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Le 18 jui 2018

Edition : les « sensitivity readers » ou les contrôleurs de sensibilité entrent en scène.

Venant du pays ou les noirs et les blancs étaient séparés dans les bus, ou chacun avait ses propres toilettes ou les violences faites aux homosexuels n'avaient pas de limite (lobotomie et électrochoc), voici les « sensitivity readers » venus du même pays. Ceux qui vont nous dicter la douceur et la compréhensions mutuelle ; ce qu'il faut penser, ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est acceptable, mais surtout ce qui ne blesse personne, et surtout pas ceux qu'on maltraitait hier. Voici venu le temps d'une modération plus que parfaite pour une littérature aseptisée.
Peut être que les sensitivity readers ne comprendront pas ...Peut être que les sensitivity readers ne comprendront pas ...

Les sensitivity readers : des lecteurs bien pensants pour une pensée orthodoxe

Ils gagnent du terrain et seront sans doute bien établis dans les décades qui viennent dans  l’ensemble de nos Maisons d’édition. Leurs rôles : ce sont des censeurs, dans le bon sens pourrait-on dire ?.
Il s’agit de contrôler, et d’interdire tout propos raciste, homophobe, misogyne, misandre, antireligieux, blessant  pour les handicapés ou les patients de toute sorte…, cruauté animales, incitation à…
Voilà chacun peut terminer sa liste et il est bien là le problème

La vraie vie quoi ! Le « politiquement correct » érigé en mode de vie, en mode de littérature.

Les réseaux sociaux via les associations sont les relais des « sensitivity readers »

Souvent organisées en association, les minorités sont une caisse de résonnance puissante face à l’écrivain et ce qu’il véhicule. Livres Hebdo qualifie cette profession de « maillon fort de la chaine de publication ». Pour exemple le journal cite une auteure américaine de polar qui parle d’ – « estropié ». Censurée pour cause de risque d’insulte aux personnes handicapées.

Avec « les contrôleurs de sensibilité », nos classiques ont du souci à se faire.

Passons vite sur Brasillach et Céline…, mais cherchons plus loin Pierre Loti louant l’œuvre turque en Arménie, Maurras dont la pensée n’est pas d’extrême gauche, ou même Colbert. Molière injuriant les médecins de son comique répétitif, Don juan pour qui : « Celui qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre ». Un misogyne encore, celui là.
Et Houellebeq, bien sûr, accusé d’injure raciale, de misogynie, et d'incitation à la haine religieuse. Il est, lui, passé en jugement. Acquitté,  Dieu soit loué (Mais ai-je ai je le droit d’écrire sur (mon) Dieu ?)

Les « sensitivity readers » doivent ils avoir accès à la littérature ?

L’art c’est l’art, la littérature, la littérature… Ce ne sont pas des leçons de morale, et les Tintin ne seraient pas vraiment les Tintin si nous avions censuré "Tintin en Amérique" ou "Tintin au Congo".

Plus effrayant encore c’est la possibilité d’une littérature segmentée, celle réservée aux lesbiennes, celle réservé aux hispaniques, celle réservée à des communautés religieuses. Une vision ethnique de l’édition.
Respiration.

Nos écrivains « mal » pensants sont ils à l’origine de tous nos maux ?

L’hésitation de Gallimard à rééditer des carnets de Céline, la demande officielle d’une association de ne pas célébrer l’anniversaire de Charles Maurras sont les prémices d’une pensée universelle qui pourrait presque être assimilée à une forme de négationnisme . Simplement parce qu’elle occulte la possibilité de penser par soi même, de juger et par la même de s’articuler autour de points de repères qui sont la source même de notre libre arbitre.

Police de pensée ou suggestions de nuances

Aux Etats- Unis, les « sensitivity readers » se sont imposés essentiellement dans la littérature jeunesse, jugée comme un public « influencable ». On peut s'inscrire à une base de données « Writing in the margins ». Elle offre le service de plus de 120 relecteurs permanents pour identifier les préjugés (prejudice sonne mieux en anglais) et corriger un vocabulaire « problématique ». Au même titre que les correcteurs s’occupent de la grammaire, de l’orthographe et de la structure. Les « sensitivity readers sont en charge des questions de handicap, de sexe, de religion, de minorités…

Se mettre à la place de… c’est le grand leitmotiv. Peut on raconter l’arrestation d’un noir par un blanc, si l’on n’est pas noir, peut on conter la descente de la brigade des mœurs chez un couple illégitime, si l’on n’est pas illégitime soi-même ? Peut on penser comme un chat, si l’on n’est pas un chat ?

La bien-pensance est bien sûr l’ennemi de la création.

 La littérature est une prise de risque, elle ne peut naitre dans la contrainte ou la censure.
Que les clichés, les discriminations, le sexisme ne soient pas dominants dans la littérature. Nous le souhaitons tous, mais pas par n’importe quel moyen.
Boucle d’or, petite fille non assistée par des adultes et non autonome, l’âne Trotro sexiste parce qu’il lit le journal, et Petit ours Brun taxé de machisme parce qu’il fume la pipe… Non !
Faudrait-il que ce soit petite Ourse Brune qui fume la pipe ? Bien plus moderne, mais pour adulte peut-être ?

Heureusement les "sensitivity readers" sauront bien le detecter à temps.

11 CommentairesAjouter un commentaire

@Anna Kriakovna
Prenez un dictionnaire et allez vérifier le sens du mot « tribune » avant de ramener votre fraise nauséabonde. Ça sait à peine s’exprimer en français, mais en bonne crétine décérébrée, c’est prêt à voler au secours des réactionnaires qui déversent leur diarrhée complotiste sous prétexte de ne pas être politiquement correct… homosexuels, vaccins, tout y passe, sans compter l’apologie du nazisme et la révision de l’histoire (la partie sur la guerre d'Espagne est le sommet du délire, et serait risible si le sujet s'y prêtait).
Fermez votre gueule, quand vous l’ouvrez, ça pue.

Publié le 17 Novembre 2018

@Patrice Salsa
Je ne sais pas si c'est bien la vocation de MonBestSeller d'être une tribune pour un faible d'esprit comme vous, dénué de tout esprit critique vis-à-vis du politiquement correct. Vos propos, pitoyables de conformisme, sont intolérables sur ce site.

Publié le 17 Novembre 2018

@monBestSeller
Je ne sais pas si c'est bien la vocation de MonBestSelle d'être une tribune pour des propos révisionnistes, conspirationnistes et homophobe... Les propos de Letellier Patrick sont intolérables sur ce site.

Publié le 14 Août 2018

On entre dans les zones dangereuses de la censure. D'autant plus dangereuses qu'elles s'appliquent prioritairement à l'enfant dans la période ou le libre arbitre est essentiel à la formation de son jugement

Publié le 01 Août 2018

@Letellier Patrick un vécu impressionnant que le vôtre, tout comme votre soif de vérité historique. Merci pour toutes ses infos. Je n'en sais pas tant, mais j'essaie de juger selon mon ressenti de l'être humain, et non de son opinion politique. Je ne me suis jamais sentie bien dans les idées abstraites, parfois extrémistes, des partis, des religions, ou des dernières croyances à la mode, quels qu'ils soient... Toujours trop ou pas assez, et toujours l'impression de manquer de liberté, d'être manipulée. Je ne sais pas si c'est la bonne recette, mais c'est en tout cas celle qui me permet de rester optimiste, d'aimer la vie. Bonne journée, ou bonne nuit, selon où vous vous trouvez sur le globe ;). Amicalement. Michèle

Publié le 26 Juillet 2018

@Letellier Patrick, "Les rebelles du XXème siècle" devraient apporter de l'eau à votre moulin. Ce récit, adouci par l’histoire d’amour entre Tsipora et Sioma, dévoile une partie des dessous de l’histoire de ces révolutionnaires souvent manipulés et blousés. Du même acabit, mais ailleurs, j'ai récemment lu de Kroussar : « Cambodge – La longue quête ». Un autre récit dont je ne suis pas ressortie indemne… J'imagine que dans votre quête de vérités, ces deux bouquins devraient vous intéresser. De plus, leurs auteurs sont sympa, ce qui ne gâchent rien à l'affaire ;)... Deux romans en bibliothèque à terminer, et je vous retrouve sur votre page. Bonne journée. Michèle

Publié le 25 Juillet 2018

@Kleber Labbé Oui, une peu de grattage pour voir sous le vernis, une peu d'intuition et de jugeote, ça aide. Internet aussi, tout en nuançant le propos trop sensationnaliste. Nos enfants auront probablement connaissance des dessous de notre histoire, tout comme nous commençons à entrevoir ceux de celles qui nous ont précédés. Pour en revenir au sujet de la tribune, je me fie beaucoup à mon intuition pour identifier l'intention de l'auteur, sa dose d'humanité, au delà des mots et des scenarios trompeurs. @Letellier Patrick Voici un extrait de mon com' sur le bouquin de Nadav qui reflète ma réflexion :"Sans le savoir, en sillonnant les petites routes d’Espagne, j’ai aperçu les ruines de Belchite, ce village que Franco a voulu conserver en l’état, pour dire aux espagnols « Regardez-bien ce qu’est la guerre civile et ne recommencez pas ! » Je m’y suis arrêtée et j’ai lu. Je ne savais pas. Ça a été un véritable choc de découvrir ce site désert, éclatant de beauté sur fond de ciel outremer. Pas un bruit, pas un rat pour oser affronter ce passé trop récent. C’était d’un contraste saisissant. Je vis ici depuis huit ans. Tous les proches espagnols que j’ai questionnés ont perdu la mémoire, au point, pour certains, de dire qu’ils ne se souviennent pas en quelle année Franco a pris le pouvoir. Ils évitent le sujet. C’est tout bonnement hallucinant ! Ici, pas de devoir de mémoire ou presque. Un peu comme en Allemagne, après la défaite nazie. Deux générations ont grandi dans l’ignorance, l’omerta pratiquée par leurs aïeuls qui se sentaient impliqués de près ou de loin, soit eux-mêmes, soit au travers d’un membre de leur famille. Le peuple ibérique est bourré de contradictions où se côtoient amour passion, amour de la fête et de la famille, fierté et indifférence au reste. Le gouvernement a attendu mai 2011 pour rendre publique « la mapa de la verguenza » (le carte de la honte), sur laquelle figurent 2000 fosses communes. La liste des principales villes parle d’elle-même : 7 villes ont eu comportement exemplaire, 16 un comportement modéré et 379 un comportement sadique et barbare. Alors, on se révolte et on pleure de lire ces jeunes, morts dans un combat inutile, partis confiants en l’aide d’une Russie qui utilisera la majeure partie de l’or du trésor espagnol à d’autres desseins, négligera la mise en place d’un commandement pour éviter les divergences intestines, les condamnera à une défaite certaine." / Depuis, j'avoue regarder autrement ce peuple capable de barbarie. Dans la région où je vis, les traditionnelles "monteria" durant lesquelles des centaines de bêtes sont tuées, soigneusement alignées par espèces, tors à béton sous la gueule pour la pose, immortalisées en compagnie de leurs chasseurs hilares, puis démunies de leurs trophées qui valent cher... Sans vouloir généraliser car j'ai quelques amis chers ici, cela rive un peu plus le clou de ma déception. Vous avez tenu 15 ans, je ne tiendrai pas si longtemps, je crois. Je vais télécharger et relire la nouvelle version de "Le ciel en enfer". A bientôt. A vous deux, amicalement. Michèle

Publié le 24 Juillet 2018

@Letellier Patrick Vous prêchez une convertie. Plus sceptique que moi (au point d'en être pénible) sur les livres d'histoire ou sur ce que nous servent les médias, je ne connais pas... Récemment, motivée par la lecture de "Les rebelles du XXème siècle", de Nadav Gouriel, et le fait que je vive en Espagne, je me suis penchée sur la guerre civile espagnole. J'en suis ressortie profondément écoeurée... et incrédule, comme toujours... Dans mes quelques lignes, je voulais juste mettre le doigt sur le peu d'influence qu'avait eu son bouquin, avant sa prise de pouvoir, avant que le posséder ne devienne obligatoire. Mais je ne doute pas un instant qu'Hitler ait pu être manipulé par plus costaud que lui, que sa folie ait servi de plus grands desseins encore, tout comme celle de Saddam Hussein, et bien d'autres encore... Ces guéguerres souterraines m'ont toujours interloquée. Il y a un tel contraste entre l'abstraction de leurs motivations, essentiellement économiques, et le nombre de vies humaines sacrifiés que j'ai parfois l'impression de vivre une immense fiction cauchemardesque. Née sensible, je n'ai pas votre courage pour fouiller complètement ce marécage, mais j'essaie de garder un état de conscience, par idéal. Je profite de ma réponse pour vous dire ma joie de vous voir à nouveau parmi nous. Je ne manquerai pas de refaire un petit tour sur votre page, car je n'ai lu qu'une de vos œuvres, "Le ciel en enfer". Amicalement. Michèle

Publié le 24 Juillet 2018

C'est crétin de vouloir occulter ce qui existe. Mettre en scène un personnage raciste, homophobe, misogyne, misandre, antireligieux, etc... à l'extrême peut provoquer une prise de conscience, suivi d'un rejet, puis d'un travail sur soi, dans un effet miroir. Par contre, censurer les auteurs qui écrivent dans le but d'encourager le mal, je suis pour à 100%, même si ce n'est pas suffisant. "Mein Kampf" avait été très peu lu, avant le régime nazi, et cela n'a pas empêcher Hitler d'atteindre le pouvoir. Je crois que ce qui importe, c'est l'intention de l'auteur. Pour moi, elle est évidente. En tous cas, lorsque je lis, je me trompe rarement sur ce qui l'anime, dans le fond. Derrière l'humour et au delà des mots. Bref, tout ceci relève de nuances si subtiles qu'il est dangereux de l'accepter sans rechigner... C'est un peu comme l'écriture inclusive... une façon de contourner le vrai problème, faute de solution et souvent de courage. Merci pour cette tribune (merci à qui ? Je ne sais pas ;)) et bonne journée. Michèle

Publié le 23 Juillet 2018

@Letellier Patrick, @Michel CANAL.
Oui, un article bienvenu et qui donne à réfléchir.
Il m'est arrivé une fois de tomber sur un "lecteur bien pensant voyant le mal partout" - vous remarquerez que je conserve le genre "neutre" pour parler de cette personne.
Isolant une phrase de mon roman de morales pluralistes "Tout simplement, des paroles d'hommes", l'individu me soupçonna d'avoir écrit une "apologie des prêtres pédophiles"... J'ai failli en perdre mon légendaire sens de l'humour !
J'ai renoncé à tenter d'expliquer au quidam en question que cette unique réplique était tirée d'un témoignage fait par un ami homosexuel quant à son éducation... Et me suis infligé 60 Pater et 80 Ave pour avoir commis un pécher d'intention ; autrement dit, j'ai ignoré la remarque malveillante de l'olibrius et n'ai pas changé la phrase "blâmable" !
Le commentaire incriminant a disparu et je continue à mettre dans les bouches de mes personnages des dialogues qui cadrent avec leurs personnalités...
Cordialement et avec humour.
Philippe.

Publié le 21 Juillet 2018

Un article bienvenu, car la bien-pensance se manifeste de manière de plus en plus visible depuis au moins deux décennies. Elle est évidente dans l’information. Plus personne n’est dupe : les médias sont alignés sur le politiquement correct, les manuels scolaires font un tri de l’Histoire inquiétant, certaines associations de défense de minorités exercent une forme de dictature, les mots qui devraient qualifier des situations, des faits, des actes, sont travestis.
Que des lecteurs bien pensants pour une pensée orthodoxe gagnent du terrain au point de pouvoir s'imposer dans les Maisons d’édition est inquiétant. La révision des classiques, des livres de jeunesse, et pire leur interdiction, serait catastrophique.
Oui, la bien-pensance est bien l’ennemie de la création. La littérature ne peut naître dans la contrainte ou la censure. Il conviendra d’être vigilants.
Merci pour cet article qui interpelle.

Publié le 18 Juillet 2018