Classiques et Moi
Le 14 fév 2017

Sagan et moi

Une Ferrari qui vrombit dans la campagne Normande, pleine d’amis parisiens cheveux au vent, le bras d’un tourne-disque qui se pose sur un vinyle de jazz à Saint-Germain-des-Prés, une jeune fille qui se lance endiablée sur la piste d’une boîte de nuit, pieds nus, un verre à la main. C’est Françoise Sagan…
Une petite MG, trois compères, assis dans la bagnole, sous un réverbère.Une petite MG, trois compères, assis dans la bagnole, sous un réverbère.

Florence Malraux, Juliette Greco, Brigitte Bardot, Peggy Roche, Bernard Franck, Sartre, le whisky qui aide à achever la nuit  au retour d’une soirée assoiffante, c’est elle aussi…
Françoise Sagan, c'’est ce monde, bien sûr, c’est aussi  une époque, un milieu et surtout  cette immense indolence qui masque l’insolence et le talent ; Cette souffrance morale et physique à peine assouvie par les drogues et les alcools, et son humour résigné.

Sagan et moi : Sous le scandale la légende

Ce sont les livres interdits qu’on lit en priorité… les autres, on a toute la vie pour les lire..
Eh oui, mes parents cachaient les livres. Bien sûr, Sade et Justine,  Nabokov et Lolita, Zola  et la faute de l’abbé Mouret …mais aussi  bien d’autres qui me laissaient perplexe quand je les avais dérobés ... M’étais je tapé 300 pages pour rien. Avait on déjà arraché les pages licencieuses ? était ce déjà une version censurée ?

Puis un jour, à table est venu ce si joli nom : Françoise Sagan… comme un nom de cinéma, de star filante, d’insouciance, d ‘élégance.. Je l’aimais déjà… Et ce titre si charmeur, si charmant, si prometteur qui dit tout et rien, rempli de vides et de pleins, insaisissable. Bonjour tristesse...
La cerise : une littérature  peu recommandable, condamnée par le pape. Une littérature qui ne doit surtout pas tomber entre les mains  des enfants. Une littérature urgente à lire, donc. J’avais décidé du haut de mes treize ans, qu’elle allait compter. Dans ma vie de lecteur et dans ma vie.

L’écriture facile

C’est la fluidité, d’abord qui m’a touchée. Cette apparente aisance ; si fluide qu’on la qualifierait presque de paresseuse. Les phrases s’enfilent comme des perles, glissent comme des bulles. On achetait ses livres comme une friandise, presque, facile à commencer, facile à reprendre, et délicieux à terminer. Ah oui, le dernier Sagan… parfois un peu déçus, mais toujours prêts pour le suivant.

Sagan : l’écriture libre, la liberté d’écriture

Puis cette liberté, liberté d’expression, liberté de mouvements. Et surtout cette liberté de femme. De disposer de son corps, d’aimer, de rejeter, de vivre et faire vivre ses passions sans retenue. Par et pour l’écriture . Ses héroïnes sont en position de force, maîtresses de leurs destins, mais fermement décidées à se soumettre à l’amour. Le post-féminisme. Le droit des femmes avant l’heure, les droits de l’homme aussi (un de ses combats, elle ne pouvait pas n’en avoir qu’un) et par dessus tout, le droit de se tromper, de se contredire… Tous les droits…
Dans La chamade, son héroïne n’est faite que pour aimer, et la plénitude est absolue… elle n’est pas ridicule. Un tour de force.

Sagan : l’anti-cliché dans un univers de conventions.

Elle a ponctué ma vie de quelques repères. Et je ne ferai pas de recherche pour retrouver l’exactitude de ses termes. En qualifiant New York de ville de plein air ouverte, la seule ville ou l’on respire vraiment ; en parlant du "JEU" comme un condensé de vie où l’on devient une caricature de soi-même ; en évoquant l’amour  comme un état ou toujours l'un finit par faire souffrir l'autre, sans que l’autre ne souffre ; en débutant son roman Le garde du cœur par la description des mains de l’homme qu’elle aime, posées sur un volant. Elle raconte les vraies histoires de la vie, à tout le moins des histoires vraies. Je comprends toujours « ses » vérités, ses dérives, la modestie de ses analyses, et cette petite note de cynisme, au coin de son sourire contrit. Et le plus souvent je les partage.

« La vitesse, elle aplatit les platanes le long des routes, elle allonge et distord les lettres lumineuses des postes à essence la nuit… elle décoiffe les chagrins… »

Rédaction sur la vitesse en troisième. J’avais lu sa nouvelle, dans… un de ses recueils (Avec mon meilleur souvenir sans doute). Je m’en étais largement inspiré ; ce qui m’avait valu d’être lue en classe par le professeur de français, à l’époque où internet n’existait pas et où, par chance, Sagan n’était pas encore classée comme un grand écrivain. L’a-t-elle jamais été d’ailleurs ? Instant de gloire, partagé secrètement avec elle.

On lui a reproché les limites de son milieu de riches, étriqués sans horizons. Mais au contraire, pensai- je, les horizons s’ouvrent avec les possibilités, la faisabilité, la facilité. Et pourquoi les sentiments et les souffrances seraient-ils plus étriqués chez les bourgeois… que chez les autres ?
Elle avait dit "on me reproche d’avoir des idées de gauche et des goûts de droite ; mais tout le monde à des goûts de droite, non ?".

Ce sont ces pieds de nez aux clichés de la vie, l’art de la dérision au moment où la souffrance est la plus grande, qui enchantent. Ses riches héros, comme elle, dépensent tout leur l’argent parce qu’en avoir trop « c’est dangereux ».

Son auto dérision, sa naïveté, son intelligence, sa rébellion enfantine contre la mort me parlent..«  je trouve dégoutant de mourir, ce n’est pas honnête » disait-elle. C’est vrai.

Sagan : une légende avant d’être consacrée « écrivain »

Comment se fait-il qu’il ait fallu trente ans pour la consacrer « écrivain ». J’ai souvenir d’une interview… où elle disait, en substance « on dit que j’aurais pu être un grand écrivain si j’avais plus travaillé. Mais j’ai travaillé d’arrache pied. Pour moi, chaque phrase, chaque mot est une montagne… » Alcool et drogues en renfort.

Ce qu’il faut aimer chez elle et dans ses livres, c’est cette ingénuité, cette indolence, ce détachement, cette aisance. Comme une chantilly sur le gouffre béant de la complexité des sentiments humains, de la souffrance.

Et tous ces titres vagues et prometteurs, ces associations de mots qui donnent ce goût poétique d’inachevé permanent…
Un certain sourire ; Aimez-vous Brahms ? Le lit défait ; Les violons, parfois ; Les faux fuyants ; Ces merveilleux nuages ; Un profil perdu ; L’écharde… Des titres pas parfaits, mais presque parfaits, comme elle.

Avec mon meilleur souvenir. Et toute ma sympathie, Françoise

Bernadette Loisil alias bernadetteL

 

 

 

Pour en savoir plus sur Françoise Sagan

grâce à la collaboration d'Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC

Françoise Sagan, ou le syndrome du mur du son

Pour correctement parler de la vie de Françoise Sagan, il faudrait avoir une plume vive et acérée, vive comme le fut cette femme au cœur bouillonnant, enfant de la guerre, et acérée comme le furent les épreuves qui jalonnèrent son parcours, mené tambour battant.
Si elle est bien connue, l'image de Françoise filant dans sa voiture de course, prête à éveiller tous les fantômes qui hantent les nuits parisiennes, c'est que son existence se joua de rythmes effrénés.
Pour éviter l'ennui alors, et nous déjouer des modèles qui n'illustreraient guère le parcours de Françoise Sagan, courons à l'essentiel et sans ordre établi.

On peut commencer par évoquer les faux secrets, que tout le monde connaît. Si 'Françoise' est le vrai nom de l'auteure à succès, 'Sagan' ne l'est pas. À ce qu'on dit, le pseudonyme est né sous la main de Marcel Proust qui fit un prince de Sagan, lequel, dans sa bonté passive de héros de la littérature, prêta son nom à la jeune demoiselle, et évita à son père, Pierre Quoirez, de voir son nom étalé dans la presse.

Les hommes de sa vie

C'est avec ce nom, Pierre Quoirez, que débute la liste des hommes de la vie de Françoise. Et c'est avec Jacques Quoirez, son frère, de huit ans son aîné, qu'elle se poursuit, Jacques avec qui elle s'entendait si bien, Jacques qui mena sa sœur à faire les quatre cents coups en sa compagnie ; ils écumèrent tous deux les boîtes de nuit parisiennes au rythme des airs de jazz et des verres d'alcool qui dansaient de table en table.

Françoise Sagan se maria deux fois. Guy Schoeller, un éditeur rencontré trois ans plus tôt à New-York, devient son mari en 1958. Elle en divorce deux ans plus tard pour épouser Robert Westhoff, un mannequin américain dont elle se séparera en 1972 (bien qu'ils aient divorcé plus tôt), mais avec qui elle aura un fils, Denis, qui voit le jour en 1962 et dont la naissance semble la combler.

Que serait l'histoire cependant si elle n'entrait dans la légende, et la légende précise bien entendu que Françoise se lia d'amitié avec un François, très connu lui aussi : François Mitterrand, rencontré dans un aéroport de province. Le futur président de la république ira jusqu'à inviter la jeune femme lors de certains voyages officiels.

Et les femmes aussi

Si la vie de Françoise Sagan est marquée par son amour pour tous ces hommes, son père, son frère, ses compagnons, ses amis, et son fils bien entendu, elle est animée, mise en valeur, par la présence de plusieurs femmes, fidèles, et dévouées, qui l'ont accompagnée de bout en bout. On peut citer Florence Malraux -fille d'André Malraux- avec laquelle elle se lie d'amitié sur les bancs du cours Hattemer, à Paris, vers 1950 ou 1951. Un lien indéfectible unira ces deux femmes du même âge ; c'est Florence qui soumet à sa propre mère le premier roman de Françoise en vue de le faire publier, c'est à elle que l'écrivain dédie son second roman Un certain sourire paru en 1956.

Il convient également de lier sur le papier celles qui furent liées dans la vie; Peggy Roche, autrefois journaliste de mode, devint la compagne de Françoise et sera, de nombreuses années durant, un des facteurs d'équilibre les plus importants dans la vie chavirée de l'auteure. Peggy Roche assume même l'éducation de Denis, le fils de Françoise. Sa disparition, en 1990, est pour elle une tragédie.

Retour aux sources avec Françoise Quoirez

Et c'est ainsi que le mot tragédie vient se mêler au destin de Françoise Sagan, elle que l'on a surnommée tantôt l'enfant terrible, le 'charmant petit monstre', tantôt la 'Mademoiselle Chanel de la littérature'. Il convient de reprendre les choses à l'endroit pour marquer que la future romancière, née en 1935 à Cajarc dans le Lot un 21 juin, avait tout d'abord été une fillette bien trop gâtée (aux dires de sa sœur), choyée au sein d'un foyer qui avait eu le malheur de connaître le décès d'un petit garçon juste avant la naissance de Françoise. Cependant la guerre gronde, les Quoirez passent à Lyon la période de l'Occupation et Françoise verra ses parents, Pierre et Marie, prendre des risques passibles de mort pour eux aussi bien que pour leurs enfants en acceptant de cacher des personnes juives. Cette tragique actualité la marquera profondément. Lorsque la guerre s'achève, les Quoirez remontent à Paris et Françoise entame une scolarité des plus mouvementées. Elle l'avoue elle-même : « J'étais assez infernale [...] ». Son comportement antisocial, affranchi des convenances et un brin révolté préfigure la femme qu'elle sera mais pour l'heure, bien qu'elle soit intelligente, brillante et éprise de grandes lectures, il contribue à la faire renvoyer de tous les établissements où elle séjourne. Elle peinera de même à obtenir son bac.

Bonjour, Tristesse

C'est donc bien la surprise quand, publié le 15 mars 1954 après un passage chaotique chez de nombreux éditeurs, Bonjour Tristesse, le premier roman de Françoise, jouit du succès que l'on connaît. La jeune prodige a dix-huit ans seulement, elle a commencé d'écrire ce roman -qui va défrayer la chronique, fasciner tout une génération de lecteurs et scandaliser l'opinion publique- sur les tables d'un café non loin de la Sorbonne, quand le succès vient au rendez-vous. Il ne se démentira jamais, et sur son sillage s'étirent les doux parfums des gloires et des découvertes aussi bien que cahotent les casseroles des drames et des désillusions.

De roman en roman Françoise Sagan conquiert encore et toujours un lectorat avide de ses textes si particuliers, au sujet desquels la critique n'hésitera pas à se montrer assassine. De tels succès de librairie lui assurent la jouissance d'une fortune considérable dont la jeune femme se trouvera plus embarrassée qu'autre chose. Conseillée par son père de dépenser cet argent, Françoise adopte un mode vie fait d'une opulence où elle ne semble guère se reconnaître. Cependant, elle est généreuse de cette fortune et n'hésite pas à partager avec qui a besoin. De tels succès, tant de jeunesse, une telle brusque et simple richesse forgent la légende Sagan à tel point qu'on invente le terme 'saganesque' pour parler de ce qui la concerne, et rapidement Françoise est assimilée aux personnages de ses romans. Elle est prise pour l'icône d'une époque d'après-guerre où le monde se cherche, et son image devient culturelle.

Le drame et les drames : Françoise Sagan seule face à elle-même

C'est dans ce contexte qu'en 1957, le 14 avril, Françoise Sagan est victime d'un grave accident de la route. Ce drame sera comme un déclic. Confrontée en face à face avec elle-même pendant sa convalescence, l'auteure découvrira qu'elle n'apprécie guère sa propre compagnie, et, haïssant dès lors toute forme de solitude, prendra conscience de sa dépendance aux drogues et aux alcools sans parvenir à s'en libérer. De telles addictions la minent avant même la naissance de son fils, elles seront un fardeau toute sa vie durant. Cependant elle écrit, encore et toujours, se composant dans ses romans des familles d'adoption, méprisant la critique, tâchant de se tenir hors des futiles débats littéraires et n'hésitant pas à se démarquer par des engagements politiques extrêmes lorsque ses convictions l'exigent.

Françoise Sagan et le 'désenchantement élégant'

Alors que le début des années 90 marque un tournant dans le vie de Françoise, fatiguée déjà, assommée de chagrin après la perte consécutive de bien des êtres chers, ce sont les scandales qui vont la miner, prouvant une fois encore que les doux envers de la célébrité ont de cruels revers ; on vous abandonne où l'on vous suivait sans peine autrefois. Son nom intervient dans une affaire de malversation qui va jusqu'au point judiciaire ; des suites de ce scandale Françoise Sagan sortira aussi bien épuisée -elle qui est malade depuis de nombreuses années- que ruinée. C'est une de ses amies, Ingrid Mechoulam, qui la recueille et la soigne à présent, l'entourant de soins, rachetant pour elle ses biens à mesure qu'ils sont mis en vente. Blessée par ce désamour, Françoise resta digne jusqu'aux derniers instants. On dira d'elle qu'elle s'était 'enfermée dans un désenchantement élégant'. Elle nous a quittés le 24 Septembre 2004, à Honfleur, à l'âge de soixante-neuf ans.

Le saviez-vous ?

> Françoise Sagan est connue pour ses romans. Cependant, son œuvre fut loin de se limiter aux textes romanesques, même s'ils demeuraient ses préférés. Elle écrivit des pièces de théâtre, de nombreuses nouvelles, des scenarii, des biographies et des chansons également.

À lire absolument, si ce n'est déjà fait !

> Bonjour tristesse bien sûr, pour revenir aux fondamentaux et suivre dès la racine le génie de Françoise Sagan.
> Des yeux de soie, un recueil comptant dix-neuf nouvelles, qui joue en doux-amer sur le thème de la rupture.
> Toxique, un journal, (initialement illustré) tenu par l'auteure au cours de sa première cure de désintoxication, dans lequel elle s'observe et se livre.

Élizabeth M. AÎNÉ-DUROC

15 CommentairesAjouter un commentaire

@chathymi Heureuse de votre mot. Sagan s'échappe dés qu'on croit la saisir. Il faut la laisser flotter,comme un parfum.

Publié le 10 Mars 2017

@bernadetteL
Merci BernadetteL de nous présenter Françoise Sagan. J'ai relu son œuvre l'été dernier.( Pourquoi toujours l'été?). Je la vois sur son lit à l’hôtel de La Ponche, à plat ventre avec sa machine à écrire, clope au bec. Pleine de réserve, de timidité, de gentillesse. Et cette belle photo! C'est une écriture pour laquelle j'ai une grande tendresse. Et vous le dites bien joliment.

Publié le 01 Mars 2017

@Michel CANAL. Oui, Elle a été l’une des premières femmes à oser parler sans fard du désir sexuel d’un point de vue féminin (à 17 ans) mais aussi sans sanction : pas de punition, pas de bébé, pas de mari, pas de faute à réparer...C'est là la grande bouffée d'oxygène. Je lis votre livre.

Publié le 17 Février 2017

@Ivan Zimmermann. Pas d'excuse (pour moi en tout cas). J'aime les confréries culturelles qui se regroupent "Entre filles" me convient...
@Robert Dorazi Sagan est plus universelle que ce que l'on pense. Il faut la désenclaver des clichés qu'elle s'est elle même construite.Et puis on aime tous la facilité de mettre les auteurs dans des cases, cela facilite le travail de mémoire ...
@BOSSY Vous dîtes bien ce que je pense (bien aussi bien sûr). Merci.

Publié le 17 Février 2017

Sagan n'est peut-être pas à classer avec Victor Hugo, Voltaire, A.Dumas, Rimbaud etc...mais elle a été un pschitt de jouvence pendant que Dieu créait la femme, non loin de là. Une femme pleine de vices et de vertus qui pétillait de bonheur en piétinant les malheurs. Un sourire énigmatique entre des boucles mal fagotées. Les voitures, le champagne, la poudre, le rire et les larmes, quelques hommes en passant, et puis sa liberté d'exister. Ce n'est pas si souvent qu'une femme offre sa tristesse pour distraire toute sa jeunesse. Une divine comédie en somme

Publié le 16 Février 2017

Il est tellement vrai que sa vie et ses "aventures" rocambolesques de toutes sortes ont pris très vite le pas sur sa littérature! Mais elle a choisi de vivre de sa plume plutôt que le contraire. Et je crois qu'elle a eu raison. Un peu comme le chanteur Antoine à sa façon quand il a très tôt utilisé sa musique pour pouvoir vivre et voir le monde en réalité plutôt que d'écrire en regardant des cartes postales. De ça je suis admiratif. Elle a vécu 10 vies en une seule.
Quand à ses romans, à commencer par Bonjour tristesse, ils étaient des romans de leur époque au contraire d'un "le vieil homme et la mer" qui est un livre intemporel. C'est aussi pour cette raison qu'il est plus difficile aujourd'hui de se rendre compte de l'impact que les romans de Sagan ont eu à leur sortie. La société et les moeurs ont tellement évolué qu'on peut les regarder que comme un archéologue pourrait regarder des amphore du 1er siècle av JC. Il faut vraiment être de la partie pour que ça fasse rêver.
Pour celles et ceux qui connaissent, j'avais lu le Garde du coeur, et je n'ai jamais été certain d'avoir bien compris la fin, quand il me semble que l'héroine voit son jeune protégé nu et comprend mieux ce qui l'a poussé à faire ce qu'il a fait. Comment avez-vous compris cette fin?

Publié le 16 Février 2017

@bernadetteL,
Je vais suivre votre conseil et m'y replonger. Il est vrai qu'il y a très longtemps que j'avais "tenté" de lire Sagan. Peut-être que la sagesse et la patience venant apprécierai(s)-je enfin. En tout cas merci pour l'article.
Bien vôtre,
Ivan

Publié le 16 Février 2017

Merci @bernadetteL pour cet article suffisamment dense abordant les facettes que l'Histoire aura retenues de cette écrivaine controversée (controverse d'ailleurs illustrée par les commentaires et certains échanges). J'ajouterai que la photo représentant Françoise a été vraiment bien choisie. On y décrypte sa personnalité comme dans un livre ouvert.
Merci encore @Elisabeth M.AÎNÉ-DUROC pour le complément indispensable sur la vie de cette femme attachante, douée, précoce, insouciante, généreuse (trop), qui a brûlé sa vie par les deux bouts et marqué son époque.
Dans mon roman "L'éveil de Claire - Ou l'émancipation d'une jeune femme trop sage", Claire la cite lorsqu'elle évoque à son amie Elodie comment on en est arrivé, en quelques décennies, à la liberté de mœurs que nous connaissons aujourd’hui. Cet éclairage (dernière phrase de l'extrait ci-après) est intéressant car il donne le vrai motif par lequel "Bonjour tristesse" a choqué l'opinion.
« Initiés généralement dans la capitale où certains milieux donnent le ton, les nouveaux comportements, les tendances, les modes gagnent ensuite la province. La propagation des idées et des mutations s’est toujours faite par les arts et la littérature. Paradoxalement, un accueil jugé immoral et scandaleux génère l’engouement et le succès (…) Ce fut encore le cas beaucoup plus tard pour "Bonjour tristesse" (...). Son roman a été publié en 1954. Elle avait à peine dix-huit ans. L’héroïne, une jeune femme insouciante, dépensière, libre, forte et émancipée n’était pas un exemple pour la jeunesse. En vérité, Sagan a choqué l’opinion parce qu’elle était l’une des premières femmes à oser parler sans fard du désir sexuel d’un point de vue féminin. »

Publié le 15 Février 2017

Je veux ici présenter mes excuses à @Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC, @bernadetteL et @Catarina Viti mais lorsque j'ai écrit, je cite "Désolé les filles d'arriver en pleine réunion de collégiennes", c'était de façon humoristique et non méprisable, j'étais le seul bonhomme,
Encore des excuses à Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC et bernadette, mais je pense qu'elles ont l'intelligence d'avoir compris.

Ivan

Publié le 15 Février 2017

Les commentaires sont faits pour échanger à propos des articles et pas juste pour discuter le bout de gras et régler ses comptes. Merci pour les auteurs des articles qui donnent du temps, de l'énergie et du talent.

Publié le 15 Février 2017

@Catarina Viti ,L'ombre me convient, mais c'est noté , je me manifesterai publiquement plus souvent; @jezzabel le minuscule scandale tient à ce qu'elle a écrit un livre à 17 ans qui s'est vendu à des millions d'exemplaires préfigurant sans doute une forme de liberté qui n'a pris forme qu'une bonne dizaine d'années plus tard. Et puis le whisky, les grosses bagnoles et le tabac n'ont jamais créé la notoriété ex- nihilo.. Bon enfin Ce que je vous dis,ca ne vaut pas un clou..
@Ivan Zimmermann Dommage, cher Ivan. Il est vrai que sa vie a pris souvent le pas sur ses écrits. Mais si vous en avez l'opportunité,rejetez un coup d'oeil sur les nouvelles en particulier je vous assure, ca tient le coup. Ce sont des angles nouveaux à contre-pied.

Publié le 15 Février 2017

@Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC. Merci chère Elizabeth pour le récit perturbé de cette femme attachante dont la vie aurait pu être morne et qui l'a forgée à sa vitesse, sans doute excessive.

Publié le 15 Février 2017

Bon papier sur "le charmant petit monstre".
Désolé les filles d'arriver en pleine réunion de collégiennes. Juste pour dire que je ne suis pas fan de Sagan. Le seul roman que j'ai tenté de lire était "Bonjour tristesse" et je m'étais fort ennuyé. Sans doute, encore, une sensibilité que mon âme d'homme mal léché a beaucoup de difficulté à assimiler. Pour moi, c'était une femme désœuvrée, frustrée et hésitante entre la lesbienne qu'elle n'osait pas assumer et la nymphomane qu'elle n'arrivait pas à être et ça se ressent dans ses écrits.
Juste un mot sur les différentes diatribes auxquelles on assiste ici et qui sont hors propos. @Catarina Viti ne peux rien écrire sans que son antagoniste @jezzabel ne lui tombe dessus. C'est lassant à force.
Bien vôtre,
Ivan

Publié le 15 Février 2017

@Catarina Viti : pari tenu ! Mais c'est vous qui en jugerez...
Amitiés, Élizabeth.

Publié le 14 Février 2017

Un grand merci et mes félicitations à Bernadette Loisil pour cet article qui a eu pour effet de me faire découvrir bien des choses que j'ignorais au sujet de Françoise Sagan !

Publié le 14 Février 2017