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Le 19 mar 2016

Livre Paris 2016. Panique au salon du Livre

Hermann Sboniek, auteur prolixe, fidèle des concours de nouvelles, on ne le présente plus, et surtout on n'aura plus besoin de le présenter. Tout simplement parce qu'il sera le seul et dernier auteur à partir de mars 2016. Comment y est il parvenu ? Très simple. Avec monBestSeller, la diabolique plateforme, il a mis au point un stratagème à Livre Paris 2016. Une stratégie fine : liquider la concurrence. Il raconte l'ultime Salon du Livre. Aux abris !

Deux ombres se glissent furtivement par la porte entrebâillée d’un local technique du Palais des expositions de la porte de Versailles. Ce local abrite le système de ventilation et de chauffage de tous les pavillons. La plus grande des deux silhouettes, plutôt masculine, extrait un flacon de son attaché-case et le donne à son acolyte. La plus petite des deux ombres dévisse le bouchon de la mystérieuse bouteille. Ses mouvements font scintiller quelques mèches de ses cheveux blonds dans la lumière blafarde d’une minuscule ampoule accrochée au plafond. Après avoir ajusté ses lunettes, le mystérieux individu dévisse un capot métallique et ensuite, la plus petite silhouette qui laisse deviner ses formes féminines verse le contenu du flacon dans l’imposante machinerie.

Le dialogue à voix basse qui s’ensuit fait froid dans le dos.

- Ca y est, Aléa jacta est !
- Oui, maintenant nous ne pouvons plus reculer.
- Tiens, prends cette pilule, c’est l’antidote.
- Merci, n’oublie pas de prendre la tienne.
- Il nous reste peu de temps avant que le produit commence à faire effet, allons-y.

Les deux conspirateurs sont maintenant sortis du local technique, ils se dirigent vers le pavillon 1. Tout en marchant, ils ajustent leurs badges sur leurs revers. Sur celui de l’homme est inscrit « Christophe Lucius : monBestSeller » et sur celui de la femme, on peut lire : « Elisabeth Lostis : monBestSeller ». Ils arrivent au stand C52 en même temps que tous les visiteurs qui envahissent le salon.

- Ca ne devrait plus tarder maintenant.
- Oui, je crois que c’est parti, j’entends du bruit vers le stand de Robert Laffont.

Sur le stand G51, les effets du produit mystère commencent à se faire sentir. Marc Levy en pleine séance de dédicace se met à insulter une vieille dame à la coiffure argentée, il lui jette ensuite son dernier roman au visage et d’un coup de poing rageur il plante son stylo dans la main de la vieille. Alertés par les cris de l’ancêtre deux vigiles se précipitent, ils sont aussitôt attaqués par une attachée de presse en furie qui les assomme à coup de chaise. A proximité, sur le stand J40, c’est Guillaume Musso qui organise un atelier selfies avec ses fans. Ici aussi, très vite l’ambiance dégénère, deux hôtesses de chez XO en pleine bagarre s’arrachent des poignées de cheveux. Puis, soudain, comme s’il était possédé, le créateur de « Parce que je t’aime » s’empare d’un volumineux Nikon qu’il utilise comme un fléau d’armes. Le sang gicle et les dents se brisent. L’écrivain à succès est devenu fou furieux, son rire démoniaque résonne vers tous les stands alentours. Dans toutes les allées c’est un carnage qui commence, tous les visiteurs semblent possédés par la même violence hystérique et ils se ruent les uns sur les autres, les poings virevoltent, les mâchoires mordent, les pieds frappent. Tout le mobilier est vite transformé en arme et des parties de stands déchiquetés servent de pieux qui transpercent des cœurs. La panique est maintenant totale. Dans ce capharnaüm on aperçoit Michel Houellebecq qui a passé sa longue mèche autour du cou d’une lycéenne, il s’en sert de garrot pour l’étouffer. Un peu plus loin, deux visiteurs ont saisi Delphine de Vigan comme un bélier, et ils tentent de défoncer le stand des éditions Harlequin avec la tête de la jeune auteure. Au beau milieu de l’allée principale, Philippe Djian se bat avec Frédéric Beigbeder, il semble avoir le dessus quand il arrive à planter ses index dans les orbites de son adversaire, mais un formidable coup de genoux dans ses testicules le laisse dubitatif. Avant que tous deux puissent reprendre leurs esprits, Pierre Lemaitre qui venait d’assommer un ecclésiastique de passage avec un extincteur s’acharne sur leurs visages avec la bonbonne rouge. Le bruit du métal contre les cranes qui explosent est terrifiant.

Pendant ce temps, retranchés dans le stand C51, Christophe Lucius et Elisabeth Lostis ont saisi deux grands sabres japonais cachés derrière le petit bar et ils maintiennent la foule en folie à distance. A grands moulinets, ils font valser les têtes, les bras et les jambes. Le sang coule à flots.

Dans le pavillon 1, la folie atteint maintenant son paroxysme. Seule Amélie Nothomb semble résister à cette démence collective. Elle continue à dédicacer ses romans en trempant sa plume dans le sang de sa secrétaire dont la tête n’est quasiment plus attachée au corps. Ici, c’est Anne Gavalda, armée d’un tesson de bouteille qui creuse des profonds sillons sur le visage de BHL. Là, c’est David Foenkinos qui triture les viscères de Patrick Modiano avec le pied d’un tabouret. Et juché sur un pupitre, on aperçoit Stephen King qui hurle à tue-tête : « It’s wonderfull, Amazing, I like it !! » avant d’être assommé à coups de pelle par Edouard Louis. Sur le stand d’Amnesty International, le directeur artistique des éditions Fayard aidé de l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran essayent de pendre avec ses tripes le PDG de Hachette. L’odeur du sang et de la mort se répand dans tout le pavillon 1.

Bientôt les combats s’espacent, les cadavres jonchent le sol, les mutilés gémissent. Les derniers affrontements sont moins percutants, la fatigue se fait sentir. Christophe et Elisabeth arpentent les allées, leurs grands sabres à la main. Ils décapitent les derniers survivants et percent le cœur des blessés qui poussent alors leurs ultimes soupirs.

Dans le silence qui règne alors, dans un ensemble parfait, ils ôtent les masques en latex qui recouvraient leurs visages.

Stupeur ! On découvre l’infâme Dark Hiatus et son âme damnée le général [fonetik]. On croyait ces deux malfaisants disparus depuis leur tentative de prise d’otage à l’Académie Française en 2012.

Dark Hiatus se saisit alors de son I-Phone et déclare d’une voix solennelle : « C’est fait Maître, exactement comme vous l’avez demandé, vous pouvez venir » Une porte s’ouvre en grinçant et laisse apparaître Hermann Sboniek vêtu d’une majestueuse cape rouge…

Le 17 mars 2016

Hermann Sboniek

12 CommentairesAjouter un commentaire

@lamish, tant que les idées viennent, je continue :-) Pour cette semaine, un bonus: deux nouvelles en lignes pour le prix d'une.

Publié le 27 Mars 2016

Mais dites-moi, Hermann, jusqu'où vous arrêterez-vous ? :-)

Publié le 26 Mars 2016

@Elisabeth mBS & @Christophe Lucius, j'espère que nous pourrons un jour faire connaissance, je pourrais ainsi vous décrire plus précisément. J'ai trouvé le thème de ma nouvelle de la semaine prochaine et commencé la rédaction. A lundi matin :-)

Publié le 22 Mars 2016

@HermannSbonieck La nouvelle est bonne. Mais je trouve que dans ma description , vous n'avez pas assez rendu justice à mon élégance naturelle, et mon mental d'acier...

Publié le 22 Mars 2016

Merci @Hermann Sboniek d'avoir fait de moi une héroïne de nouvelle :))) Un personnage à deux visages mais heureusement ce n'est que de la fiction :))

Publié le 22 Mars 2016

@Denis VENNAT merci petit Padawan :-)
@FANNY DUMOND j'adore Stephen King, je suis justement en train de lire "22/11/63" quel talent !!!!
@monBestSeller, merci d'avoir mis le lien sur mon recueil de nouvelles :-)

Publié le 21 Mars 2016

La relève de S. King est assurée ;-) J'ai adoré votre écriture alerte et surtout votre imagination débordante. Bravo et à bientôt. Cordialement. Fanny

Publié le 21 Mars 2016

Du pouvoir de rire et d ecrire, en toi sans nul doute il y a.Que la farce soit avec toi..

Publié le 21 Mars 2016

Merci à vous toutes et tous d'avoir accordé de l'attention à cette plaisanterie. Et surtout un très grand MERCI à l'équipe de mBS pour ce coup de projecteur. Comme diraient mes enfants; " Je kiffe à donf " :-) Je profite aussi de cette mise en avant pour rappeler mon " challenge 2016 ": une nouvelle postée par semaine tout au long de l'année. Après un mois en solo, je les ajoute au recueil " En 2016 vous allez avoir de mes nouvelles ..."

Publié le 20 Mars 2016

Hahaha, pas mal Hermann, euh... maître !

Publié le 20 Mars 2016

Nom d'une pipe. Pour être radical, c'est radical....
C'était donc ça cette ambiance bizarre que j'ai sentie hier, et la raison pour laquelle tout semblait bien aller chez MBS...
Merci de cette nouvelle bien sympa à lire !

Publié le 20 Mars 2016

C'est assez... radical :)
Mais rappelez-vous Empereur Sboniek, qu'un Luke Circonfleks se cache et attend le moment de mettre fin a votre dictature InterCideral. On n'echappe pas a son destin, ou alors il faut courir tres vite!

Publié le 20 Mars 2016