Il n'y a pas de littérature majeure ou de littérature mineure, il y a la bonne et la mauvaise littérature
Critiquer est un art qui exige une forme de talent supérieure aux auteur(e)s de l’ouvrage critiqué. Et pourtant la pauvreté des remarques laisse souvent pantois.
Virginie Grimaldi (1 035 981 million exemplaires), Morgane Moncomble (823 579 exemplaires), David Foenkinos (793 094 exemplaires), Mélissa Da Costa (748 348 exemplaires) en 2025 puis Levy, Musso, Legardinier… Lisez en un avant de les écarter du bras. Non ce n’est pas Flaubert, ni même Zola...
Lisez en un, non pas pour vous convaincre que c'est bon ou mauvais. Mais pour comprendre pourquoi ça plait. Et pourquoi ces livres ne vous tombent pas des mains (eh oui)
Il y a des histoires dans cette littérature, porteuses de messages, signifiantes de notre époque, témoins de nos comportements.
Les livres dits"populaires", ce sont des livres avant tout
Et puis ce sont des livres, c'est un mode d’occupation intelligent : la lecture. Un loisir en régression qu’il faut cultiver, défendre et non pas assommer par des sentences méprisantes.
Il vaut mieux lire Musso que de ne pas lire du tout. Il vaut mieux lire un digest de Balzac que de lire des romans photos ( qui sont d'ailleurs remplacés par la télé réalité)
Quelque soit le type de littérature, lire est un acte élévateur
« Trop commercial, pas plus de 400 mots, pas de temps à perdre ». Voilà les adages des leçons toutes faites des sachants.
Et voilà comment sont (mal)traités ceux qui accèdent à la littérature par la littérature populaire, et qui s’y complaisent
Si cette littérature est critiquable, comme tout type de littérature, elle joue pour partie le rôle central d’initiation à la lecture et à son maintien dans les habitudes lourdes des Français.
La littérature populaire fait vivre la littérature, c'est aussi en cela qu'elle est grande
Et surtout, dernier argument, cette dizaine d’auteurs qui font plus de 20 % du Chiffre d'affaire de l’édition lui permette de la faire tourner, de rechercher de nouveaux auteurs et de prendre des risques sur des publications parfois plus audacieuses, plus intellectuelles, pas toujours meilleures.
Les écrits populaires viennent souvent de grands auteurs
Les réhabilitations sont nombreuses à commencer par Simenon dont les ouvrages sont passés du statut de "roman de gare" à monuments de la littérature.
Et puis cherchons un peu plus loin. Ces feuilletons si décriés dans la presse du XIX et du XX è, considérés comme populaires et vulgaires (conçus pour augmenter les ventes de papier) coïncident avec les noms de Charles Dickens, Balzac, Eugène Sue, Dumas père.
Ces textes parfois reconstitués en roman (La vieille fille de Balzac) permettent d’intégrer l' "éthique" d’une période. Ce sont les témoignages d’une époque et d’une esthétique.
Tout comme Levy, Musso, Nothomb et Pancol.
Vous avez un livre dans votre tiroir ?
Publier gratuitement votre livre
Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Il est évident que chacun est libre de lire ce qu’il veut, qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise littérature, et que certains intellectuels, voire petits auteurs oubliés et jaloux, ou critiques littéraires, qu’on dit parfois des écrivains ratés, ont souvent la dent dure avec des auteurs de gare…
Pourtant, la littérature, c’est comme la peinture. Les peintres dits « pompiers », les peintres du dimanche, sont gentils et ne font de mal à personne, mais leur peinture est parfois d’un ennui mortel. Pablo Picasso, sauf ses premières périodes, la bleue notamment, qui est géniale, était adulé et répétitif, lassant… Il en va de même pour les écrivains…
Ce que j’adore chez Georges Simenon, c’est l’homme. J’ai lu la plupart de ses biographies, émouvantes… mais son style est plat… Fréderic Dard, un homme qui a réussi à me tirer des larmes en racontant sa vie, sa fille, ses amours... est un auteur de polar prolixe, mais soûlant, il donne le tournis...
Je ne dirai rien sur le style de Mélissa Da Costa, mais l’histoire, que j’ai honteusement vue en film, est un peu « cœur » pour faire pleurer Margot…
Louis-Ferdinand Céline était soi-disant un sale type, mais quel talent… et Guy de Maupassant, un régal, une perfection. Alphonse Daudet aussi, et Marcel Pagnol, avec ses airs de gaudriole, manie la langue de façon jouissive…
Beigbeder est léger, drôle, talentueux... Et des dizaines d'autres...
Voilà, comprenne qui voudra…
Il n’y a pas de mauvais vin, mais il y a ceux qu’on ne boit pas… ou plus.
"Cueillons dès maintenant les fleurs de la vie - Carpe Diem...
Que le prodigieux spectacle continue et que nous pouvons y apporter notre rime."
Un roman populaire, un best seller, accomplissent quelque chose : celui de créer du lien vivant entre la lecture et des millions de personnes, parfois même, vous sauve la vie et vous remet sur les rails.
Ces romans, pour certains, trop accessible, trop massif, trop émotionnels sont pourtant ceux qui font ce lien. Ce qui est accessible, n'est pas forcement pauvre. La littérature, ouvre des portes, elle allume les esprits. Les romans d'hier (Hugo, Camus, Dumas...) sont les classiques d'aujourd'hui.