Disintegration

203 pages de Thierry Doyhambehere
Disintegration Thierry Doyhambehere
Synopsis

Lou est photographe. Son art consiste à délimiter le réel, à traquer l'ordre sous le chaos et à figer les angles morts à l'abri d'une chambre noire. Une existence clinique, presque stérile, bâtie pour tenir le monde à distance. Pourtant, le premier jeudi de chaque mois, Lou accepte de voir sa forteresse vaciller. Dans la pénombre d’un club de jazz confidentiel, elle retrouve Étienne. Entre eux, il y a un pacte ancien, des silences partagés et le goût amer du whisky.

Mais ce soir-là, l'équilibre se détraque. Étienne arrive habité par un nouveau nom, une nouvelle obsession, et une certitude qui ressemble déjà à un piège.

Jusqu'où peut-on observer la dérive de l'autre sans y prendre part ?

Publié le 18 Juillet 2026

Les statistiques du livre

  970 Classement
  90 Lectures 30 jours
  94 Lectures totales
  0 Progression
  5 Téléchargement
  2 Bibliothèque
 

Ce livre est noté par

1 commentaires
Pour répondre à un membre, précédez d'un @ son nom d'utilisateur , et il sera prévenu de votre réponse !

Vous avez construit un véritable univers romanesque, avec une architecture forte et cohérente.
Étienne, possède une véritable présence : son personnage public dévore peu à peu l’homme qu’il prétend protéger. Lou est elle aussi porteuse d’une contradiction féconde. La nuit où leur pacte bascule, puis l’exposition finale et la défaillance de l’Instamatic pourraient former les moments essentiels d’un très beau parcours.
Cependant, votre roman souffre d’un excès d’explication.
Le texte interprète presque chaque lieu, chaque objet, chaque geste et chaque émotion. Le vêtement devient aussitôt une armure, la pièce un sanctuaire, la photographie une archive, l’appartement une architecture intérieure. Ces images sont souvent justes, mais leur accumulation finit par enlever de la force à chacune d’elles.
Il faut près de trente pages pour que l’événement déclencheur apparaisse réellement avec l’arrivée d’Étienne et l’annonce de Lucille. Avant cela, nous savons déjà presque tout de Lou : son histoire familiale, son rapport au corps, à l’art, au désordre, à la séduction et au contrôle. Le lecteur gagnerait à la découvrir progressivement, à travers ses réactions et ses choix, plutôt qu’à recevoir immédiatement l’explication complète de sa personnalité.
Le même phénomène se retrouve dans les scènes importantes. Lorsque Lou transgresse le pacte qui la lie à Étienne, son geste pourrait conserver une part d’opacité : désir, pitié, colère, fatigue, volonté de destruction ? Cette incertitude lui donnerait sa vérité humaine. Or le texte explique longuement le sens de sa décision avant même qu’elle agisse. Plus le geste est commenté, moins il peut nous bouleverser.
Votre texte gagnerait donc moins à être enrichi qu’à être considérablement allégé.
Votre roman ne manque ni d’idées, ni de culture, ni de construction. Il manque surtout d’air. Faites davantage confiance à vos scènes, à vos personnages et au lecteur. Le dernier mot, « Hors cadre », contient peut-être la direction même du travail à accomplir : desserrer la structure explicative pour permettre enfin à la vie du roman de déborder.

Publié le 23 Juillet 2026