Auteur
Le 27 avr 2016

Face à Face d'auteurs. La couleur des sentiments se mélange aux ténèbres de l’horreur...

Rencontre a priori improbable entre les deux auteurs de ce Face à Face, Esther J. Hervy et Johan Duval, tant ils écrivent dans des genres littéraires aux antipodes : la romance et le fantastique. Et pourtant, la première a retrouvé avec bonheur ses amours de jeunesse : les zombies, et le second avoue avoir échangé avec autant de bonheur ses mondes post-apocalyptiques contre une bouffée de fraîcheur et d'oxygène. Alors aux antipodes oui, mais totalement consentants !
Face à face d'auteurs, un nouveau mode de critique littéraireEsther J. Hervy et Johan Duval : deux auteurs s'approchent, découvrent leurs écrits, se critiquent mutuellement...

Romance.
Johan Duval pour les Chroniques d’une fille presque ordinaire d'Esther J. Hervy

Une bouffée de fraîcheur et d’oxygène dans ce monde de brute !
J’ai découvert la plume vive et malicieuse d’Esther J. Hervy avec son excellent Sex, drugs and rock’n roll (actuellement en cours d’édition) et ai tout de suite été séduit par son style décapant. Il faut dire que, plongé depuis des années dans des lectures fantastiques post-apocalyptiques ainsi que dans l’écriture d’un roman du même genre, j’avais bien besoin de ré-oxygéner l’eau de mon bocal. Et ce fut le cas grâce à Chroniques d’une fille presque ordinaire et aux mésaventures sentimentales de Salomé, trentenaire moderne, libérée et (presque) indépendante à la recherche de l’équilibre affectif parfait. Ça fond sous les yeux comme du chocolat chaud, c’est frais et sucré comme un rosé pamp’ au mois de juillet, bref un délice pour les pupilles.

Ce que j’ai aimé dans cette histoire : le personnage de Salomé. Une jeune femme d’aujourd’hui, parfaitement décrite dans ses interrogations, ses souffrances, ses hésitations et ses tiraillements entre passion et raison. Terriblement attachante, on l’aime, on la comprend et on voudrait pouvoir lui apporter ce qu’elle recherche désespérément. J’aurais bien voulu me liquéfier en encre, qu’Esther J. Hervy puisse me dessiner aux côté de cette "fille presque ordinaire". Au final, c’est un personnage terriblement commun qui fait là toute la force de ce récit dans lequel les différents vécus, celui de l’auteur comme ceux de ses lecteurs, se retrouvent, se mélangent et se reconnaissent.

Ce que j’ai encore plus aimé : le style. Outre le fait qu’Esther J. Hervy alimente sa plume avec espièglerie, fraîcheur et justesse, elle la manie d’une main sensible, adroite et audacieuse. Elle joue avec nos sens en alternant avec finesse des moments sexy et excitants et d’autres touchants et émouvants. Son écriture fluide et pétillante piège le lecteur qui se retrouve happé par l’histoire et les phrases qui s’enchaînent. C’est direct, efficace, on est pris en otage. Syndrome de Stockholm.

Une réserve, un conseil ? Pas grand-chose à redire. La romance n’étant pas (ou plus) mon domaine de prédilection, je me suis surpris à en redemander, un goût de "j-en-reveux" sur la langue. Mais au final, si j’ai une petite déception, elle concerne la longueur du récit. Court, trop court car trop bon ! Tellement qu’on avale les pages avec gourmandise et envie. C’est si plaisant qu’on aimerait que ça dure plus longtemps ! Alors Esther J. Hervy, à quand la suite des Chroniques d’une fille presque ordinaire !?! Ou une version longue !

Johan Duval

Fantastique.
Esther J. Hervy pour Tempus Mortuorum de Johan Duval

J'ai toujours été une fan de zombies. La faute à Michael Jackson et à son Thriller. Contaminée à l'âge de 6 ans par ces horribles créatures revenues d'entre les morts, je n'ai quasiment jamais cessé mes recherches cinématographiques et littéraires traitant du genre. Elles ont parfois été heureuses, souvent moins.
Et puis un jour je tombe sur Tempus Mortuorum, par hasard... Ici. Et un grand sourire se dessine sur mon visage dès les premières pages...

Une étrange rage s'est emparée des habitants de La Rochelle, transformant la ville en un capharnaüm sans nom et la laissant aux mains des morts errant dans la cité.
L'histoire de Tempus Mortuorum nous embarque dans la lutte effrénée de Dan pour préserver tout d'abord la sécurité de Chloé, sa conjointe, et de Zack, le fils de celle-ci. Après avoir réussi à regagner leur habitation sans dommages, ils vont alors organiser leur survie en compagnie des quelques familles de survivants barricadés dans l'immeuble.
Et c'est là justement où tous les fans d'Apocalypse Zombie vont se régaler ! Un vrai survival comme on les aime. Un quotidien dévasté, où la moindre chose encore insignifiante hier, se révèle être un vrai combat aujourd'hui pour tenter de garder un semblant de normalité, et empêcher les survivants de sombrer dans une folie destructrice.

L'écriture de Johan Duval est directe et dynamique, soutenant incontestablement le rythme et le suspens indispensables au genre. La psychologie des personnages est plutôt bien travaillée. Il n'y a pas d'extrême. Ce ne sont ni des héros, ni des couards. Simplement des êtres humains entraînés malgré eux dans un chaos qu'il leur est impossible d'arrêter. C'est pourquoi nous rentrons dans l'histoire facilement : chacun d'entre nous pourrait être l'un d'eux. Je m'avancerai même à dire plus, chacun d'entre nous voudrait être l'un d'eux.

Une dernière petite chose pour conclure et qui consolera tous les fans de The Walking Dead : Vous qui pleurez parce que la dernière saison vient de se terminer... J'ai une bonne nouvelle ! Vous pouvez adoucir votre peine en vous plongeant sans hésiter dans Tempus Mortuorum, un vrai The Walking Dead à la française ! 

Esther J. Hervy

Merci @Marguerite Rothe, je suis heureux que tu aies pu nous découvrir grâce à ce face à face. J'espère que tu apprécieras l'aventure tant dans un monde que dans l'autre !

Publié le 05 Mai 2016

Merci à vous @James Osmont et @Marguerite Rothe, j'espère que vous passerez d'agréables moments de lecture en notre compagnie, et merci à @monBestSeller de nous donner l'occasion de nous soumettre à ce genre d'exercice bien sympathique !

Publié le 28 Avril 2016

Ce "face à face" me fait penser à la croyance populaire qui dit que les contraires s'attirent... Eh bien, il semblerait que ça soit aussi le cas sur mBs. En tout cas, ravie de vous découvrir tous deux grâce à vos éloges respectifs ! En vous souhaitant une très bonne continuation à tous les deux, Marguerite.

Publié le 28 Avril 2016

@Johan Duval & @Esther J. Hervy pour quelqu'un qui n'est fan ni de romance ni de zombies votre face à face tout en paradoxe et en nuance est pourtant alléchant ni de mièvrerie névrosée chez l'une ni de grand-guignol sanguinolent chez l'autre apparemment : de quoi passer outre mes à priori probablement ! Bravo !

Publié le 27 Avril 2016

Merci @monBestSeller pour cette belle opportunité et cette expérience enrichissante à vos côtés.

Publié le 27 Avril 2016