Tribune
Le 24 juin 2015

Protection des droits numériques. Qu’en pensent les auteurs ?

Se faire une opinion sur la protection des droits d’auteurs en numérique. Rien de plus complexe. Sur les objectifs, tous s’accordent : une juste rémunération de l’auteur. Sur les moyens, quelques pistes se dessinent dans la cacophonie ambiante. Quelques solides auteurs autoédités répondent à la question : « Pour vous, quel doit être le champ de réflexion prioritaire pour la protection des auteurs ? » À la manière de Cyrano, on pourrait dire, oh bien des choses en somme !
Protéger ses écrits d'abord, ou se faire lire d'abord ?Protéger ses écrits d'abord, ou se faire lire d'abord ?

Raisonnable : Charlie Bregman

Suite aux résultats de votre sondage monBestSeller, je pense que la priorité pour la protection des auteurs est de réfléchir à comment faire en sorte que leurs publications puissent être diffusées sans échapper à leur droit de paternité. Cela signifie comment créer un espace de lecture numérique dans lequel la rémunération des auteurs dépend directement de leurs nombres d'ouvrages lus, un peu comme le fait d'ailleurs Amazon KDP Select, où chaque mois, les auteurs vont bientôt être rémunérés en fonction du nombre de pages lues...
Plus qu'un vaste débat, je crois qu’il s'agit avant tout d'un vrai défi à la fois technologique et législatif. Peut-être qu'il y a aussi quelque chose à creuser du côté d'une taxe "droits d'auteurs" à mettre en place directement auprès des fournisseurs d'accès à Internet, qui fonctionnerait un peu selon le même principe des droits reversés à la SACEM pour les diffusions radiophoniques ?

Confiante : Chris E. Simon

En tant qu'auteur autoédité, je ne mets aucun DRM sur mes livres. Je fais confiance aux lecteurs. Mes lecteurs savent que les e-books comme les livres papier ne peuvent être gratuits. Ils ont un coût comme toute production artistique. Le piratage existe, il doit rester minoritaire. Je pense que l'éducation et la sensibilisation peuvent faire comprendre aux pirates qu'ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Je n'ai pas une solution toute faite, mais je ne comprends pas comment on peut penser que tout doit être gratuit dans la vie ! There is no such as a free lunch in life, that's it! ;-) Tout a un coût : le pirate risque une amende qui lui coûtera bien plus cher que tous mes livres autoédités ;-)

Technologique : Patrick Letellier

Impossible de protéger à 100 % une œuvre numérique. Il y aura toujours moyen de la bidouiller en binaire avec des logiciels spécifiques du domaine public. Mais les fraudeurs ne sont pas forcément informaticiens. Je pense qu'ils sont à la source, travaillent pour des bibliothèques en ligne. Je n'ai pas essayé de défaire une signature numérique faite avec acrobate d'adobe. Presque sûr que c'est faisable. A l'occasion pour ma culture. Sinon on peut inclure son nom et un numéro dans le fichier en binaire ou hexadécimal, en place d'une ligne programmée, en respectant le nombre d'octets, sous peine de plantage. Voir désassembler le fichier et travailler en assembleur. Peu savent le faire. Néanmoins, tout ce qui se fait peut être défait ou contourné, à l'image des papiers d'identité. Infalsifiables mais pas in reproductibles.

 

Et en diversifiant les envois des extraits gratuits comme preuve d'éxistence initiale avant risque d'acapraemment et de plagiat, déjà ? CC

Publié le 24 Juin 2015