Un amour de trop

36 pages de Jérome Riiv
Un amour de trop Jérome Riiv
Synopsis

Peut-on s’aimer quand tout nous ordonne de nous haïr ?
Soixante-dix ans après, Jean brise enfin le silence face à un jeune visiteur qui possède les traits de son passé. Récit d'une guerre occultée, histoire d'une fraternité entre « le Polack » et « le Rital », unis par une dépendance vitale au milieu du chaos.
Sous le soleil de Kabylie, l'innocence se fracasse contre l'innommable. Au cœur de cette barbarie, Christophe, militant communiste habité par le besoin impérieux de « témoigner », refuse de devenir un monstre. Son acte de résistance le plus pur sera aussi le plus dangereux : aimer Karim, l'ennemi, l'Arabe.
Une nouvelle poignante sur un amour qui a payé le prix du sang, et sur les mots qu'il aura fallu attendre toute une vie pour enfin les prononcer.

Publié le 25 mai 2026

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3 commentaires , 1 notes
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@Valérie Lafougère
Merci infiniment pour ce bel avis, qui touche ce que j’ai tenté de dire avec ce texte.
Ce sont des thèmes difficiles que j’ai tenté de travailler ensemble. Que vous y étiez sensible prouve que j’ai un peu réussi.
Je vais aller voir « Les gants blancs » et vous donnerai mon avis.
Encore merci pour ce cadeau de lecture. Avec toute ma gratitude.

Publié le 27 juin 2026
3
On entre dans cette nouvelle par une porte qu'on n'aurait pas choisie, celle d'un vieillard « sans intérêt », et c'est précisément là que se loge tout l'art du texte : faire surgir l'immense du dérisoire. Le dispositif est d'une justesse rare. En prenant Joachim pour Christophe, Jean ne raconte pas seulement, il s'adresse enfin, soixante-dix ans trop tard, à celui qu'il n'a jamais osé nommer. Le « tu » en devient bouleversant. La montée est maîtrisée. L'Histoire, l'Algérie, les douars, le gamin abattu « comme un lapin », les SAS, ne sert jamais de décor : elle resserre peu à peu l'étau autour de l'intime. Et c'est par la retenue que le récit frappe le plus fort. L'amour qui ne se dit pas, les cartouches jetées pour ne pas trahir, la main prise discrètement dans le camion : tout se joue dans le geste, jamais dans l'aveu. Quand l'horreur finale arrive, elle est insoutenable parce que tout ce qui précède l'a rendue inévitable. J'ai aimé que la tendresse résiste à la barbarie sans jamais verser dans le pathos, et que la dernière phrase, « Il ne reste que ces mots », fasse du lecteur le dépositaire d'un témoignage. On repose ce texte autre que celui qui l'a ouvert. Une lecture qui m'a d'autant plus touchée qu'elle interroge ce que coûte un amour qu'on n'a pas le droit de vivre au grand jour, cette peur de n'avoir compté pour personne, d'être effacé une fois de trop. C'est un fil que j'ai tenté de suivre, autrement, dans Les gants blancs ; si vous y passiez, votre lecture et votre regard me toucheraient.
Publié le 26 juin 2026

@Daniel@
Effectivement, ce n'est pas tout à fait un récit guerrier ! Mais c'est plus qu'un cadre. Si Christophe est là pour témoigner, Le narrateur n'est qu'un conscrit, se demandant, comme beaucoup, ce qu'il est venu faire ici !
J'ai voulu sortir cette guerre de l'occultation où on la maintient. D'où cette histoire d'amour à contre-courant de tout....
Merci de votre passage

Publié le 28 mai 2026

On peut dire que vos personnages ne sont pas des patriotes guerriers téméraires et qu'ils n'incarnent pas vraiment la virilité. Bon en même temps, facile à dire car la guerre reste une boucherie et que la tentation est forte de fuir le combat. Ils sont en recherche d'un peu d'humanité et durant ces temps de guerre, ce n'est pas une mince affaire. Au travers d'une jolie écriture sentimentale, vous vous attardez avec une certaine finesse psychologique sur leurs états d'âmes.

Publié le 28 mai 2026