Interview
Le 20 mar 2026

Les Classiques : Albert CAMUS et moi

On a toujours scrupule à prétendre accéder aux auteurs les plus haut-placés dans notre estime et la reconnaissance générale. Je suis de la génération de « L’étranger » et de l’étonnement provoqué par le fondateur de la philosophie de « l’Absurde » Dans cette période, que l’on a baptisée plus tard « Les trente glorieuses », nous ne percevions pas tellement cette « gloire ».
 Maria Casares et Albert Camus “Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre” Maria Casares et Albert Camus “Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre”

                                L’homme qui marche sur la lune fut une extraordinaire révélation : Une extension à son satellite de notre royaume la Terre !
Le paquebot « France », l’avion commercial supersonique « Concorde » nous paraissaient les conséquences logiques du développement prévisible du génie humain. C’était aussi le temps de la libération des Peuples et de la décolonisation, souvent très douloureuse, qui ressemblait à un progrès, mais nous laissait dubitatifs sur la « grandeur » de notre pays que De Gaulle avait posée en principe immuable. Les hommes, un peu partout, se battaient contre des tyrannies diverses et nous inspiraient une admiration franche, mais inquiète.

Albert CAMUS : le guide d’une génération

                                   Dans ce charivari, j’accomplissais mon chemin d’étudiant à Paris, semé de troubles et d’embûches, découvrant dans le même temps le beau et le laid, le juste et le faux de la vie, secoué d’opinions contraires et d’interrogations entre les maîtres de la Science et ceux de la Philosophie.

Dans le tohu-bohu de ces années de doutes, de bonheurs et de drames, dans ces mouvements d’agitation perpétuelle, la jeunesse se cherchait des guides pour conforter ses espoirs.
Albert CAMUS fut de ceux-là, venu de ce pays mal connu qui a suscité tant de disputes et de combats acharnés, auxquels on nous destinait.
Ce fils d’une mère qui ne savait pas lire et d’un père mort à la guerre, extrait de sa gangue par un professeur des écoles talentueux découvreur de talents, parvint au Prix Nobel, pour nous récompense suprême et indiscutable, avec une aisance feinte, que nous jugions amplement méritée sans trop comprendre exactement pourquoi.
Le hasard voulut qu’à la même époque, nous parvînt d’une Espagne ensanglantée par la Guerre Civile, une actrice bouleversante qui nous glaçait le sang par ses déclamations de Phèdre ou de Médée.

Albert Camus, indissociable de Maria Casarès : le génie du théâtre et le passeur de cet art

                                    A cette même époque, naissait le. T.N.P de Jean Vilar où, pour quelques sous de notre richesse estudiantine, nous pouvions écouter, certes de loin et de haut, nos idoles d’alors comme Gérard Philipe dans « Le Prince de Hambourg ». Je découvrais l’envoûtement et l’hypnose que procure le Théâtre. En plein ciel de gloire, Albert CAMUS et Maria CASARES se rencontrèrent, comme par miracle, ce miracle incompréhensible qui permet à deux êtres humains de se reconnaître pour fusionner. Le miracle du Théâtre, pour l’un auteur, pour l’autre comme interprète et passeur de cet art. Ce couple discret (Camus était marié), mais néanmoins resplendissant, resta pour moi le mythe enchanteur et enjôleur de l’amour imprévu autant que nécessaire.
Je n’ai jamais réussi, depuis, à dissocier ce grand ami et confident de René CHAR, mon modèle en poésie moderne, de cette femme en flammes qui traversait la scène en hurlant son amour ou son désespoir, selon les nécessités de l’Acte.
 Le destin a voulu séparer ces deux êtres d’un coup de hache, lorsque la voiture que conduisait son Editeur écrasa Albert Camus contre un arbre planté au bord de la route.

 Maria Casarès fut la femme Première d’un Premier Homme, tous deux unis dans la légende et dans la mémoire du soir de ma vie

L’ironie qui préside au déroulement de toute condition humaine, voulut que, ce jour-là précisément, Camus eût en poche le manuscrit du « Premier Homme », sommet pour moi de sa carrière littéraire, en ce que ce livre contient d’humanité humble, mais conquérante.

On a revu plusieurs fois aux émissions de Bernard Pivot, incontournable accoucheur d’œuvres  de premier plan et de succès de librairies, cette femme modeste, à la vie débordante d’activités théâtrales et d’amours tumultueuses, venir nous expliquer calmement la violence qui peut incendier l’amour entre un homme et une femme d’exception, autant que  la douceur inexprimable capable de couvrir d’un manteau protecteur les blessures du temps. 
Maria Casarès fut la femme Première d’un Premier Homme, tous deux unis dans la légende et dans la mémoire du soir de ma vie.

Pour découvrir ce mythe moderne succédant à ceux habituellement cités d’Orphée, de Tristan et Yseult, De Romeo et Juliette, lisez la correspondance échangée entre Casarès et Camus, dont la fille vient de permettre la divulgation de cette merveille qui ennoblit le genre humain, au milieu des aberrations  et des turpitudes dans les rapports entre sexes qui stigmatisent nos temps modernes.

 Notre regretté Gérard BOSSY

 

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@Clarisse Balsamo Chère Clarisse , je vous remercie de nous aider à payer les droits liés à chaque photo. Vous même vous profitez d'un système gratuit dans lequel vous n'avez pas de reconnaissance. Ce travail est un travail d'auteur. cette image , justement n'est pas un vol, elle est légale. Produisez nous un article avec une photo originale de l'auteur dont vous parlez et nous vous tirerons notre chapeau. Au lieu de piétiner le travail des autres.

Publié le 24 Mars 2026

Franchement, @MBS , votre utilisation de l'IA générative est catastrophique ! Dans cette bien triste illustration, l'homme ne ressemble que vaguement à Albert Camus. Quant à la "pin up" qui tente de se faire passer pour Maria Casarès, c'est plutôt insultant envers cette immense comédienne, qui était également une très grande plume et une intelligence supérieure. Cette poupée numérique ne lui ressemble en aucune manière. Merci de revoir donc votre copie et vos usage d'une technologie qui repose sur du vol de données sans rétribution des auteurs, et qui "hallucine" (puisque tel est le terme utilisé) souvent (c'est-à-dire, à 99%) n'importe quoi !

Publié le 22 Mars 2026

Un géant tout simplement !!

Publié le 20 Mars 2026