Auteur
Le 29 avr 2015

Écrire : pourquoi, comment ? Témoignage et conseils d’auteur

Auteurs, pourquoi écrivez-vous ? "Parce que j'aime ça" nous répond d'abord Laurence Labbé. Mais aussitôt d’autres raisons lui viennent à l’esprit : "en vrac : par nécessité, car c’est le seul vrai remède à la souffrance, pour vivre plusieurs vies, pour m’évader, voyager, pour ordonner mes idées, rire, pleurer, frémir, m’interroger, comprendre, avoir un but, être guidée sur le chemin, être entraînée dans une aventure et partager toutes ces émotions et expériences avec les lecteurs…" Elle livre ses réflexions mais aussi quelques bons conseils expérimentés à l'attention des auteurs qui veulent être lus.
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Pourquoi écrire ? Finalement, le sujet est tellement complexe que l’on pourrait en parler à l’infini.

Écrire pour soi ou pour les autres ? Écrire pour le plaisir ou pour être lu ? Faut-il vraiment choisir  ?

Les démarches seront différentes. Si l’on écrit pour soi, on ne recherchera a priori que l’extase, la délivrance, le soulagement. Dès lors que l’objectif deviendra la satisfaction du lecteur, l’auteur devra se mettre à sa place et avoir une réflexion plus aboutie sur sa façon de rédiger, qui, je pense, n’enlèvera rien à la spontanéité de l’œuvre ou à ses bénéfices (mais le débat est ouvert).

Écrire pour avoir du succès ? Écrire pour gagner de l’argent ?

Si on se lance dans l’aventure, avec pour idée de faire un best seller, on sera sûrement guidé par des critères de rentabilité. Peut-on y trouver du plaisir ? Je le pense. Cependant, entre la liberté de l’auto édité qui ne compose que ce qu’il lui plaît sans songer à la gloire, et les contraintes d’un auteur à succès qui fournit sur commande, il y a peut-être un fossé que seule une énorme adaptabilité peut compenser… Celui qui a fait de l’écriture son métier et en vit (journaliste, écrivain, chroniqueur…) sera forcément soumis à des impératifs qui le contenteront plus ou moins. Je connais des personnes dont la créativité ne peut s’exprimer que sous la pression et d’autres qui, au contraire, se bloquent à l’évocation d’un délai ou d’un cadre à respecter. Sur cette question encore, le débat reste ouvert.

Quelques conseils pour les auteurs qui veulent être lus

Pour continuer, je vais vous livrer des conseils, principalement à l’attention des auteurs d’ouvrages littéraires [roman, nouvelle…] qui souhaitent être lus. Je les ai appliqués depuis que j’ai commencé à écrire sérieusement, il y a plus de vingt ans. J’ai constaté que les recommandations données de nos jours aux auteurs en herbe sont très différentes, aussi je vous laisse juge.

Trois règles de base valables dans presque tous les cas

  • Règle n° 1 : le premier jet n’est jamais le bon ;
  • Règle n° 2 : le premier livre n’est pas apte à être publié ;
  • Règle n° 3 : faire preuve d’honnêteté et de respect envers soi-même et le lecteur.

En pratique :

  • Votre ouvrage doit faire passer un message : qu’il soit celui de la beauté, du style, de l’émotion ou politique, philosophie, d’espoir… Ne pas écrire uniquement pour retracer sa vie sauf si vous avez vécu une expérience qu’il serait intéressant de partager avec les autres et qui n’a jamais fait l’objet d’une autre publication, ou si vous avez le génie d’un Proust. Racontez votre histoire devant un auditoire et observez sa réaction ; vous pouvez aussi imaginer cette séquence et vous demander si votre public serait captivé.
  • Soignez la présentation, le style, le rythme, les dialogues et l’orthographe bien sûr.
  • Après avoir apposé le point final de votre premier livre, vous l’enfermerez à clé dans un tiroir et l’y laisserez trois mois. Passé ce délai, vous le relirez et, objectivement, si vous le trouvez génial, alors bravo ! Mais dans 99 % des cas, vous penserez qu’il n’est pas parfait. Écrivez le deuxième : il sera meilleur. Et vous pourrez toujours ressortir le premier si on vous le demande un jour. Avec cette méthode, on a toutes les chances de donner naissance à un livre digne de rester dans les mémoires à la Xè tentative [X variable]. Les œuvres présentées comme «un premier roman» par les éditeurs sont rarement un coup d’essai pour l’auteur.
  • Pour les révisions : relisez à haute voix pour la sonorité, demandez à d’autres personnes de vous corriger. N’ayez pas peur de raccourcir, jeter, pour ne garder que la quintessence du texte. Posez-vous sans cesse la question : «cette phrase, ce paragraphe est-il indispensable au déroulement de l’histoire, le lecteur y trouvera-t-il un intérêt  ?» Vous répondez non ? Supprimez. Si vous craignez cette opération, dans un premier temps, coupez les passages inutiles et collez-les dans un fichier. Vous pourrez les retrouver plus tard, si besoin.

Pour finir, comme nous sommes loin d’avoir fait le tour de la question, je vous dis à très bientôt sur monbestseller pour lire vos commentaires. Je remercie encore toute l’équipe pour son engagement en faveur de la liberté d’expression et tous les auteurs pour les ouvrages de qualité qu’ils nous offrent.

Laurence Labbé

Lire gratuitement le tome 1 du roman de Laurence Labbé "La puissance des ordinaires" 

Lire gratuitement le tome 2 du roman de Laurence Labbé "La puissance des ordinaires" 

 

Tout à fait d'accord avec mon amie Laurence.
Le premier roman est considéré comme un essai, le second, on en rajoute de peur que le lecteur relâche son attention, le troisième est souvent beaucoup mieux, le quatrième, je viens juste de le mettre sur le site, à vous de me dire...

L'écriture est ma thérapie, elle me fait un bien fou, mais j'avoue avoir des difficultés à quitter mes personnages, on s'y attache.

Publié le 06 Mai 2015

Merci Laurence pour ce beau témoignage :)

Publié le 29 Avril 2015

Merci pour ces (bons) conseils Laurence que j'ai par ailleurs déjà lus, lus et relus... Mais pas (encore) appliquée (Lol).

Les avis divergent d'un auteur à l'autre (écrire d'abord pour se faire plaisir), mais l'essentiel est de savoir pourquoi on le fait. Ensuite, il suffit d'appliquer les règles que vous avez énoncées.

 

Publié le 29 Avril 2015