Cet extrait, les gants blancs, représente ma seconde belle surprise dans ce lieu de publication. La première était, L'éblouissante lumière, de @Amandine D'AILLEURS.
En premier lieu, cette manière d’écrire. On eût dit que ce style d’écriture représente l’extension de l’auteure. Des paragraphes qui s’apparentent davantage à des aphorismes.
« Ce matin, je me réveille dans ma chambre chez Poppy avec l’impression d’avoir dormi dans un nuage de lavande et de bonne éducation. »
« Raphaël ne cille pas. Il ne m’offre pas ce petit recul social que les hommes pratiquent d’habitude face aux fantômes. »
Je ne peux dire s’il s’agit d’un roman psychologique ou bien de quelque chose de particulier propre à l’auteur elle-même.
La ville, si elle est présente, n’est pas étouffante. Ce n’est pas elle héroïne, bien que… Ce n’était peut-être pas le but recherché. Cependant, je ne vois pas ce récit, écrit de cette manière, se déroulant en dehors d’une grande ville comme Paris.
Tout se passe comme si les protagonistes évoluent dans un univers irréel, parfois malveillant qu’ils ont créé eux-mêmes. Et dont ils en sont les captifs.
Un personnage demande à son collègue de l’appeler par son prénom. Tout en sachant que cela ne changerait rien.
Des situations de cynisme, d’indifférence, de ce qui a été dit, de ce qui n’a pas été dit, de ce qui n’aurait jamais dû être dit. Toujours, de ce qui aurait dû être dit pour apaiser. Le « d’accord » de Raphael.
Le récit vacille entre un détachement comme dans l’étranger, et quelque chose de surréaliste comme dans quelques films de Ingmar Bergman.
Un extrait éblouissant, une écriture passionnée, des silences insupportables.
Bravo pour ce moment de grande lecture.
Publié le 31 août 2026