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Du 18 Sep 2026
au 18 Sep 2026

Prix Goncourt 2026 : six candidats à suivre pour une rentrée littéraire d'un nouveau type

Après une année 2025 dominée par la filiation, la mémoire familiale et le récit de soi, la sélection du Prix Goncourt 2026 marque un élargissement des genres. La famille reste très présente, mais le roman retrouve le chemin de l’Histoire, de l’exil, de l’aventure... Parmi les seize auteurs sélectionnés, six candidatures méritent aujourd’hui une attention particulière. Un parti pris de monBestSeller.
Sélection et candidats à suivre pour le Prix Goncourt 2026Sélection et candidats à suivre pour le Prix Goncourt 2026

Le Prix Goncourt 2026 sera-t-il celui du retour du roman ?

Un an après le succès de Laurent Mauvignier avec La Maison vide, la première sélection du Goncourt dessine en tout cas une rentrée littéraire qui semble différente de celle de 2025.
L’an dernier, plusieurs des principaux prétendants — Laurent Mauvignier, Emmanuel Carrère ou Nathacha Appanah — travaillaient la mémoire, les histoires familiales et les blessures transmises d’une génération à l’autre.
En 2026, cette littérature de la filiation demeure, mais elle ne domine plus seule le paysage. L’Histoire, la guerre, l’exil, le récit d’aventures et la fiction reprennent de la place.

Six romans illustrent particulièrement cette évolution.

Anne Godard et Nous aussi : la famille reste au cœur du Goncourt
Avec Nous aussi, publié chez Actes Sud, Anne Godard reste proche d’une des grandes tendances de la rentrée littéraire 2025 : le roman familial. Elle raconte une famille parisienne cultivée et privilégiée, enfermée dans une identité collective suffisamment forte pour étouffer progressivement les individus qui la composent.
La singularité du roman tient notamment à son utilisation du « on », qui transforme la famille en personnage presque autonome, en une caste solidaire presque désincarnée.

Mais derrière la filiation apparaissent aussi la classe sociale, les normes et les rapports de domination.
Anne Godard incarne ainsi parfaitement la transition entre 2025 et 2026 : le roman familial demeure, mais il s’élargit à une lecture sociale du monde.
Son accueil critique et sa présence dans plusieurs sélections de prix en font l’une des candidatures les plus solides de ce début de course au Goncourt.

Thélyson Orélien, la révélation de la rentrée littéraire 2026
Avec C’était ça ou mourir, publié chez Grasset, Thélyson Orélien est loin de l’introspection familiale.
C'est un premier roman. On suit la vie de Jonas Dorléon, professeur haïtien contraint de quitter son pays face à la violence et tenter de rejoindre le Canada.
Le livre associe exil, danger, humour et aventure.
C'est le retour du récit, du mouvement et de personnages confrontés à l'adversité sociale et politique : Orélien remet au premier plan la trajectoire, le voyage et la survie. Un des noms à suivre de très près.

Ananda Devi et le retour de la grande fresque historique
Avec Chronique d’un royaume perdu, Ananda Devi représente une autre tendance forte du Goncourt 2026 : le retour du grand roman historique.
La romancière suit plusieurs générations à l'Ile Maurice marquées par l’esclavage, le colonialisme et leurs héritages. On traverse plusieurs décennies pour raconter une communauté, un territoire et une mémoire collective. En 2026 : le passé familial ne sert plus seulement à comprendre un individu, mais à raconter l’Histoire elle-même.

Philippe Jaenada, l’enquête littéraire à la frontière du roman
Autre évolution très visible de la littérature contemporaine : les genres deviennent de plus en plus fusionnels
L’Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada, l'illustre.
À partir d’un meurtre commis dans le Paris de l’après-guerre, l’écrivain retourne aux archives, reconstitue une époque et mène une véritable enquête. 
Mais avec Jaenada, le fait divers devient rapidement matière romanesque.
Documents, reconstitution historique et digressions personnelles...
Le roman, l’enquête et le récit documentaire deviennent des catégories perméables. Cette hybridation n’est pas nouvelle, mais elle devient particulièrement visible dans la sélection du Goncourt 2026. Parmi les écrivains déjà confirmés, Jaenada possède sans doute l’un des profils les plus solides 

Yannick Haenel : quand l’autobiographie redevient fiction
La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel, part également d’une expérience personnelle.
L’écrivain revient sur ses années de jeune professeur de français et sur la confrontation entre ses idéaux littéraires et la réalité de l’enseignement.
Mais le livre ne se réduit pas au témoignage. Le vécu devient une matière narrative, un récit et une réflexion sur les livres. L’autobiographie reste présente, mais elle semble davantage se laisser absorber par le roman. L'auteure incarne ce nouveau mouvement : partir de soi pour produire autre chose qu’un simple récit de soi.

Emma Marsantes, de la mémoire familiale à la grande Histoire
Avec N’efface pas mes cercles, publié chez Verdier, Emma Marsantes pourrait être l’outsider de cette sélection.
Le roman part du suicide d’une femme en 1980. Mais en remontant le fil de cette disparition, la narratrice traverse plusieurs générations et fait apparaître derrière l’histoire familiale le patriarcat, la guerre, la colonisation et les violences sociales.
Marsantes constitue ainsi l’un des meilleurs liens entre les deux dernières rentrées littéraires : généalogie et secrets familiaux mais replacés dans un cadre historique beaucoup plus vaste. Une candidate à surveiller.

Rentrée littéraire 2025-2026 : récit de soi, oui mais regard sur le monde aussi

Le changement entre 2025 et 2026 ne constitue donc pas une rupture totale. La filiation, les secrets familiaux et les traumatismes transmis restent très présents. Mais en 2026, l’intime devient plus volontiers une porte d’entrée vers le collectif et l'histoire..
Chez Anne Godard, la famille permet d’interroger la classe sociale. Chez Emma Marsantes, elle conduit vers la guerre et la colonisation. Chez Ananda Devi, elle devient matière à fresque historique.
Le mouvement général est clair : après plusieurs rentrées dominées par le récit de soi, le roman français semble retrouver le goût du monde extérieur.

Six candidats à suivre pour le Prix Goncourt 2026

À ce stade de la compétition, Ces six noms paraissent particulièrement intéressants : Anne Godard, Thélyson Orélien, Ananda Devi, Philippe Jaenada, Yannick Haenel et Emma Marsantes.
Ils n’écrivent ni les mêmes livres ni dans les mêmes registres. C’est précisément ce qui montre l'élargissement des thèmes d'écriture du Prix littéraire de référence.
Ces six auteurs résument assez bien la nouvelle géographie de la rentrée littéraire 2026.
Après le règne du « je » et de la mémoire familiale, le Goncourt 2026 pourrait bien consacrer une littérature qui recommence à regarder le monde.

Christophe Lucius avec la participation laborieuse et généreuse lde l'équipe monBestSeller

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Merci, Christophe Lucius... et toute l'équipe mBS, pour cette information sur les candidats au Goncourt 2026.
Quant on n'a ni le temps ni l'envie de les lire, un excellent résumé nous permet de ne pas être trop inculte. La curiosité viendra plus tard, après l'événement.
Pour aller dans le sens de Catarina Viti, je n'ai pas réussi à terminer le Goncourt 2025, "La maison vide", de Laurent Mauvignier quand j'aurais pu en avoir le temps. En aurai-je envie si toutefois le temps me le permettrait ?

Publié le 22 septembre 2026

Bonjour à la communauté mBS,
Ce mot pour partager une réaction suite à la lecture d’un des titres retenus cette année pour le Goncourt. « C’était ça ou mourir ». Le livre m’est « tombé dessus » et très vite « tombé des mains ». Ou plutôt, je l’ai jeté par la fenêtre.
En effet, dès les premières pages, j’ai retrouvé cette horrible petite musique et le parfum que je déteste entre tous dans un texte qui se veut littéraire : l’odeur du cuivre et du Kevlar, la petite musique du hum... L’horreur.
Nous sommes un petit pourcentage (notament sur Babelio) à éprouver exactement le même vertige devant ce... bouquin. Bien entendu, interdiction d’en parler ouvertement, l’insulte est à portée de main pour les lecteurs amourachés de ce texte : raciste vient en premier, malveillant, sans cœur, pervers sadique suivent de près.
Des échanges entre lecteurs (consternés et interrogés par le phénomène) débouchent sur quelques hypothèses (nous tenons volontairement à part celle consistant à penser que ce texte a été retravaillé artificiellement pour le rendre lisse et attractif)
– l’auteur choisit volontairement cette manière d’écrire, parce qu’il pense réellement que la littérature doit ressembler à cela
– l’auteur écrit naturellement de cette façon, car le « style LinkedIn » est sa culture
– le monde éditorial mise sur cette écriture, car elle est celle de demain et déjà d’aujourd’hui.
Quelle que soit la réponse (il y en a peut-être tout un faisceau), elle redéfinit radicalement le positionnement et le rôle de la littérature dans nos sociétés occidentales.

Publié le 22 septembre 2026