
Dans cette rubrique, nous présentons les romans édités sur monBestLibraire. Des romans sélectionnés par les Editions50/50 qui révèlent les talents non encore édités et permettent à ces auteurs de rencontrer leurs lecteurs en dehors des circuits traditionnels.
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Chronique de Sarah Chêne
Il y a des nuits dont on ne revient pas tout à fait. Ou pas tout à fait identique. Isobel, elle, revient de la terre, du froid, de la peur, et de ce silence où quelqu’un avait voulu l’abandonner.
Frédéric Polizine imagine une héroïne qui se réveille sous une couche de terre, enterrée à la va-vite ; abandonnée pour morte quelque part dans une forêt... Elle ne sait plus ce qui s’est passé depuis la veille. Elle sait seulement qu’elle doit respirer, se dégager, s’enfuir.
Peu à peu, les douleurs parlent avant la mémoire. Isobel réalise qu’elle a été agressée, puis laissée pour morte. Commence alors une traversée de nuit : la boue, la pluie, les blessures, la route à retrouver, la peur de croiser un homme — n’importe lequel — avant d’avoir trouvé secours. Jusqu’à cette ferme isolée où l’aide espérée prend, d’abord, un visage ordinaire.
Le roman tient aussi dans ce glissement-là : ce qui rassure peut redevenir menace, et le prédateur n’a pas toujours l’allure attendue. En arrière-plan, le tribunal du prologue rappelle que cette histoire ne s’arrête pas à la survie. Isobel ne veut pas seulement s’en sortir : elle veut comprendre, se souvenir, parler, faire juger.
Dans sa fuite, elle croise le chemin d’une louve. Brève apparition, silencieuse, presque irréelle. Elle ne sauve pas Isobel, mais elle ouvre en elle une porte inattendue sur un monde où la sauvagerie n’est peut-être pas du côté que l’on croit.
Frédéric Polizine prend le temps de faire sentir la terre, le froid, la fatigue, les gestes minuscules par lesquels Isobel reste en vie. Le récit avance avec un tempo d’endurance plus que de spectaculaire : il ralentit l’action pour mieux installer la peur, le corps, la pensée, puis la rage.
Ce thriller parlera aux lecteurs qui aiment les romans noirs incarnés, les récits de survie, les héroïnes debout malgré l’effondrement — et les livres où la justice commence parfois par une femme qui refuse de disparaître.
« Il s’agissait d’un beau loup, assez gras, et il ne fuit pas lorsqu’elle atteignit la hauteur du rocher. Il l’observait – la regardait ? – comme s’il n’éprouvait aucune crainte. Immobile, il restait planté au milieu du bitume de la départementale, deux billes – dont elle ignorait la couleur à cette distance et sous cette faible lumière – brillant à peine dans l’obscurité. »
Né à Marseille, Frédéric Polizine a grandi dans l’imaginaire des livres, du cinéma et des séries, avant de faire du thriller son territoire d’écriture. Avec Jamais je n’oublierai le hurlement des louves, il explore la survie, la mémoire traumatique et la sororité à travers une héroïne que l’on a voulu faire disparaître — et qui revient pour témoigner.

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Serai-je le seul à m'étonner du "la regardait ?" de l'extrait ?
Comme un cri dans la nuit !