Interview
Le 20 jui 2020

« L’aléa qui fait grandir »

Aurore Brennetot s'intéresse au mental des enfants face à la crise sanitaire qui vont grandir peut-être un peu trop vite. Une réponse à l'appel à l'écriture de monBestSeller sur le thème "Dorénavant..."
Grandir avec une menace, une autre façon de vivreGrandir avec une menace, une autre façon de vivre

Déconfinement, Maëlle, 13 ans, vient de se réveiller et rejoint la table du petit-déjeuner où sa mère termine son thé avant de se mettre à son télétravail. La jeune fille regarde par la fenêtre et observe les gens déambuler dans la rue.

Maman ? On est lundi ?
Oui ma chérie.
Alors, on peut sortir ?
Oui, mais il faut toujours faire attention, tu le sais bien.
Alors il y a toujours des restrictions, lui répond-elle songeuse.
On va faire comment pour vivre ?
On va continuer à adopter les gestes barrières, et puis, on va porter un masque dès que nous sortirons.
Finalement, rien n’a changé entre hier et aujourd’hui, en conclut la jeune fille.
Si, on n’a plus besoin d’attestation de sortie.
Peut-être, mais on n’est toujours pas libre de faire ce qu’on aimerait à cause de ce virus.
Non, ma chérie. La vie a changé. Mais tu sais, tout change, rien ne reste figé dans la vie. Tout comme tu as été bébé, tu grandis, je vieillis. Ça fait partie de la vie.
C’est ça qu’on appelle un aléa ?
Oui ma puce. C’était imprévisible et il faut maintenant vivre avec.
Je ne sais pas comment je vais tenir avec ces gestes barrières. Mamie me manque, j’aimais les moments qu’on passait ensemble à faire des activités manuelles. Tu crois que c’est terminé pour toujours ?
Je ne sais pas, probablement pas, mais pour le moment il faut faire attention et préserver les personnes fragiles comme tes grands-parents.
Mais on peut quand même aller les voir et rester assez loin, ça n’empêche pas de passer du temps ensemble.
Oui, on peut leur rendre visite.
Alors, je veux y aller. Réponds la jeune fille déterminée.

Après, son petit-déjeuner, bien décidée à reprendre une vie sociale, elle appela sa grand-mère pour lui annoncer son arrivée.

Les retrouvailles sont très émouvantes. Dans ce contexte de séparation, qui reste exceptionnel, la jeune fille a pris conscience de l’importance qu’ont les personnes qui l’entourent.

Cette période inédite aura le mérite de faire grandir les enfants, peut-être un peu trop vite.

C'est très dur pour un enfant de comprendre le vrai sens de cette crise sanitaire.

Publié le 21 Juillet 2020

Un bien joli texte, qui dit beaucoup de choses en peu de phrases, merci. Oui, il faut croire à ces leçons que nous donnent les enfants. Bien sûr, c'est cruel qu'une certaine maturité survienne dans ces circonstances. Mais ce genre d'histoire les fait grandir, et nous avec.

Publié le 20 Juillet 2020

Un alea qui fait grandir les enfants, oui. Mon petit fils m'a dit récemment, du haut de ses bientôt cinq ans : "Tu sais, mamie, j'en ai un peu marre de cette maladie. J'ai hâte qu'elle finisse, même si je suis bien content de ne plus aller à l'école." Pour lui, le confinement a eu un effet miraculeux. D'enfant en passe de devenir enfant-roi, comme souvent dans les couples où les deux travaillent, il a mûri de manière assez époustouflante du fait de la totale disponibilité de ses parents. Il a appris à jouer seul, à faire fonctionner son imagination... Bref, que du bon ;-). Pour les post-adolescents, c'est différent. L'absence de liberté leur fait majoritairement snober la crise sanitaire du haut d'une insouciance toute légitime, eu égard à leur âge... mais comme dans chaque situation de crise, toute généralité est à bannir. Si elle est révélatrice de tendances, elles sont encore trop fluctuantes pour conclure quoi que ce soit pour l'instant. Merci pour ce billet et bonne fin de journée. Michèle

Publié le 20 Juillet 2020