En juillet 2000, Richard et Blandine s'apprêtent à une dernière traversée sur le Vent d'Est. Blandine, atteinte d'une maladie incurable, a choisi de mourir dignement. Richard l'accompagne, porté par un amour inconditionnel. Leur décision, née d'un désir ancien de liberté, est le fruit d'une profonde réflexion. Malgré l'incompréhension de leurs enfants, ils cherchent une "fuite heureuse". Le roman explore leur combat, leur sérénité face à l'inéluctable, et la force de leurs liens. Après le décès de Blandine, Richard la rejoint, scellant leur destin. Dix ans plus tard, leurs enfants comprennent leur geste : un ultime acte d'amour et de dignité. Leur mémoire perdure : "Blandine et Richard, deux âmes à l'horizon".
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@Marion Borais@
Bonjour Marion,
Un immense merci pour votre message. Ne dites pas que votre commentaire manque de courage ; au contraire, je le trouve d’une grande honnêteté et d’une rare finesse. Vous pointez du doigt exactement le nœud de ma démarche d'écriture.
Le contraste que vous ressentez entre le "témoignage" et la "forme romancée" est tout à fait légitime. Quand on touche à un sujet si poignant, on s'attend parfois à une chronique brute, presque documentaire.
Si j'ai choisi d'habiller cette histoire vécue des codes du roman, c'est précisément pour la raison que vous avez si bien formulée : pour y apporter « cette part d’humanité que seule l’écriture permet vraiment ». Le réel peut parfois paraître si violent, si aride, qu'il fige le lecteur. Le roman, paradoxalement, ne cherche pas à trahir le vrai, mais à le rendre accessible, respirable, et à lui donner une portée universelle. En protégeant certaines réalités par la pudeur de la fiction, j'ai voulu ouvrir une porte pour que chacun puisse s'y projeter et, comme vous l'avez fait, se poser la question : « Et moi, que suis-je prête à vivre dans un tel cas ? »
Le "vrai" n'est pas seulement dans la retranscription littérale des faits, il est aussi dans la vérité des émotions partagées.
Je suis profondément touché que mon récit vous ait interrogée si intimement. C’est le plus beau cadeau qu’un lecteur puisse faire à un auteur.
Au plaisir de continuer à échanger avec vous,
Le sujet est magnifique, poignant. Et interroge, nous interroge. C’est ça pour moi la valeur principale de votre récit, et moi, que suis-je prête à vivre dans un tel cas ? Vous avez choisi une forme très romancée alors que vous l’avez classé en témoignage, en histoire vécue. Ce contraste me trouble. Lui enlève sa valeur principale, le vrai, et lui ajoute une part d’humanité que seule l’écriture permet vraiment. C’est un peu un commentaire "en même temps", donc pas courageux ! mais voilà comme je l’ai ressenti. C’est beau et une fois encore, questionne.
@Daniel@
Merci pour ces mots délicats, déposés comme une lumière.
Vous avez su saisir ce qui animait profondément ce témoignage : cette étrange alchimie qui transforme les instants ordinaires en trésors lorsque le temps se fait plus rare. Les gestes simples, les présences familières, les silences partagés prennent alors une densité nouvelle et nous révèlent la valeur immense de ce qui semblait aller de soi.
Je suis particulièrement touché que vous y ayez perçu non seulement la douleur et l'épreuve, mais aussi cet élan de vie qui tente de leur répondre. Si ces pages ont pu éveiller en vous le désir de vivre plus intensément, d'aimer plus librement ou de regarder autrement les êtres qui vous entourent, alors elles ont trouvé leur raison d'être.
Merci d'avoir offert à ce texte un si beau miroir. Votre commentaire est lui-même un poème qui prolonge son souffle.