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Le 21 jui 2015

Chick lit ou Chick littérature : Rien que pour nous les filles ! 1/2

Ne m’appelez plus jamais « Romance ». Maintenant c’est « Chick lit », c’est plus chic. C’est le renouveau d’un genre éternel.
Les romances s'appellent dorénavant chick litLes romances s'appellent dorénavant chick lit

Baptisé « Chick lit », ou Chick littérature depuis 1996, ces romances d’un genre nouveau ont pour singularité d’être signées par les femmes, et pour les femmes. Une segmentation qui porte ses fruits. La Chick littérature a en commun avec la romance de parler d’amour, de projets, de ruptures, de déceptions, de ravages, de réconciliations. Mais cela dans un environnement contemporain contextuel. Les intrigues et les personnages en sont modifiés. Cruauté professionnelle, sarcasmes, trahisons amicales, alliances circonstanciées sont de mise… Les romans de chick lit, ou les romances d’aujourd’hui ont pour caractéristiques de ne pas se prendre au sérieux, d’être souvent drôles, et de se construire sur l’autodérision. C’est là toute leur force, car il n’y a pas (ou peu) d’ambition littéraire affichée, donc peu d’enjeux et de prise pour les critiques.

Qu’est ce que la Chick lit, ou la Chick littérature. L’héroïne de chick-lit.

Entre 20 et 35 ans, l’héroïne de chicklit, est généralement une « célibattante ». Tendance. Classe moyenne ou supérieure, elle n’a plus honte d’afficher ses ambitions : réussir pour gagner de l’argent et les honneurs. Famille (souvent conflictuelle), ami(e)s (vifs et cyniques mais bien choisis), amour (toujours hasardeux), boulot (l’enfer une fois sur deux), shopping (compulsif)… campent généralement la situation. L’héroïne privilégie, l’un ou l’autre au rythme de ses pulsions et de ses envies. C’est l’ère du post-féminisme, où la femme parvenue à une forme d’« égalité des sexes », subit de plein front les assauts de la civilisation moderne : guerre dans son job, trahison sentimentale, divorce, déceptions amicales, engouement pour une cause, chômage... Les thèmes sociétaux prennent souvent l’ascendant dans une logique de combats quotidiens.

Candice Bushnell avec Sex in the city, a consacré ce genre littéraire émergeant. De ses chroniques du « NewYork Observer », devenues une série télévisée à grand succès, elle montre une forme de solitude féminine dans la grande ville, et la volonté combattive de ces femmes de s’épanouir dans tous les domaines, en dépit de la menace de la quarantaine qui prennent la forme de ridules sur leurs yeux parfaitement maquillés. Et cela, en dépit des crèmes à base d’or, et des massages au caviar frais.

La Chick lit, une littérature dénonciatrice des modes de vie d’aujourd’hui.

Helen Fielding avec le fameux Journal de Bridget Jones, Lauren Weisberger avec Le Diable s’habille en Prada, Blonde attitude de Plum Sykes ou encore Lipstick Jungle. Ces auteurs dénoncent le plus souvent avec cynisme les classes privilégiées, le monde des affaires, l’univers du spectacle et du show biz, les achats incontrôlés, l’anxiété, les soirées trop arrosées, en un mot tous les dommages collatéraux de notre immense société de consommation… Cette forme d’humour est typiquement anglo-saxonne.
En mettant en avant la liberté individuelle des femmes, leur indépendance « déclarée », même si celle-ci se réduit à être « belle et glamour » ;-),  la Chick littérature présente souvent une jeune femme asservie, qui n’atteint l’équilibre que grâce aux hommes, au shopping et à l’alcool. La mécanique de stéréotypes, femmes caricaturales en posture de combat, qui se débattent pour survivre ou vivre moins mal. Les thèmes récurrents : le vieillissement, l’homme idéal, l’obsession d’une réussite matérielle… et des dénouements dignes de Cendrillon, bâtissent paradoxalement souvent une image "fragilisante" de la femme.

On  accuse ces nouvelles romances ou la chick littérature d’anesthésier les consciences. Liés à une culture mondiale et commerciale anglo-saxonne, centrés sur une forme de romantisme dénaturé, ces « romans produits », malgré la mise en avant des conquêtes de la femme dans la société, les confinent souvent à  celui de "femme objet" moderne, de victime de la mode voire d’épouse et de mère (asservies). Voilà pourquoi la Chick-lit est souvent contestée.

Christophe Lucius.

Bonjour,

La chick lit c'est pour tous et c'est frais! http://femlitt.asso-web.com/

Publié le 14 Juin 2016
Tout à fait d 'accord avec votre commentaire Sandra il n'y a rien à rajouter.
Publié le 24 Juillet 2015
Bonjour, on peut voir les choses d'un autre point de vue. La chick lit a remplacé la littérature rose d'il y a quelques années, qui mettait en scène des héroïnes mièvres, qui se devaient d'être vierges, face à un homme en général plus âgé et évidemment dominateur de par son caractère, sa position sociale et son expérience sexuelle. Cet homme pouvait se montrer physiquement violent avec elle, cette violence étant vue comme virile. L'héroïne passait rarement à la casserole avant d'être passée devant Monsieur le curé. Voire les romans de Barbara Cartland ou ceux de la collection Harlequin des années 80 et même 90. On a fait beaucoup de progrès avec Sex and the city et Bridget Jones. Même si, évidemment, les héroïnes de chick lit cherchent le grand amour, elles picolent, elles s'amusent et... elles baisent ! Une pensée amusée pour Samantha, la nymphomane assumée de Sex and the city ! Grande révolution, quand même. Femme asservie, Bridget Jones ? Je n'en suis pas si sûre. En revanche, on assiste à un retour en arrière avec "50 nuances de Grey" et son héroïne naïve.
Publié le 24 Juillet 2015