LA MERE BUISSONNIERE

237 pages de Martine THORRE-GACHET
LA MERE BUISSONNIERE Martine THORRE-GACHET
Synopsis

Quand les fractures de l'existence font remonter les souvenirs heureux de l'enfance, quand le silence et les mensonges expliquent les manques, les frustrations, la vulnérabilité, quand les anciens enfants prennent la parole et ne refoulent plus leurs larmes, on écoute alors l'histoire de Blanche, l'américaine et d'Emile, le breton.

Publié le 14 Juin 2024

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1 commentaires , 2 notes
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3
J'ai beaucoup aimé la voix de Blanche, dès le cimetière de Bénodet, le bagad et « Amazing Grace » au-dessus des tombes : en une page vous posez une femme entière, sa carapace et la faille dessous, sans jamais appuyer. Et tout le roman tient cette promesse. Nolée et son lait, ses poules, ses réflexions marmonnées qu'on n'est « pas censé entendre », font un contrepoint très juste à Madeleine, la mère parfumée au 5 qui repart au bout de deux jours. Le titre se comprend lentement, et c'est tout son prix : la buissonnière, c'est elle, celle qui fait l'école buissonnière de sa propre maternité. J'ai aimé l'alternance avec Emile. Le faire entrer par le cabinet du psy, le laisser se trahir tout seul phrase après phrase, c'est un beau choix : on le déteste un peu, puis on s'attache, exactement comme Blanche. Et la porte qui s'ouvre à Locarno sur « son double »… je ne vous dis rien de plus, mais j'ai posé le manuscrit deux minutes pour respirer. Deux choses, en lectrice. Madeleine reste un bloc : même dans sa confession, pas un remords, et par moments j'aurais voulu une fêlure minuscule qui la rende un peu plus qu'une coupable, parce qu'un monstre intégral émeut moins qu'une femme qu'on n'arrive pas tout à fait à condamner. Et Jules Valmont, que j'aime beaucoup comme personnage, formule parfois tout haut ce que vos scènes montraient déjà très bien seules ; quand il nomme le diagnostic, le roman perd un peu de la pudeur qui fait sa force ailleurs. La fin, en revanche, est parfaite de retenue : Blanche qui tend un trousseau de clés au lieu d'un discours, c'est tout dit. Une chose, pour finir : les gants blancs d'Emile enfant, ceux qu'on lui mettait pour lui garder « sa peau de petit prince », ont résonné de façon troublante avec un roman que je viens d'achever, qui s'appelle justement Les gants blancs. On y tourne autour de la même question que la vôtre : comment aimer, quand on a appris qu'aimer, c'est risquer d'être effacé une fois de plus. Si l'envie vous venait d'y jeter un œil, j'aimerais beaucoup votre regard dessus.
Publié le 30 Juin 2026

Belle ambiance, écriture limpide et agréable, personnages attachants...
On a hâte de connaître la fin !

Publié le 22 Janvier 2025
2.01
Vous êtes une faiseuse d’histoires. Vous avez l’art de créer des destinées assez inattendues. Je me rappelle votre Gaucher et l’Inattendue. Quel talent d’imagination. Et de conteuse. J’ai ouvert votre nouveau livre, curieuse. Et n’ai pu le lâcher. Il y a vos personnages, leur personnalité, leurs à côtés, vos dialogues toujours justes, et il y a le scoop, pierre angulaire de votre récit qui tombe venu de nulle part. Et c’est assez dingue. Après, je me permets deux commentaires critiques, le découpage elle lui elle lui un peu trop régulier sans doute pour entretenir le suspense ou la flamme, et l’après, l’accumulation des improbables, en avez-vous besoin d’autant pour maintenir notre intérêt ? Moi, la manière dont vous racontiez l’histoire de Blanche et de son passé et de son présent suffisait à ma curiosité !
Publié le 23 Juin 2024