L'été est une saison douce (parfois). Les cigales chantent. Les glaces fondent. Les auteurs prennent enfin le temps d'écrire.
Et, sans qu'on sache vraiment pourquoi, les clichés littéraires reviennent chaque année, bronzés, gonflés à bloc, certains qu'ils vont tromper le lecteur
>> Le coucher de soleil qui résout absolument tout
Ils se regardent. Le soleil descend lentement sur l'horizon. Le ciel est orange, rose, puis violet.
Et soudain…quand elle lui effleure la main, Ils comprennent enfin le sens de leur existence.
Dans la vraie vie, l’un d’eux dit : « On rentre ? Je me fais dévorer par les moustiques. »
>> La plage déserte
Étrangement, les héros trouvent toujours une plage secrète. Personne. Pas un parasol. Pas un enfant qui enterre son père dans le sable.
Pas une enceinte Bluetooth. Juste eux. Et l'amour.
Soyons honnête, dans la vraie vie, cette plage est déserte, on le sait, parce que c’est là qu’on y traite les eaux usées.
>> Le mystérieux inconnu
Il arrive. Lunettes de soleil. Chemise en lin. Quelques cheveux en bataille.
Il parle peu. Très peu. Son charme opère. Parce que manifestement, le silence est plus séduisant : il n'a même pas besoin de parler.
Dans la vraie vie, son silence est plutôt angoissant, il a une drôle de tête et son imperméable faseyant fait craindre le pire.
>> L'orage le plus ponctuel du monde
Les météorologues devraient étudier les romans. Les orages y arrivent toujours à la seconde près.
Jamais pendant une sieste.
Toujours au moment où quelqu'un va avouer son amour, révéler un secret, ou découvrir une lettre vieille de cinquante ans.
Soyons honnête. Dans la vraie vie, l’orage éclate lorsqu’on a oublié son K-way et que l’on court dans la forêt en tennis dans la boue.
>> Le carnet miraculeusement retrouvé
Dans un grenier. Sous une latte du parquet. Dans une vieille valise.
On l'ouvre. Et, incroyable…Il contient les informations les plus folles : une arrière-grand-tante qui faisait de la magie noire, un ancêtre noir qui a amassé une colossale fortune au Togo.
Dans la vraie vie (mais on trouve ça bien quand même), c’est plutôt une recette de clafoutis, ou les comptes de 1987 de Tante Véronique.
>> Le baiser sous la pluie
Celui-là ne prendra jamais sa retraite. Il pleut. Ils sont trempés. Elle ferme les yeux. Ils s'embrassent pendant une page.
Dans la vraie vie : il embrasse mal, et on est à deux doigts d’attraper la crève.
La fiction est un endroit merveilleux.
» Ce que les écrivains peuvent attendre du cinéma