Victor Ferguson, milliardaire, est abordé par une jeune femme montant une vétuste vespa. Bien qu’elle l’ait traité d’abruti et de poltron, il délaisse un rendez-vous important pour échanger une conversation hallucinante avec elle.
Lorsqu’il lui tend sa main pour lui dire au revoir, cette jeune femme l’enlace en lui déclarant qu’elle l’aimait depuis toujours. Il est surpris de constater que, pareillement, il l’aime, mais il n’est pas encore prêt. La jeune femme disparaît.
Pour quelles raisons cette jeune femme aime Victor alors qu’elle ne l’avait jamais rencontré auparavant ? Pourquoi, pareillement, Victor l’aime alors qu’il ne la connaissait pas ?
Une romance courte, une histoire imprévisible qui, je l’espère, vous plaira.
Ce livre est noté par
@Michel Laurent
En réponse à votre faconde, je serai bref. "Espèce d'abruti" s'adresse à celui qui se sent concerné. Félicitations !
Je dois reconnaître une qualité peu commune à "Espèce d'abruti" : le roman annonce très tôt la couleur. Dès le premier paragraphe apparaît un « antre antique », alliance audacieuse où l'adjectif, après avoir consciencieusement accompli son travail de précision, se voit aussitôt prié d'enfoncer une porte déjà grande ouverte. On sent la volonté d'élever le vocabulaire au-dessus du simple sens, jusqu'à une forme de redondance contemplative.
Puis vient une « vespa vétuste ». Là encore, l'écrivain ose. Pourquoi se contenter d'une vieille Vespa quand on peut offrir au lecteur le plaisir discret d'une consonne répétée avec une obstination presque musicale ? Les grands stylistes avaient leurs leitmotive ; celui-ci semble avoir choisi les allitérations involontaires. Peut-être rencontre-t-on un peu plus loin une villa verdoyante, un vautour végan, un volcan véhément voire un vétérinaire velu vêtu de velours violet.
Quant au titre, Espèce d'abruti, il ouvre des perspectives intellectuelles insoupçonnées. Le terme « espèce » est-il employé au sens linnéen ? Anthropologique ? Métaphysique ? Désigne-t-il un rameau particulier de l'humanité ou une sous-famille littéraire encore mal étudiée ? Je n'ai malheureusement pas poussé l'enquête au-delà des premières lignes. Non par manque de curiosité, mais parce qu'il est des chefs-d'œuvre qui livrent immédiatement leur essence, épargnant au lecteur l'effort superflu de plusieurs dizaines de pages.