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Le 12 déc 2013

A Noël, "pourquoi toujours offrir un livre ?"

Billy est-il un vrai ami ? A vouloir faire de la création publicitaire, Ikea nous met le moral à bas. Le fabricant de meubles ouvre inconsciemment des débats de société dignes d’«indignez-vous». ​« Pourquoi toujours acheter un livre ? », nous dit-il, alors que bien sûr, on pourrait acheter un meuble…on pourrait aussi acheter une chaussure ou une arme. Après tout…
A Noël, "pourquoi toujours offrir un livre ?"A Noël, "pourquoi toujours offrir un livre ?"

Les bibliothèques « Billy » ne sont plus au format des livres. Normal puisqu’on ne lit plus et que les librairies vont disparaître. Mais encore ? « Achetez des meubles au lieu d’acheter des livres ». Evident puisque les livres n’entrent plus dans les meubles. C’est donc la faute aux meubles. Alors autant acheter un fauteuil qui n’a plus rien à voir avec les livres. Au cas où on serait un peu bouché, on nous explique…

« Un livre est un bon ami disait » Bernardin de Saint Pierre, sûrement plus que « Billy » en tout cas, qui me déçoit beaucoup ces temps-ci…

Fahrenheit 451 présente un monde uniforme mais confortable, où tout se reproduit indéfiniment. Les livres y sont bannis, les pompiers sont là pour les brûler. Et, dans cette société où tous les êtres sont identiques, la société impose donc sa logique, vide et suicidaire, de la répétition. Les incultes défient les gens de culture. Lire est devenu un comportement asocial parce que différenciant. La quiétude d'esprit collective se nourrit de son ignorance. Ray Bradbury signe ici un grand classique de la littérature de science fiction. Il présente une vision de la civilisation dominée par la surconsommation, l'égoïsme et l'ignorance. Bref, une société sur les pas de laquelle nous sommes peut-être, épaulés par les marchands de meubles.

A considérer les réflexions d’Olivier Rolin, ex prix Femina pour « Port Soudan », on est un peu rassérénés. Il déclare : « Je crois qu’on écrit (et donc qu’on lit) parce qu’on est essentiellement, profondément insatisfait. Insatisfait du monde tel qu’il est, de la société telle qu’elle est, des croyances dominantes de notre temps, du visage du pays où l’on vit ».

Alors, qu’on se rassure, nous avons devant nous quelques milliards de promesses de livres. Peut-être qu’Ikea, est en fait le plus grand allié des écrivains et des éditeurs.  Il nous donne vraiment des raisons d'écrire, à bien y réfléchir…

 

Christophe Lucius

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