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Le 31 aoû 2018

Auto-édition, êtes vous un produit ou êtes vous une marque ?

La différence entre un livre et un auteur ? c’est la différence entre un produit et une marque. D'un côté le plaisir éphémère d'une rencontre, de l'autre la construction d'un couple solide. Mais il n'y a là aucun regard moral, et l'on peut préferer l'un ou l'autre !
Amélie Nothomb, le cirque a ses vertus : C'est une marque.Amélie Nothomb, le cirque a ses vertus : C'est une marque.

Cela vous choque, et bien tant mieux. Trop d’auteurs se focalisent sur une promotion immédiate de leur livre. Sans travailler le fond : leur signature.

Etre auteur, c'est promouvoir une identité d’auteur, un univers littéraire, un genre de prédilection

Une identité d'auteur, c'est un signe de reconnaissance, une garantie, la certitude de retrouver des repères et donc un plaisir. Chaque auteur doit la rendre cohérente, c'est sa marque à long terme, sa griffe. C’est la raison pour laquelle on reviendra vers lui, au lieu d’y tomber par hasard. Regardez Amélie Nothomb : le cirque a quelques vertus, Katherin Pancol et sa story, Marc Levy et ses apparitions (presque) intellectuelles.

S'identifier comme auteur, c'est d'abord se dissocier

Vous êtes un autre quand vous êtes auteur, votre vie se dédouble et vos réseaux doivent probablement se dissocier de votre vie professionnelle ou amicale.
Créer une cohérence sur votre activité littéraire est essentiel. C’est de la conquête pure de lecteurs (et peut être d’éditeurs) et non pas une auto-congratulations entre amis qui rassure.
Exposez vous : dites vos goûts littéraires, racontez votre vie d’écrivain : peines et plaisirs, partagez vos techniques si vous en avez, racontez vos histoires personnelles, mettez vous en danger. C'est une scène.

Les auto-édités sont une confrérie, aidez à faire vivre les auteurs, pas seulement les livres :

Exemple de Courrier caricatural :

Question auteur : pourquoi je ne suis pas (assez lu) sur mBS. Quoiqu’il en soit moi je n’ai pas le temps de lire !
Réponse mBS : CQFD

Pourquoi un livre (fût-il même à succès ?) ne fait pas un auteur ?

Rappellez vous, (pour les plus jeunes), les carrières des grands de la musique et de la chanson : David Bowie, Jimmi Hendrix, Lou Reed, Led Zeppelin, les Beatles et en France Charles Trenet, Claude Francois, jean Ferrat, Indochine...
Qu’ils sortent un album plus faible n’était pas la question, c’etait la constitution de leur œuvre qui importait, aux yeux du public et non pas le produit de l’instant.
On appelait même cela des albums concepts !
Une idée par album, plusieurs albums pour une oeuvre.

Cela est en voie de disparition, et la disparition de l’industrie du CD a accéleré le phénomène du produit. 
A leur place : des hits éphémères, essaiment sur les ondes et deezer. Ils émergent en forme de sinusoïdales quelques semaines pour disparaître aussitôt dans le néant. 
Seules quelques grandes locomotives du spectacle : une quinzaine mènent la danse comme Rihanna, Britney Spears, jennifer lopez, Lady gaga...je vous laisse énumérer les autres.

Quelques grands (tout est relatif).

Pour les livres, c’est le même phénomène de concentration et de dissolution :

Musso, Levy, Fred Vargas, Nothomb, mais aussi les étrangers Stephen King, Mary Higgins Clark ou Paula Hawkins Elena Ferrante …constituent le coeur atomique du marché. Les 50 premiers auteurs font près de 60 % des ventes de la profession. La plupart sont des personnages, vous noterez.

Les Etoiles filantes sont les livres, les stars sont les auteurs.

 

10 CommentairesAjouter un commentaire

Le sujet de réflexion que j'extrais, pour ma part, de tous ceux que suggère cet article – y compris ceux évoqués par les commentateurs (merci à eux) : c'est vrai, une "image de marque" bien identifiée aide un auteur à faire carrière. Se refuser à proposer une œuvre cohérente constitue même un défaut rédhibitoire aux yeux d'un éditeur. Mais est-il si important de faire carrière et de se vendre ? Écrire doit rester un plaisir en soi. Et le plaisir peut consister à explorer des genres et des styles très différents, sans se soucier de cohérence. En un mot : faites comme vous le sentez ! En revanche, songez à construire une œuvre, fût-elle très diversifiée. Il est essentiel de dépasser le stade du ou des premiers ouvrages et d'exprimer tout ce qui vous habite. En autoédition, où la renommée vient rarement du premier coup, peut-être faudrait-il s'en préoccuper avant même de vouloir partir à la conquête du succès…

Publié le 03 Octobre 2018

@Letellier Patrick
Bonjour
En réalité je faisais référence à une encyclopédie qui se vendait par démarchage a domicile et que l’on payait en mensualité. Il s’agissait si mes souvenirs sont bons de l’encyclopédie Grolier ou équivalent. Le mot clergé est utilisé a un sens figuré. Le prix Goncourt a été créé pour contester l’Académie française, car elle était complaisante avec les ecclésiastiques et les généraux. Le Goncourt fut lui-même contesté par le Femina car il ne contenait que peu de femmes. Le Femina quelques décennies après ne comporte aucun homme. Le pris de Flore fut créée par des jeunes, mais qui refusent le renouvellent du jury. Au final des institutions littéraires cacochymes.
Voltaire acquit une fortune par des magouilles sur les fournitures militaires entre autres.
Voici une ces citations : "Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne" . Ahurissant n’est-ce pas. ?
Toutefois c’est le même homme qui défendit le chevalier de la Barre et l’honneur de Calas.
N’idéalisait pas trop ce brave peuple, s’il est capable de bonnes choses il peut de même faire des choses abominables . Comme Voltaire du reste. Que ce soit en littérature ou ailleurs essayons surtout de ne pas être des béni-oui-oui.
abdesselam Bougedrawi

Publié le 10 Septembre 2018

@Boris Phillips Excellent, rien à redire. @abdesselam bougedrawi L'Académie française, le clergé? Que non, c'est l'inverse. Elle a été inventée pour censurer les livres scolaires et autres. Dans le même contexte, l'encyclopédie est aussi un vaste mensonge historique. Elle a été falsifièe sous la direction de Diderot et D'Alembert, par ceux qui ont ensanglanté la France pour la piller. L'un des auteurs, je ne sais plus qui, un ancien officier de l'armée, pleurait en écrivant les mensonges dictés. Amicalement.

Publié le 09 Septembre 2018

@lamish, @Letellier Patrick, @Antoine Loiseul, @abdesselam bougedrawi, et toutes celles et ceux qui liront...
Fallait-il que j'apporte ma contribution, autant dire mon "grain de sel", à cette communication ? Au moment où j'écris, la question n'est toujours pas résolue en mon cerveau lent... Est-ce un nœud gordien qu'il faudrait trancher d'un glaive rageur et définitif ? une simple querelle scolastique ? Ah ! Que mon clavier n'ait nulle crainte, il ne me trahira point !
Avoir un style, une patte, un mordant, une plume. Tout cela semble d'une telle évidence qu'il n'y a pas à y revenir ! Se proclamer "polygraphe" induit une nouvelle problématique : comment conserver les prérequis en navigant dans différents styles littéraires ? Il est aisé de glisser - suivant l'appréciation des lectrices et lecteurs - d'auteur dissertant d'un problème de société à amuseur public ; de "persifleur érudit" à "sinistre pion" ; d'écrivain soucieux du détail historique à "donneur de leçon"... Ces qualificatifs - tant flatteurs que blessants - ne devraient pas nous détourner de notre but principal : s'affirmer comme étant une individualité dans l'écriture marquée par l'emploi de certains mots, de certaines tournures de phrases ; autant dire par une sémantique que par une sémiotique propres à chacun ; c'est effectivement une "marque" ; c'est aussi un labeur long et fastidieux.
Reconnaissance ou pas ? Imiter - sans grand talent - ceux qui "ont réussi"... Jouer des réseaux sociaux afin d'atteindre le fameux buzz... Camoufler une basse opération commerciale derrière un pseudo témoignage destiné à "faire chialer dans les chaumières"... Ou... Ou quoi ? Balancer ses tripes dans des fictions respirant le réel vécu ; témoigner d'une foi au détour d'une nouvelle ; raconter ceux que l'on a rencontrés... En gardant le loisir de présenter toutes ces émotions dans le plaisir qui est le nôtre : l'écriture.
Quant à "devenir un produit", j'ai un peu de mal à en admettre la possibilité... Si un jour, il m'arrivait d'entendre dans la rue un quidam proclamer - que la Divine Providence fasse que cette Aube Glorieuse advienne - "J'ai acheté le dernier Boris Phillips" sur le même ton qu'il aurait pu affirmer "J'ai lu tout Amélie Nothomb" ; je me sentirais floué dans mon identité d'auteur. Et puis surtout, vexé : n'ayant guère de goût pour l'ésotérisme verbal des dialogues socratiques ; je préfère - tel le bon Saint Eloi - être toujours vivant.
J'ai lu, plus haut, qu'il était question de Mozart dans son éternité. Quoi Mozart ? Pourquoi Mozart ? Comment cela, Mozart ? Je vais me permettre un bémol : tout dépend du chef d'orchestre ! Soit, je ne suis pas doué de l'oreille absolue ; seulement, Wolfgang Amadeus dirigé par Karajan aura toujours pour moi l'insoutenable légèreté d'une division blindée se ruant dans la forêt des Ardennes avec préparation d'artillerie lourde... Il en est de même de nos partitions : à nous d'être et de rester le maestro qui saura donner la note et le tempo donnant l'envie d'être lu !
En espérant n'être pas trop sorti du sujet.
Amicalement et avec humour.
Philippe.

Publié le 09 Septembre 2018

Merci pour vos articles. Toutefois j’ai quelques remarques. La distinction entre livre et auteur n’est pas tours opportune. En outre on ne peut comparer les époques.
Les années cinquante, meurtrissures de la guerre et reconstruction sociale. Les années soixante continuations de la reconstruction d’une novelle société, grandes causes Vietnam. Les années soixante-dix, perte de la morale chrétienne. Je schématise.
Les raisons pour lesquelles une œuvre connait un succès phénoménal et assez particulier et dépend des époques.
La chanson sombre démanche marqua la société de 1933, mais retomba dans l’oubli. Lili Marlene est toujours là. On ne peut expliquer cela par la seule beauté de la l’œuvre. Les Beatles connaissent un succès depuis des décennies parce que leurs chansons sont des chefs d’œuvre : yesterday, Penny lane , For no One, Eleonar rygby, et tant d’autres. Mais on ne leur pardonnait certainement pas leur navet dans les années soixante. On faisait l’impasse.
Mais même phénomène avec Mozart. ses symphonies ne sont pas forcement des chefs d’œuvre, mais sa musique de chambre ces concertos pour piano, ses opéras sont des œuvres éternelles. Dans les années soixante et par réaction on a construit un groupe de façon artificielle, les Monkees avec leur chanson Im beliver. Toutefois cette chanson rencontra un succès qui dure encore, car elle est très belle. Le produit devient une marque. Les moddy blues, les procol Harum n’ont conne le succès que grâce a une unique chanson. Ce sucées de ne leur permit pas de placer leur autre tubes. Nous étions à l’époque très attentifs à la qualité artistique.
Un phénomène de mimétisme peut aussi expliquer le succès de certaine œuvre. Dans les années soixante il y avait le phénomène des bibliothèques en bois et de couleur marron que tout foyer dans le coup se devait de posséder. On y mettait des livres classique ‘ Tolstoï, dostoievski), mais que l’on ne lisait pas !!.
Concernant les livres dits d’auteurs ‘(Flaubert Stendhal, etc.., ne sont ils pas eux-mêmes maintenus en vie par une institution quasi ecclésiastique : Académie française (clergé), béatification par des prix, armées de curées que sont les professeurs de lycées, prosélytismes ( font partie des programmes scolaires obligatoirement). Autrement qui Lirait Thérèse desqueyroux. Les auteurs que vous citez Mussot levy et les autres ne sont que les descendants de Guy Descars et les collatéraux de Dallas et dynastie. Leur succès est à juger sur le long terme. Comme toute chose. J’ai essayé de lire Levy dais qu’il a commencé a décrire le contenue du frigidaire pamplemousse compris j’ai arrêté. Mais je reste indulgent envers ces écrits et ceux qui le lisent. Il y quelques décennies a la sortie de Rocky un critique marocain eut ce commentaire. « Film médiocre pour spectateurs médiocres ».
Quelques autres décennies plus tard, ce film « médiocre » est toujours là. J’ai apprécié Rocky a l’époque et je l’apprécie encore. En sera-t-il de même avec les livres de Mussot et les autres. A autres à titre personnel je ne le crois. Mais qui sait. Levy joue a l’intellectuel, mais Tahar Benjelloun également.
Il serait intéressant maintenant que l’on a du recul d’évaluer un autre phénomène de succès littéraire : les livres écrit par les stars de la télévisons : Teulé, Laborde, etc.
le sujet que vous évoquez et dépasse le cadre de la dualité marque/ produit. Un produit peut très bien se révéler être une bonne marque et à l’inverse une produit classé marque par la seule force e la persuasion dogmatique.
Ce que je reproche a ces auteurs c’est de fixer l’écriture a un style éculé et leur succès d’empêche l’innovation. Il est temps d’oublier les Musset et les Mussot (jeu de mots exécrable) et de réinventer l’écriture.
L’auto-édition est un phénomène récent avec cet espoir pour les autoédités de connaitre du succès même éphémère. Peu importe le vin pourvu qu'on ait l'ivresse. Et c’est a mon sens une démarche humaine compréhensible. Toutefois le risque majeure qui menace l’auto-édition et qu’elle ressemble aux réseaux sociaux, c’est-à-dire un spectacle pas toujours réjouissant ni du reste glorieux.

Publié le 05 Septembre 2018

Publié le 05 Septembre 2018

@lamish Quand j'ai demandé à Create space de supprimer mon compte (c'est fait), et sans explication, que je ne voulais plus avoir à faire avec amazon, l'un de ses membres m'a répondu: "je comprends". Significatif! Je me fou complétement de ne plus exister sur amazon ou ailleurs. Je n'ai pas d'égo. Oui, Create Space transfert les livres imprimés sur amazon, c'est la même boite, les librairies aussi.

Publié le 04 Septembre 2018

@Letellier Patrick, oui, pas de doute, votre style "coup de gueule" est également reconnaissable entre mille :) ! mais il est aussi riche en expériences, ce qui fait ce que vous êtes et que vous faites passer dans vos écrits. Ce ne sont pas des coups de gueule gratuits, sans jeu de mot ;). Je crois que de gros chamboulements s'opèrent, sur Amazon. Je n'ai pas encore eu le temps de voir en quoi ils consistent. Une histoire de fusion entre Createspace et Kindle... Amitiés. @Antoine Loiseul, vos interventions sont rares mais appréciées, car très pertinentes. Beaucoup trop d'auteurs sont effectivement imbuvables, tant ils ont le melon. Leur incapacité à l'empathie fait fuir leur lectorat, ce qui aggrave leur frustration de ne pas se voir édités... En agissant ainsi, ils initient leur propre sabotage, mais sont bien incapables d'en prendre conscience, tant leur raisonnement tourne à sens unique et autour de leur seule personne. Bonne journée. Amicalement. Michèle.

Publié le 04 Septembre 2018

C'est le temps d'une construction patiente qui importe. Les assaults d'auteurs égo-centrés qui ont le melon font plutôt fuir les lecteurs. Mettez vous à leur place.

Publié le 04 Septembre 2018

J'approuve ces commentaires aussi. Mais, pas facile d'être reconnu sans battage publicitaire. Pour exemple, amazon ne met en avant que les auteurs édités, qui oui sont des produits. Ils travaillent en famille et pourquoi pas? @lamish Je pense que j'ai mon style. Il est dur, incisif, rapide. Il choque. C'est le but, à mon image dans la vie. Ce n'est peut-être pas le meilleur, mais c'est le mien. Je ne suis pas professionnel. Je me vois mal m'exposer dans les supermarchés ou dans les bibliothèques municipales. J'ai pris plaisir à écrire pendant des années. Être reconnu n'était pas mon but. Et j'ai rencontré MBS des lustres après. Ensuite, je me suis pris à tord au jeu en tombant dans le bourbier amazon. J'ai "Les bateaux en bouteilles faciles pour les enfants", que j'améliore sans cesse au fil de mes trouvailles, dans mon tiroir. J'ai du mal à le sortir.

Publié le 03 Septembre 2018

D'accord à 100%. La hâte de certains auteurs de se voir éditer les pousse à changer de style, copier les quelques écrits à la mode, se démarquer pour tenter de faire le buzz, remettre "des couches", dans une surenchère ridicule. J'ai été appelée à faire cette remarque en privé à certains d'entre eux. Paradoxalement doués, ils n'arrivent pas à figer un style dans lequel ils se sentiraient bien, et surtout, eux-mêmes. A contrario, lorsque je relis l'œuvre de notre ami @BOSSY, comme c'est le cas en ce moment, je me délecte de le retrouver dans chacun de ses bouquins qui me parlent un peu de lui. Il a beau répéter qu'il n'est pas écrivain, moi je reconnaitrais sa patte entre mille ;) Bonne journée à tous. Amicalement. Michèle

Publié le 01 Septembre 2018