Mettre un point final à son livre : un soulagement ou une souffranceÉcrire un livre est un chemin long, intime et exigeant. Au fil des pages, l’auteur construit un univers, façonne des personnages, développe une réflexion et tisse peu à peu une relation particulière avec son texte. Le manuscrit devient alors bien plus qu’un simple ensemble de mots : il représente des heures de travail, des émotions, des doutes et une part de soi. Pourtant, toute écriture suppose un jour de mettre un point final. Mettre le mot « fin » ne signifie pas seulement terminer un récit : c’est accepter qu’une histoire cesse d’être en devenir pour devenir une œuvre achevée.
Mettre le mot « fin » : l’ultime étape de l’écriture d’un livre
La difficulté de terminer un livre réside souvent dans le fait que l’auteur pourrait toujours continuer à modifier son texte, ce processus est sans fin car il n'y a objectivement aucune raison que notre exigence absolue soit un jour satisfaite. Une phrase peut être améliorée, un chapitre réécrit, un personnage approfondi. Cette recherche permanente de la perfection peut rendre la conclusion particulièrement difficile. Pourtant, terminer un manuscrit est une étape essentielle du processus d’écriture. Le mot « fin » marque une décision : celle de considérer que le livre a désormais sa propre existence. Il ne s’agit pas nécessairement d’affirmer que le texte est parfait, mais de reconnaître qu’il est suffisamment abouti pour quitter l’espace intime de la création et entrer dans celui de la lecture.
Le deuil du livre, c'est aussi le deuil de l'écriture : il faut apprendre à laisser partir son manuscrit
Après la dernière correction vient une autre étape, plus silencieuse : le deuil du livre. L’auteur doit progressivement accepter de se séparer de ce texte auquel il a consacré tant de temps et d’énergie. Et là, au-delà de l'"impossibilité" de le reprendre se dresse le risque du jugement des autres. Et s'y soumettre, c'est exposer son talent, ses efforts, son travail aux aléas d'un verdict instantané de touristes béotiens.
Car oui, le manuscrit n’est plus seulement son projet personnel ; il peut être soumis à un éditeur, confié à des lecteurs, publié et interprété par d’autres. Cette perte de contrôle est déstabilisante. Comme dans tout processus de création, il faut apprendre à laisser partir ce que l’on a construit. Faire le deuil de son livre ne signifie pas l’abandonner, mais accepter qu’il vive désormais en dehors de soi, avec ses qualités, ses imperfections et surtout les regards que les lecteurs porteront sur lui.
Après le mot « fin », une nouvelle histoire commence
Mettre le mot « fin » constitue finalement moins une clôture qu’un passage. Pour l’auteur, le livre terminé ouvre la porte à une nouvelle aventure : celle de la relecture, de l’édition, de la publication et de la rencontre avec les lecteurs. Le deuil du livre n'est donc pas une fin mais une étape naturelle de la création littéraire. Il permet de prendre de la distance avec son œuvre et de retrouver progressivement l’envie d’écrire.
Car lorsqu’un auteur accepte enfin de poser le dernier mot, il ne cesse pas de créer : il libère simplement une histoire pour qu’elle puisse devenir un livre. Il lfait aussi place nette pour ses prochains textes et ses prochains récits.
Christophe lucius
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Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
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@LA NUIT LES ETOILES... Des comiques spirituels comme vous nous en avons eu des dizaines depuis 10 ans. On les ressent comme des moustiques pas très agréables, mais pas dangereux. Transformez votre énergie en conseils ou projets d'articles , ce serait plus positif pour la communauté. Essayez d'être drôle, vous qui par nature profonde, êtes si spirituel.,ça nous manque par les temps qui courent...
@Dylan.
Cher ami, l'auteur du texte que vous avez apprécié est absent pour quelques jours, une sorte de retraite ou d'ermitage dans la Montagne Noire. Façon Tesson dans sa cabane de Sibérie, avec alcool, cigares, livres, mais la glace et le talent en moins en moins, selon sa blague. Il n'a pas internet et me prie de vous remercier.
J'ai trouvé cette tribune très intéressante, @Christophe lucius, en ce sens qu'elle analyse très bien une question à laquelle je n'avais jamais réfléchi : « pourquoi mettre le mot fin est une étape essentielle dans l'écriture d'un livre ».
Sans doute parce que la suite fait partie du processus normal, pour un auteur : préparer la publication, qui sera à la fois l'abandon de son manuscrit, le plaisir d'avoir entre ses mains l'aboutissement matérialisé de son travail, et l'attente de retours de lecteurs pour sa version numérique sur la plate-forme communautaire.
Je n'aurais par contre jamais imaginé utiliser le mot « deuil » après la fin de l'écriture et l'envoi ou la publication d'un manuscrit, dans la mesure ou ce mot est associé à celui de « douleur ». La fin de l'écriture d'un livre auquel on a consacré beaucoup de temps ouvre plutôt la voie à la satisfaction, au plaisir de la publication ou de l'édition.
Je suis tout à fait d'accord pour le concept qu'après le mot « fin », l'auteur commence une autre histoire. Que vous définissez très bien : celle de la relecture, de l’édition, de la publication et de la rencontre avec les lecteurs… une étape naturelle de la création littéraire.
Comme nous sommes dans une communauté d'auteurs (d'écrivains pour certains), je pense devoir évoquer un sentiment différent de celui de la philosophie de cette tribune, associée au « deuil », celui vécu par l'auteur débutant — vécu comme probablement beaucoup d'autres — : le mot « fin » de mon premier manuscrit écrit avec l'intention de le publier a, au contraire, généré de l'empressement : celui de le croire abouti (ce qui était pourtant loin d'être le cas), celui de le publier (une grande première) et d'avoir des retours de lecteurs. C'est alors que s'est manifestée la fâcheuse tendance à revisiter ce qui était censé être terminé pour, comme l'a exprimé @Michel Laurent : corriger une phrase, déplacer une virgule, reprendre un chapitre…
Michel Laurent a cité le peintre Bonnard, mais un écrivain bien connu a eu beaucoup de mal à lâcher ses manuscrits pour les publier : Antoine de Saint-Exupéry. Il aura fallu la nécessité pécuniaire pour le contraindre à les remettre à son éditeur.
Merci pour ce partage qui parle avec beaucoup de réalisme aux auteurs de la communauté mBS.
Merci aussi aux auteurs qui se sont exprimés. La diversité des commentaires prouve à quel point le sujet est intéressant.
MC
@Éric Volta
Ce que vous écrivez me parle. La création est un acte étrange.
Chaque soir, avant de m’endormir, j’essaye de deviner la suite de mon histoire. Rien, impossible, je crains pour le lendemain. J’espère juste que le retournement, car un roman n’est qu’une suite de retournements, soit étonnant tout en restant crédible. Toute démarche artistique est dans le paradoxe et ses limites.
Je me lève au milieu de la nuit et me mets au clavier, avec impatience et fébrilité. Etrangement, l’histoire coule de source, avec une logique et une fluidité étonnante. Je crains juste que le fil ne se casse, mais la nuit est un domaine magique, celui de tous les possibles...
Durant une heure ou deux, je tape avec une vitesse de dactylo. Une sorte de zombie traversé par un mystérieux écrivain, fiévreux, halluciné, qui se sert de mes doigts...
Au petit jour, comme la chèvre de Monsieur Seguin, je rends les armes. Le charme a cessé d'opérer. J'ai écrit un chapitre ou deux.
J’ai cherché partout ce foutu écrivain : Une mémoire familiale, ancestrale, collective ?
N'est-il que le produit de mes contradictions, de mes amours magnifiques ou déçues, de mes espoirs ?
La nuit, notre cerveau, notre imagination vit sa propre vie, et produit des histoires insensées, terrifiantes ou joyeuses, qu'il faut cueillir comme les fleurs de safran avant que la lumière du jour ne les ternisse...
@Christophe lucius
Merci pour cet article très intéressant. Mais ma vision diffère dans le sens où j'ai du mal à terminer mes histoires parce que je voudrais en commencer une autre. Non pas que celle qui est en cours m'ennuie mais plutôt que j'ai l'imagination fertile, un véritable feu d'artifice cérébral. Aussi quand je termine une histoire, je suis soulagé d'avoir pu la finir. Et en ce qui me concerne, il ne s'agit nullement d'un deuil, je parlerais plutôt de naissance. En fait, je vois la fin du livre comme un accouchement, une (re)naissance. Et le début d'une aventure !
De l'explosion du lien social :
Il fut un temps où le lien social avait encore un sens. On se parlait, on se regardait, on se répondait. Aujourd’hui, nous vivons dans une étrange plongée sous-marine : un silence cotonneux, traversé de sons diffus, où chacun émet dans le vide en espérant que quelqu’un, quelque part, l'écoute. Mais en se gardant bien d'écouter tout propos qui mettrait sa pensée, ses certitudes en danger...
Une sorte de Titanic de la littérature : les passagers se croisent, se frôlent, mais personne ne se voit. Chacun parle à son propre reflet, ou à quelque avatar virtuel qui lui ressemble suffisamment pour éviter la rencontre.
On pourrait appeler cela du mépris. Ce serait presque rassurant. Le mépris suppose encore que l’autre existe. Ici, c’est pire : l’autre est devenu inutile.
Ce n’est donc pas le mépris qui triomphe, mais la solitude. Une solitude devenue système, une schizophrénie collective : ignorer l’autre pour mieux affirmer sa parcelle d'existence. On veut être entendu mais surtout pas écouter, car écouter suppose de reconnaître qu’il existe peut-être quelque chose que l’on ignore.
Plus d’interaction : des monologues parallèles.
Et lorsqu’il s’agit d’auteurs, le phénomène devient franchement inquiétant. Car la littérature n’est pas seulement l’art d’écrire ; elle est d’abord une tentative de rejoindre quelqu’un. Écrire dans le vide, publier dans le silence, ne répondre à personne et n’attendre de personne autre chose qu’un signe de reconnaissance narcissique, c’est transformer la littérature en autisme mondain.
Une littérature sans lecteurs véritables, sans dialogue, sans contradiction, sans curiosité pour l’autre, n’est plus vraiment une littérature.
C’est une collection de solitudes qui se donnent l’illusion de communiquer.
Et cette solitude choisie, revendiquée, parfois même célébrée, pourrait bien être le signe le plus inquiétant de la fin de la littérature.
Le mot deuil n'est pas approprié, je parlerais plutôt de la fin d'un voyage. Une fois ce voyage terminé, l'auteur repart vers une autre destination, un autre livre. Chaque livre est un beau souvenir, formateur, qui permet à l'auteur de se remettre en question. @Sylvie de Tauriac
Au lieu de deuil, je parlerais plutôt de baby blues ou dépression post-partum. Merci pour cet article intéressant qui décrit bien tout ce que les auteurs de roman ressentent.
L’avantage avec la littérature et la philosophie, c’est qu’une question en entraîne une autre.
J’ai longtemps réfléchi à la condition des minorités : cathares, vaudois, protestants, juifs… En ce qui concerne la Shoah, je suis persuadé que le drame de l'extermination trouve sa source dans une jalousie envers un peuple qui a produit une quantité étonnante de savants, d’écrivains, d’artistes et de philosophes, et qui professait des idées souvent différentes, novatrices.
Malheur à ceux qui sont différents : ils auront contre eux, ceux qui sont dans la médiocrité ou la banalité.
À petite échelle, dans les écoles et les lycées, les élèves différents ou doués sont également harcelés, car ils représentent, pour ceux qui sont à la peine, un idéal inaccessible. Les exclure du groupe, c’est supprimer ce modèle dérangeant, un élément de comparaison qui renvoie chacun à ses propres limites.
On peut étendre le modèle aux auteurs qui sont ostracisés parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule de la pensée dominante ou de coteries littéraires. On pourrait citer Sylvain Tesson, boudé par l'intelligentsia parce qu’il est un esprit libre et un poète indépendant, ce que devraient être tous les poètes, philosophes et penseurs
Je suis d'autant plus effaré par ces appels à l’exclusion, au meurtre symbolique, à la condamnation sans jugement quand ils proviennent de ceux qui revendiquent un minimum d'instruction…
J’imagine la Nuit des Longs Couteaux avec ces petits-bourgeois hystériques et ces intellectuels fourvoyés qui traquaient la différence culturelle jusqu’à l’obsession, jusqu’à l'uniformité criminelle et mortifère.
Le spectre de la jalousie est large, elle peut être primitive ou plumitive, mais quand elle émane de ceux qui font profession de littérature, c'est effrayant.
Le talent est injuste.
Je me souviens de deux élèves : l’un, que le professeur appelait « le fumiste sympathique », écrivait ses rédactions en une heure. Ses histoires étaient un régal. La construction, le style, le suspense : tout était parfait.
L’autre, le besogneux, y passait tout le week-end. Mais plus il travaillait, plus c’était lourd et empesé.
Et puisque la métaphore est à la peinture, je connais très bien un peintre qui peignait à une vitesse étonnante et qui a vendu 500 tableaux* en dix ans. Il faut croire que ce qu’il peignait parlait à ceux qui achetaient, car personne ne dépense son argent sans raison.
Les peintres qui passaient des jours et des nuits sur des croûtes invendables, le jalousaient forcément.
Personne ne sait vraiment ce qu’est le talent, mais tout le monde sait s’il aime, disait Matisse.
* Finalement moins que Picasso qui a produit 200 000 œuvres. Parfois en qq minutes. Le talent est joie, il n'est pas sueur...
@Christophe lucius
Cette chronique met très justement le doigt sur ce qui est peut-être le paradoxe essentiel de la création : il faut bien décider qu’une œuvre est terminée alors que, pour celui qui l’a créée, elle pourrait toujours être autrement. Une idée que l’histoire de Pierre Bonnard illustre avec un humour assez savoureux.
Bonnard était en effet incapable de considérer ses tableaux comme définitivement achevés. Même après les avoir vendus, il lui arrivait de se rendre chez leurs propriétaires pour y apporter encore quelques retouches. Il allait jusqu’à profiter de l’absence d’un gardien pour sortir pinceau et couleurs et « améliorer » discrètement une toile exposée dans un musée. Cette manie a fini par donner naissance au verbe « bonnardiser », qui désigne le fait de retoucher indéfiniment une œuvre pourtant achevée.
Au fond, beaucoup d’écrivains sont de petits Bonnard : ils corrigent une phrase, déplacent une virgule, reprennent un chapitre… et, si on ne les arrête pas, seraient parfaitement capables de revenir discrètement chez leurs lecteurs avec leur stylo rouge pour « améliorer » leur exemplaire !
La vraie difficulté n’est donc peut-être pas d’écrire le mot « fin », mais d’accepter qu’il signifie : désormais, ce texte ne m’appartient plus tout à fait. Et c’est sans doute là que commence véritablement la vie d’un livre.
@Christophe lucius
J'ai lu votre article avec beaucoup d'intérêt.
Douze heures de travail minimum par jour, ne pas lever ses fesses de sa chaise tant que je n'ai pas une dizaine de bonnes pages, entre une dizaine et une quinzaine de relectures, une routine quoi...
Un moment me reste cependant encore teint de mystères: les quelques heures qui suivent le dernier mot du premier jet du manuscrit. Un confrère équatorien m'avait prévenu lorsque j'ai décidé de devenir écrivain: plus tu écriras, moins les personnages t'appartiendront, sans parler de cette fâcheuse impression que le livre t'échappe des mains; attention à la dépression! Dès le départ, une mesure générale: déjà connaitre le contenu du prochain bouquin avant de finir celui en cours. Sauvé donc? Sais pas.
En revanche, toujours une pointe de tristesse d'abandonner des personnages, qui heureusement laisse ensuite place à une pensée fugitive, de temps en temps, pour chacun d'eux, d'elles, gentilles et méchants et vice versa: que fait-elle? qu'est-il devenu? Pas de fin. Je suis apparu à un moment de leur vie puis j'en suis disparu; c'est tout. Un sentiment délicieux. D'autres auteurs doivent certainement le vivre différemment. Merci d'avoir partagé votre point de vue sur ce détail qui peut tenir du point de rupture.
PS: J'allais oublier. Quand viendra le temps de la miséricorde, ressortez donc "l'Impostrice" à qui vous avez coupé la tête après moins de vingt-quatre heures d'existence sur mBs. Exécution capitale sans tribunal, sans avocat, sans justification, sans explication. J'attends.
@Christophe lucius
En lisant votre tribune, j’ai eu cette étrange sensation qu’il s’agit d’un au revoir. Probablement, avec le recul, y a-t-il dans vos propos un peu d’amertume. Je me base sur des photos distantes de quelques années. Celle de vos débuts avec cette interview de Librinova avec votre blaser ; dans la dernière, barbu. Également sur l’emploi du mot deuil. Je peux me tromper largement.
Quoi qu’il en soit vos propos m’ont touché. Ils évoquent pour moi au moins deux conditions. Celle des artisans après la révolution industrielle, ensuite, Herbert Van Karajan :
Conditions des artisans après la révolution industrielle
Auparavant, sous la féodalité, les artisans accomplissaient eux-mêmes toutes les étapes de la réalisation d’un objet. Je prends l’exemple d’un ébéniste. Il commence par imaginer son meuble, il achète le bois, il assemble les pièces, il le lustre, dernières préparations. Il a cette satisfaction de voir son objet dans sa globalité. C’est là où se situe sa grande fierté.
Ensuite, il doit le remettre à son propriétaire. Je n’utilise pas le terme client. Parfois, il a du mal à céder son ouvrage. Probablement, aurait-il quelques souvenirs de sa belle réalisation ou de ce qu’il aurait pu apporter de plus. Ce ne sont jamais des regrets, mais là encore de la fierté.
Après la Révolution industrielle, la construction d’un meuble se fait par étapes dans différentes localisations. Un ouvrier s’occupe, par exemple, que de portes, l’autre de peinture, ainsi de suite ! À aucun moment l’ouvrier ne possède une vision globale de son œuvre. Il ne pourrait tirer aucune satisfaction personnelle.
Je pourrais dire que, par analogie, un auteur indépendant ressemble à un artisan. Puisque nous assurons nous-mêmes toutes les étapes de l’élaboration de notre livre, nous sommes satisfaits des résultats puisque nous le voyons dans sa globalité.
En est-il, pareillement, chez les célébrités qui se contentent de déposer un manuscrit chez un éditeur qui se charge du reste.
Herbert Van Karajan
Herbert Van Karajan déclarait qu’il filmait ses musiciens à travers les années. Ensuite, il leur montrait régulièrement l’influence qu’exerçait sur leurs visages leur art musical. Quelle l’évolution notre écriture a-t-elle sur nous à travers le temps ?
Cette question est essentielle me concernant.
Il faudrait accepter mes propos, ils ne sont pas hors sujet. Ils s’inscrivent dans le prolongement de vos dires. En fin de compte, votre texte me touche.
Bonjour Monsieur Lucius,
L'objet de mon intervention n'est pas exactement de répondre à cette publication, mais je vais d'abord y souscrire.
Les livres que nous écrivons sont nos enfants. Ils sont ce qu’ils sont ce que nous sommes et n’ont pas besoin d’être parfaits. Le seraient-ils qu’ils seraient ennuyeux.
Un livre, c’est d’abord quelque chose que l’on vit en l’écrivant. Un plaisir réel, comme lorsqu’on conçoit un enfant. Juste un peu plus long. Mais lorsque le devoir est accompli, il est un autre plaisir, celui de le regarder exister, pour lui-même. Et effectivement, il ne nous appartient plus tout à fait... C’est la vie.
Mais voila l'objet du délit : vous proposer une autre publication : "de la censure sur MBS".
J’ai écrit une dizaine de livres qui terminaient régulièrement dans le top ten. Et qui auraient fini dans le top five, si d’indécrottables squatteurs n'occupaient à vie les premières places, et faussaient le classement. Ne me dites pas que votre informaticien n’a aucun moyen d’y remédier...
D’autant que, régulièrement, pour des raisons qui appartiennent à une ou deux personnes, on me censure en bloquant mon profil, mon nom, mon adresse IP. Évidemment, n’importe quel geek de douze ans peut contourner cela. Mais ce n’est pas le but.
Vous êtes, semble-t-il le patron de cette boîte. Ne pensez-vous qu’il est immoral, et contre-productif commercialement, qui est forcément le but de toute entreprise humaine, qu'une personne ou deux passent leur temps à censurer les auteurs qui déplaisent ? La liberté est le droit de déplaire et sans liberté, pas de littérature...
Il se peut aussi qu'un auteur qui a souscrit un pack et ne supporte pas une critique, exerce un chantage pour faire virer son contradicteur. Il se tire une balle dans pied. Car la censure assèche les échanges, les dynamiques d'écriture, et si plus personne ne vient sur mBS, à qui vendra-t-il ses livres ? Les hommes aiment à chérir les causes dont ils déplorent les conséquences...
Il est difficile de savoir entre ceux qui partent d'eux-mêmes ou sur la pointe des pieds, combien d'auteurs ou d textes ont été censurés, puisqu'ils disparaissent en "loucedé"...
Tout communiquant, tout publicitaire sait pourtant qu'il n'y a pas de mauvaise publicité. Querelles ou pas, les grands auteurs s'en sont donnés à cœur joie et donner la clé de la boutique aux frileux, n'est-ce pas condamner le site au silence ?
Mon but n'étant pas de créer perpétuellement de nouvelles adresses, j'ai donc l’honneur de vous demander de restaurer mes anciennes adresses IP et adresses mail blacklistées, afin que je puisse récupérer, reformater, améliorer et mettre à la disposition des lecteurs les livres que j’ai écrits et qui sont actuellement bloqués....
Merci et bien à vous.