Albin Chambord

Biographie

Retraité de l’enseignement, né en France, je vis au Québec depuis plusieurs années. Il y a trois ans, un grave accident de voiture m’a laissé lourdement handicapé et presque sans voix. Après une période d’abattement, j’ai choisi de consacrer mes journées à la lecture et à l’écriture, mes passions de toujours et les seules activités qui me sont encore pleinement accessibles. Je voyage dans mes livres comme dans ceux des autres, je vis mille aventures par le rêve et la pensée. Votre regard bienveillant, vos commentaires et votre fidélité me donnent la force d’avancer. Notez que 50% de mes revenus d'auteur sont versés aux organismes qui viennent en aide aux victimes d'accidents de la circulation. Merci de tout coeur !

Albin Chambord a noté ces livres

3
« Jour avant jour » est un roman qui surprend dès les premières pages par son dispositif narratif : un homme brisé par le deuil et le divorce fait un vœu devant une vieille machine de fête foraine… et se met à remonter le temps, jour après jour, vers le point d’origine de ses fautes. L’idée aurait pu n’être qu’un prétexte fantastique ; ici, elle sert surtout à ausculter la culpabilité, la responsabilité et le poids des choix ordinaires. J’ai beaucoup aimé la voix de Paul, narrateur à la fois lucide et impitoyable envers lui-même. Sa manière d’osciller entre humour désabusé (dans les scènes avec Brad, le meilleur ami) et douleur nue rend le personnage profondément humain. Les chapitres datés, qui nous ramènent peu à peu en arrière, sont très efficaces : on voit se reconstituer pièce par pièce le puzzle familial, la place de Lauren, la petite fille, et le rôle d’Eva, l’artiste qui tente de mettre du beau dans le monde pendant que son mari s’enfonce dans ses obsessions. Certaines scènes restent longtemps en mémoire : le récit de l’accident de train, la découverte du corps de Lauren, la destruction de la toile « sacrifiée » à la place de l’enfant… On sent que l’autrice prend le temps de laisser résonner les émotions sans tomber dans le pathos gratuit. Même les réflexions sur le métier d’artiste et l’héritage d’un père célèbre sont bien intégrées à l’intrigue. À signaler toutefois : le roman prend son temps, avec de longs passages introspectifs ; pour ma part je les ai trouvés justifiés, mais ils demanderont un lecteur prêt à suivre Paul dans les méandres de sa mémoire. Au final, « Jour avant jour » est un beau récit de rédemption, porté par une idée forte et une écriture sensible. Si l’on pouvait vraiment revenir en arrière, serait-on capable de devenir quelqu’un d’autre ?
Publié le 16 Décembre 2025
3
Je dois avouer que j’ai longtemps hésité à lire ce livre : un titre en cinq chiffres, 45344, ne signifiait rien pour moi. Une fois entré dans le récit, on comprend pourtant que ces chiffres sont tout sauf abstraits : c’est le numéro d’un homme à Auschwitz, la trace d’une vie broyée par l’Histoire. Hugues Cayzac construit son roman entre plusieurs temps : le présent d’un vieil homme chez un tatoueur, le passé d’André-Derna, comédien et résistant déporté, et le regard d’un petit-fils qui découvre cette histoire longtemps tue. Ce va-et-vient pose une question forte : à qui appartient la mémoire, qui a le droit de la raconter ? Le style est vif, parfois cru, mêlant ironie, émotion et réflexion. 45344 n’est pas seulement un roman historique, c’est un texte dérangeant et nécessaire sur la transmission et la façon dont un simple numéro peut marquer une famille pour toujours.
Publié le 13 Décembre 2025
3
« Comme un chat dans le placard » est un roman feel-good qui se lit avec le sourire aux lèvres et parfois un petit pincement au cœur. On s’attache très vite à Coco, cette jeune femme drôle, anxieuse, cabossée par la vie, et à sa meilleure amie Alex, tornade généreuse qui la pousse hors de sa zone de confort. Le duo fonctionne à merveille : leurs joutes verbales, leurs petites piques affectueuses et leur complicité donnent au livre un ton très vivant et lumineux. Le décor de la Guadeloupe, le mystérieux Nicolas et le chat Blue apportent une touche dépaysante et presque magique à l’histoire. On oscille entre humour, introspection et émotions plus graves (la peur de l’avion, les accidents passés, la fragilité de la santé, les liens familiaux), mais toujours avec bienveillance. C’est un texte qui parle de résilience, d’amitié et de confiance en la vie sans jamais se prendre trop au sérieux. Une lecture parfaite pour s’évader, voyager et se rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour ouvrir la porte… et laisser entrer le chat, l’amour et les surprises.
Publié le 09 Décembre 2025
3
Une fresque historique puissante et profondément humaine La colère d’Arshile est un roman ample et maîtrisé, qui réussit le pari de mêler la grande Histoire et les drames intimes avec une rare intensité. En suivant plusieurs générations marquées par les violences du XXᵉ siècle, du génocide arménien à la guerre d’Algérie, le livre donne chair à des destins inoubliables : Asmik, survivante lucide et courageuse, son fils Pierre/Arshile, jeune homme idéaliste pris dans l’étau de la conscription, Diane, brillante et mystérieuse, ou encore Claire, figure bouleversante rongée par ses fragilités. Chaque personnage est finement construit, avec ses contradictions, ses failles et ses élans, ce qui rend la lecture profondément immersive. L’originalité du roman tient aussi à son tissage très subtil entre réalité historique et mythologie : les échos de l’Iliade, les références à Achille, Callisto et aux dieux grecs viennent éclairer les choix des protagonistes, comme si les passions antiques se rejouaient dans la France et l’Algérie des années 1950. L’écriture, riche et précise, sait aussi bien rendre la brutalité des conflits que la beauté d’un paysage, la tension d’une scène intime ou la grâce d’un moment suspendu. On sent un immense travail de documentation, mais toujours mis au service du récit et des émotions, jamais de manière pesante. Au final, La colère d’Arshile est un roman dense, érudit et pourtant très vivant, qui parle de transmission, d’exil, de courage et de liberté avec une grande sensibilité. C’est un livre qui marque, autant par son souffle romanesque que par la profondeur de ses personnages, et qui reste longtemps en mémoire une fois la dernière page tournée.
Publié le 08 Décembre 2025
3
Un roman psychologique d’une franchise bouleversante Passion et flétrissures est un roman qui impressionne par sa sincérité et sa profondeur. Dès les premières pages, le narrateur nous plonge au cœur de son intimité, de ses complexes d’adolescent à ses tourments amoureux, avec une honnêteté rare. Les questions de désir, de culpabilité, de regard des autres et d’héritage familial (notamment le poids d’un père pasteur et d’une éducation très marquée par la morale) sont abordées sans fard, mais toujours avec sensibilité et intelligence. On a le sentiment d’écouter une longue confession, à la fois lucide, touchante et parfois cruellement drôle, tant l’auteur n’hésite pas à se montrer sous un jour vulnérable. La force du roman tient aussi à la richesse de ses décors et de ses atmosphères : les Cévennes, Marseille, la Drôme, l’Écosse… chaque lieu est finement rendu, comme autant d’étapes intérieures dans le parcours du narrateur. Les scènes de jeunesse, de voyages, de découvertes amoureuses et de rencontres marquantes sont décrites avec un grand sens du détail, ce qui donne au livre une dimension très vivante, presque cinématographique. Passion et flétrissures est au final un texte dense, habité, qui parle de la difficulté d’aimer et de s’aimer soi-même, et qui laisse une véritable empreinte une fois la dernière page tournée. Un très beau roman pour qui aime les explorations psychologiques sans concession.
Publié le 08 Décembre 2025

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