Interview
Le 03 aoû 2020

Un été pas comme les autres

Quelques délires coronesques : quand l'imagination et l'intuition guident la plume, c'est une forme de liberté. Cela fait du bien aussi

En Australie, en Asie, aux Amériques, en Europe, en France, partout !

Dans les supermarchés du monde entier, face à la pandémie, des hommes, des femmes, se battent, s'entretuent presque, pour un paquet de riz, un  rouleau de papier à cul, un paquet de farine, un œuf ou un tube de dentifrice…

Chacun pour soi !

Conséquence : pénurie !

Les rayons de farine, de riz, de pâtes, d'huile, de sardines, de thon, à peine garnis, les premiers arrivés, remplissent leur caddie à ras la gueule, bien plus qu'ils ne pourront jamais consommer.

La peur de manquer !

Tant pis pour les autres !

Chacun pour soi ! Et Dieu pour tous !

Mais Dieu s'en fout ! Pas question de penser aux autres !

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Alors j'ai pensé, 

Au début, il n'y avait rien.

Juste une bactérie… 

Comment s'était-elle formée ? C'est une très longue histoire que je ne saurais-vous conter.

Mais j'imagine,

C'était une bulle, presque une goutte d'eau, avec un grain de poussière (un amalgame de matières extraordinaires) dedans, à la merci, du soleil, du vent, de la pluie et du ressac de l'océan. Là où il y en avait une, il y en avait des milliards, sans bras, ni jambes, ni tête ni queue, immobile, sous la pression de la foule, contrainte toute leur vie à rester sur l'endroit de leur naissance. 

Obligée, par la faim, le désœuvrement ou la surpopulation, ou simplement, parce qu'il n'y avait aucune autre action possible, elles éprouvèrent le besoin de s'absorber entre voisines.

 

Tout d'abord, elle s'étendit, tel un élastique, encercla sa voisine et l'assimila, puis elle s'ouvrit à nouveau et évacua les restes non assimilés. 

Cette action s'appelle la phagocyté. 

Elle recommença, quand elle fut trop grosse, elle se divisa et recommença. 

Le fait de phagocyter son prochain était sûrement très fatigant. La bactérie développa un tuyau qui la traversait de part en part. Elle avalait sa voisine d'un côté, l'assimilait en son milieu et évacuait  ce qui n'était pas assimilé de l'autre côté. 

Ce tuyau existe encore de nos jours dans presque tous les êtres vivants. Il s'est beaucoup perfectionné.

Les premiers êtres vivants, pas les primates que nous sommes, ni même les dinosaures, bien avant encore, les bactéries qui sont apparues dans le fond des océans il y a sûrement trois ou quatre milliards d'années, n'ont survécu que parce qu'elles étaient cannibales.

Et nous sommes là.

Il était un petit navire… au bout de cinq à six semaines, les vivres vinrent à manquer, on tira à la courte paille pour savoir qui serait mangé, hoé, hoé !

Rien ne s'efface ! C'est écrit dans nos gènes, notre ADN.

 

Avez-vous déjà observé un bébé qui commence sa découverte du monde. Dès qu'il trouve un objet, il n'a qu'une seule question ! 

Mangeable, pas mangeable ?

 

La question est vitale, si demain une situation épidémique plus sévère devait toucher la planète. Si les manufactures devaient s'arrêter, si les paysans ne pouvaient plus produire leurs denrées qui nous sont indispensables, si les rayons des supermarchés devenaient désespérément vides…

Si l'argent venait à manquer… 

La seule et unique vraie loi de la nature, prévaudra : La loi du plus fort !

Malgré toute une pléiade de lois, elle n'avait jamais vraiment disparue. 

Malheureusement, les plus forts qui étaient dans les salles de muscule, pendant que les moins forts étaient sur les bancs des universités, ne sauront pas faire fonctionner les usines, les centrales atomique, hydrauliques, de piloter les avions, les supertankers, etc…

 

Beau tohu-bohu que ce jour-là !

Je m'en fous, ce jour-là, je serais mort !

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Cet après-midi, (30/07/2020), à Bordeaux 41 degrés Celsius à l'ombre du store de ma terrasse plein sud.

Ma compagne et moi on boit un verre avec une de mes ex. Une de mes ex d'il y a vingt ans. Elle avait 35 ans et moi 55.

Elle a pris un sacré coup de vieux, pourtant je ne l'ai pas frappée.

Elle est toujours aussi capricieuse, mais maintenant, ça m'ennuie.

Je la regarde, elle s'est pris un gros séant et deux jambonneaux à la place des cuisses.

Désossée, éviscérée, il doit bien rester 40 kilos de viande.

C'est un an de survie pour deux personnes un bestiau comme ça ! 

Un congel. un groupe électrogène, quelques litres de gasoil, et le tour est joué ! 

Chassons ces idées saugrenues.

Il fait trop chaud, j'ai peur que mes  vêtements en polyamide fondent ou s'enflamment.

C'est vraiment, 

Un été pas comme les autres. 

 

 

Arrivederci ! 

 

          

         Fernand Fallou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ha, ha... Comme quoi, ne sachant pas ce que l'avenir nous réserve, mieux vaut être prévoyant et ne pas couper les ponts avec ses ex :-)... Sacré Fernand ! Merci pour ce partage qui m'a fait sourire et buona notte. Amicalement, Michèle

Publié le 05 Août 2020