Qui était Jésus — et que reste-t-il de sa voix en dehors des Évangiles ?
Ce livre propose une enquête historique accessible sur les paroles attribuées à Jésus hors du canon biblique : papyrus retrouvés en Égypte, évangiles apocryphes, traditions coptes, syriaques, arabes, patristiques et islamiques. L’ouvrage ne les présente pas toutes comme authentiques, mais comme des traces : parfois anciennes, parfois tardives, toujours révélatrices de la manière dont la mémoire de Jésus a continué à vivre au-delà de la Bible.
Ce livre est noté par
@Valérie Lafougère
Bonjour Valérie,
Merci pour ce retour, qui m’aide déjà à relire mon propre livre.
Vous avez bien saisi son mouvement. Il commence comme un cheminement personnel, puis devient volontairement plus ordonné, presque documentaire. Ce choix vient d’un refus : ne pas traiter les paroles de Jésus hors de la Bible comme si elles étaient toutes évidentes ou certaines. Chaque source a son histoire, sa force, et aussi ses fragilités.
Il y a une raison de forme, également. Le livre cherche à rassembler en un seul volume un très vaste corpus de logia et de traditions attribuées à Jésus en dehors du canon. Pour que l’ensemble reste lisible et vérifiable, il fallait parfois accepter cette structure patiente, plus proche du dossier que du récit.
Votre remarque sur la distance qui s’installe ensuite me touche. Les moments les plus narratifs sont peut-être ceux où le livre respire le mieux. Je profite justement de quelques jours de vacances pour reprendre certains passages et ajouter, dans une prochaine version, quelques respirations d’auteur là où le corpus devient plus dense.
Sur le lecteur adolescent, la question est réelle : le langage se veut simple, mais certains passages demandent un effort. Mon fils est à l’origine intime de ce livre : c’est pour lui que cette recherche a commencé, même si le chemin s’est ensuite élargi.
Merci d’avancer ainsi dans cette lecture. Votre regard m’aide à mieux comprendre la manière dont le livre est reçu.
Bien cordialement,
Serge Gubert
@Alain Lamoliatte
Bonjour Alain,
Votre message me touche profondément.
Merci d’avoir pris le temps de lire mon travail avec autant d’attention, et surtout de m’avoir confié votre propre chemin : une famille athée, des lectures, un baptême à dix-huit ans, et cette foi qui vous reste — curieuse, tolérante, jamais à l’abri du doute.
Votre parcours me parle, pour une raison très personnelle. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu avec Dieu intérieurement. Enfant, il m’arrivait d’aller seul à l’église, simplement parce que j’en avais besoin. Personne ne m’y obligeait.
Plus tard, en regardant grandir mon fils, j’ai vu que la présence de Dieu faisait déjà partie de sa vie, comme elle avait toujours fait partie de la mienne. C’est en mesurant tout ce que Dieu avait accompli, en silence, dans ma propre vie, que j’ai commencé à réunir les matériaux de ce livre.
J’ai grandi, moi aussi, entouré de personnes venues d’autres pays et d’autres traditions. J’ai appris tôt que la foi peut prendre bien des formes, et que des traditions différentes peuvent se parler, parfois se contredire, puis s’éclairer mutuellement.
Pour moi, Dieu peut rapprocher les hommes, même quand leurs chemins diffèrent. Les mots changent, les rites changent, mais il demeure souvent, au fond, un même désir de lumière et de justice.
C’est pour cela que j’ai écrit ce livre : non pour opposer les textes ou faire d’une tradition une vérité contre toutes les autres, mais pour ouvrir des portes. J’aime beaucoup ce que vous dites : le lecteur doit pouvoir fonder sa propre opinion. C’est tout l’esprit de ce travail — rassembler des paroles et des traditions, puis laisser chacun avancer avec sa conscience et sa liberté.
Et sur l’essentiel, nous sommes d’accord : au cœur de tout cela, il y a l’amour.
Merci encore, Alain, pour cette lecture fraternelle. Elle m’a beaucoup ému.
Que Dieu vous garde.
Bien cordialement,
Serge.
@Dylan Jo
Bonjour Dylan,
Merci pour votre commentaire. Il touche au point le plus délicat de ce livre : comment présenter ces paroles sans les refermer sur une seule lecture ?
Vous avez raison : une logia n’est pas un problème à résoudre, mais une porte, parfois très intime, qui ne s’ouvre pas de la même façon d’un lecteur à l’autre.
Si j’ai ajouté une « interprétation possible », c’est pour une raison très personnelle : j’ai écrit ce livre en pensant à mon fils adolescent. Laissées seules, certaines de ces paroles lui seraient restées fermées ; il lui fallait une première marche pour entrer. Je vois ces interprétations comme les notes qui accompagnent la lecture d’un texte ancien et difficile : elles aident certains lecteurs à y entrer, sans prétendre en dire le dernier mot.
Je tiens d’ailleurs à ce mot, « possible ». Il dit bien que je ne cherche pas à fixer le sens une fois pour toutes : la lecture que je propose ouvre un premier accès, et chacun reste libre d’aller plus loin que moi.
Et c’est sur ce point que je vous rejoins : une fois la porte franchie, il faut laisser la parole respirer. Vos exemples le disent mieux que moi. Thomas 42, « Soyez des passants », ou Thomas 70 touchent à des choses très concrètes : ce que l’on possède, la peur, ce que l’on n’ose pas toujours laisser sortir de soi. Le reste appartient au lecteur.
Merci pour cette lecture si attentive. C’est exactement pour des échanges comme celui-ci que j’ai eu envie de partager ce livre.
Que Dieu vous accompagne.
Bien à vous,
Serge Gubert
N'étant pas éristique religieux, j'ai beaucoup hésité avant d'ouvrir le texte. Ayant aperçu qu'il partait sur les apocryphes, je me suis dit : « Ah, voilà ce qui est intéressant ». J'ai découvert les évangiles apocryphes en 2020 et, à travers eux, j'ai découvert un Dieu intérieur, non celui que l'on m'avait appris. Une voix qui libère, qui ne juge pas, qui éveille. Une façon de me reconnecter à moi-même, pendant que tout ce que l'Église m'a inculqué m'avait appris à vivre dans la peur et la culpabilité.
Je dois reconnaître que c'est un grand effort encyclopédique que de récolter et regrouper ces textes dans un même ouvrage. Cependant, vous traitez chaque logia comme une unité autonome qu'il faut « expliquer » en deux ou trois phrases. Mais une logia n'est pas une proposition à résoudre ; c'est une porte à ouvrir. La réduire à une « interprétation possible », c'est la refermer. Peut-être faudrait-il mettre des exemples ancrés dans la vie réelle pour plus d'immersion et de profondeur ? Car ces textes ne sont pas théoriques. Ils parlent de soif, de mort, de lumière… Pourquoi ne pas les relier à des expériences concrètes ? Par exemple, dans Thomas 42 : « Soyez des passants »… comment vivre cette parole dans une société où l'on nous apprend à posséder ?
Laisser des questions en suspens, afin d'inciter les lecteurs à réfléchir par eux-mêmes et à se faire leur propre interprétation. Thomas 70 : « Si vous faites sortir ce qui est en vous, cela vous sauvera » … qu'est-ce qui est en vous que vous n'osez pas laisser sortir ? Une colère ? Un don ? Une euphorie ? Un amour ? Qu'arriverait-il si vous le laissiez émerger ? Et si vous le reteniez encore ?
Merci pour cet ouvrage !
@alain.lamoliatte
Bonjour Alain,
À mon tour de venir découvrir votre univers, après votre passage si bienveillant sur ma page.
D’après la présentation de Service action Antoine et les premières pages que je découvre, ce qui me frappe d’emblée, c’est le mélange entre l’action, l’actualité et une dimension plus intime : le couple, la famille, la fidélité, le courage. On sent que vos personnages ne sont pas seulement entraînés dans des événements extérieurs, mais qu’ils portent aussi quelque chose de profondément humain.
J’aime cette idée qu’un roman d’aventure puisse garder de la tendresse sans perdre son rythme. Le monde que vous décrivez semble dur, parfois violent, mais il reste traversé par l’amour, l’attachement et le sens du devoir. C’est précisément ce contraste qui donne envie de poursuivre la lecture.
Merci pour ce partage et pour votre présence attentive sur la plateforme. Je poursuis maintenant ma lecture avec intérêt.
Bien cordialement,
Serge Gubert
@Alain Lamoliatte
Bonjour Alain,
Un grand merci pour votre message et pour l’intérêt que vous portez à mon essai.
Prenez tout le temps nécessaire pour ces 571 pages. Si, au cours de votre lecture, vous avez des questions, des remarques ou des critiques, je serai très heureux d’y répondre. L’esprit de ce livre est justement celui d’un échange : faire dialoguer les textes, les traditions et les idées, afin que de nouvelles pistes puissent s’ouvrir autour des paroles de Jésus en dehors des textes canoniques.
Bien cordialement,
Serge
Bonjour Serge, très intéressé par le sujet, j'ai téléchargé votre essai. Je reviendrais vers vous quand j'aurais lu les 571 pages. Dieu vous garde. Alain.