudrait peut-être laisser cette carcasse telle qu’elle est ! Un monument dédié à toute la connerie humaine.

Publié le 02 Juin 2018

@lamish Oui, cette absence de signature de l'auteur brouille complètement le message ! Je pense que mBS va réparer l'oubli !

Publié le 02 Juin 2018

Importante précision, Gilles ! Ceci explique le second degré d'un propos que je ne voyais vraiment pas comment interpréter, d'autant que le retour à la ligne avant "A. Hitler" laissait supposer qu'il en était l'auteur. J'étais à deux doigts de prononcer la formule consacrée : "Vade retro satana ! ", mais c'est vous, et me voilà rassurée :). Amicalement. Michèle / PS : Je viens seulement de comprendre qu'il s'agit d'une série, comme le récent "Pourquoi j'écris."... Tu files du mauvais coton, Lamish :) !

Publié le 02 Juin 2018

Auteur : Gilles Do, merci !

Publié le 02 Juin 2018