Le psy

3 pages
Extrait
de Alex de Montsurvent
Le psy Alex de Montsurvent
Synopsis

Questionnements du patient. Comment aller mieux ?

138 lectures depuis la publication le 04 Mars 2019

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@Alex de Montsurvent Je ne suis pas folle – non, non, n'allez pas sottement vous imaginer le contraire – ; je ne suis pas folle de la psychanalyse, cette drôlerie qui se pare des plumes de la science alors qu'elle relève tout au plus de la gaudriole antithétique et échevelée. Il suffit de constater avec quelle ahurissance collatérale elle prétend que tout garçon convoite sa maman et toute fille son papa (selon, respectivement, les complexes dŒdipe et d'Électre, ces godelureau et godelurette parenticides de la mythologie grecque), pour comprendre qu'on a affaire avec elle à une turpidante et sybaritique, quoique stakhanoviste, bouffonnerie, où Éros et Thanatos s'affrontent au bras de fer en bras de chemise pour remporter la palme de la saugrenuité ; ahurissance, disais-je, car, aussi vivement que j'attise mes facultés de remémorance (lesquelles ne sont pas moindres, puisque je me rappelle toujours où j'ai perdu mes clés, ou j'ai garé ma trottinette et entre quelles mains, si je puis m'exprimer ainsi, j'ai abandonné ma virginité), je ne me souviens pas d'avoir jamais désiré sexuellement mon propre père (au reste, il était libraire) ; en revanche je me rappelle très bien, avec une netteté supra-ordinaire qui me rebique guillerettement la myrtille, que je me serais bien tapé mon prof de gym de sixième, qui se nommait Valentin Laframboise (car il était d'origine acadienne) mais que nous, les filles, on surnommait entre nous l’Étalon Or (quel esprit primesautier nous avions alors !), rapport au renflement synclinal qui déformait par-devant son pantalon de survêtement et instillait en nos esprits galvaniques de pucelles stéréotypées des rêveries génésiques et, disons le mot, surnuméraires. (Peut-être vous montrerez-vous sensible à l'information que mes trois saint-bernard, Réglisse, Manitou et Eisenhower par ordre d'entrée en scène, partagent mon avis, prouvant ainsi que la gent canine est bien décidée à préférer son Canigou à la soupe freudienne née des divagations d'un Viennois interlope qui inventa de toutes pièces ces hautes et drolatiques calembredaines et qui en fut bien puni par un cancer du cigare.) Mais, en vérité, ce n'est pas pour vous débiter au mètre mon hostilité envers les théories psychanalytiques qui transforment notre psyché en bacchanales circassiennes que je me suis assise devant mon clavier, c'est plutôt pour vous gronder. Vous gronder, oui, Monsieur, de ne nous colloquer ici qu'un si court extrait de votre ouvrage que tout laisse à penser œcuménique, apostolique et romain, et tout à fait digne de figurer dans les premières places sur la liste des courses des ménagères ménopausées, voire grabataires. C'est très, très frustrant cette manière de faire, et elle devrait vous mériter, si la Justice n'était pas l'inflexible drôlesse qu'on sait, l'estrapade ou la décollation selon les modalités fixées par le Tribunal révolutionnaire. Vous avez beau être peut-être, comme vous le dites galamment de vous-même dans votre biographie (à moins que vous n'ayez laissé là la parole à votre concierge, laquelle vous remercie de cette coquette façon d'aller distribuer à sa place le courrier dans les étages, épargnant ainsi la sciatique qui lui mine la cuisse et l'empêche de mener son chien de la race esquimaude plus loin que le pot du cyprès qui décore l'entrée de votre immeuble afin qu'il y dépose ses offrandes excrémentielles – ce qui fait râler les locataires et tout particulièrement l'horticulteur du troisième, lequel horticulteur, fort de sa science, se refuse à considérer les déjections canines comme un superlatif engrais), mais qu'est-ce que je disais ? ah oui, peut-être êtes-vous colonisé de pied en cap par des dons d'observations hors du commun, peut-être votre écriture est-elle précise et parfois incisive au point de risquer les caries, peut-être ne laissez-vous jamais à vos lecteurs éberlués le droit à l'indifférence face à votre prose majestueuse et délicieusement burinée, il n'en reste pas moins que vous vous montrez d'une rapiaterie malséante et occlusive quand il s'agit de divulguer les fruits de votre trépidante graphomanie. Et ça, Monsieur, ce n'est pas bien, j'irais même jusqu'à dire que c'est commutatif et carrément antédiluvien. Toutefois, n'étant pas moi-même travaillée par l'avarice, je vous accorde benoîtement cinq étoiles au compteur, ne serait-ce que pour vous montrer qu'économie bien ordonnée n'est pas rapacité vermifugique. Amicalement. PS : Pourquoi avoir choisi une police aussi infinitésimale pour abasourdir vos lecteurs de l'excellence de votre prose ? Je n'ose croire que, stipendié par l'Ordre des Oculistes de France et de Navarre, votre but secret est de jeter votre lectorat tout entier en pâture aux pathologies ophtalmiques les plus dévergondées ; alors, quoi ?)
Publié le 09 Mars 2019
5
Surprenant ! On est happé dès le premier paragraphe par la rapidité d'écriture et la fluidité des mots. Les pages se lisent d'un trait, et on ne peut s'empêcher de sourire à la lecture. Nouvelle trop courte, on attend la suite ! J'adore !
Publié le 04 Mars 2019