Tribune
Le 29 oct 2014

Comment publier un livre ? Le crowdfunding, une vraie solution #2

Comment gérer la campagne du projet d'édition de son livre sur la plateforme de financement participatif ? C’est la deuxième étape fondamentale pour le succès de l’opération. Suite des tribulations d’un auteur au pays du crowdfunding avec Catherine Boullery, auteure des 4 tomes de la saga d'Aila et l’une des pionnières des projets d'édition littéraire sur Ulule. Elle nous fait profiter de son expérience et de ses bons conseils.

Vous avez choisi les date et espace de lancement, vous vous attaquez maintenant à la stratégie qui vous mènera au bout du projet, voici quelques conseils.

  • Diversifier les approches pour bien communiquer

> Une vidéo sur le site. Sur les campagnes que j’ai étudiées, on distingue deux grandes catégories de vidéos :
- Les présentations animées sur fond musical, parfois joliment mises en scène, mais qui possèdent le désavantage d’être peu interactives.
- Les interviews, plus interactives. Mais savoir s'exprimer devant la caméra reste un exercice difficile. Testez-vous avant de vous y engager.
Si vous le pouvez, tentez l’originalité !

> La présentation du projet. N’escomptez pas que tout ce que vous avez écrit sera lu en entier, donc soyez percutant dès le démarrage. Exprimez l’essentiel en quelques lignes.

> La présentation de l’auteur. Utilisez toutes les formes pour la rendre dynamique : humour, anecdote, émotion. Évitez de dérouler toute votre biographie. Une simple histoire personnelle en lien avec votre livre constitue un bon élément introductif.

> La mise en page. Rendez-la agréable à la vue. Pensez à l’aérer et à utiliser des couleurs pour les fonds et les titres. Alternez textes et images. Privilégiez plusieurs paragraphes courts à un seul long.
Demandez des avis autour de vous et ne retenez que le meilleur !
Remarque : attention, la mise en page peut être très simple si vous vous contentez de vous servir des outils proposés. Si vous souhaitez offrir une version plus élaborée, certaines connaissances en HTML seront nécessaires.

> Des extraits par palier. Cette idée a surtout le mérite de mettre un peu d’animation pendant la campagne et d’alimenter la curiosité de nouveaux lecteurs.

> Des montants de contribution. Pour le seuil de départ, il semblerait que ceux à 0 € accompagnés d’une simple demande de partage (sans contrepartie) ne fonctionnent pas bien. Préférez-lui un premier seuil de valeur modique avec une petite contrepartie.
Comment espacer les différents montants et établir son montant le plus élevé ? Adaptez vos choix à votre aptitude à mobiliser votre communauté ainsi qu’à la qualité des contreparties que vous pouvez offrir.

> Des contreparties. Cette partie de la campagne représente une véritable difficulté. En discutant avec d’autres personnes, je me suis rendu compte que certaines contreparties suscitaient plus d’intérêt que d’autres et, un instant, j’avoue avoir un peu envié ceux qui proposaient des croquis, des places de concert ou l'occasion d’assister à un tournage…
J’ai donc cherché à rendre attractif ce que j’avais à ma disposition : des versions numériques et des versions papier dédicacées. J’y ai ajouté un diplôme nominatif d’appartenance à la communauté d’Aila, des bons d’achat donnés par mon sponsor, une figurine en 3D ainsi que deux réalisations personnelles (deux recueils numériques de photographies).

  • Comprendre les enjeux respectifs : les siens et ceux de la plateforme.

Que cherche le porteur de projet, c’est-à-dire vous ? Obtenir un rapport qui reste intéressant entre contreparties et sommes versées.
Que cherche la plateforme de crowdfunding ? Ses objectifs sont multiples, mais voici les plus importants :
- Présenter le meilleur taux de réussite, argument ô combien convaincant pour le néophyte qui se renseigne !
- Pour y parvenir, les contributions offertes par le porteur de projet doivent être les plus attractives possible, car plus vous donnerez aux participants, meilleures seront vos chances de succès.

Plus vos contreparties seront attractives (donc moins vous recevrez d’argent), plus votre campagne sera susceptible de capter l’attention et d’attirer des éléments extérieurs au cercle de vos proches. C’est pour cette raison, que derrière la notion de campagne de financement s’érige celle de « prévente ». Ce que nous pouvons considérer comme une donation n’en est pas finalement une, car un échange s’opère : la contribution donne droit à un bien.
Tenez compte des conseils, car l’inexpérience peut nous entraîner à offrir des contreparties inégales selon les montants et harmoniser leur progression apparaît nécessaire. De plus, il est très facile de joindre un interlocuteur au téléphone pour obtenir des précisions.

Attention, c’est la plateforme qui lance votre projet, pas vous ! Votre projet est soumis à approbation. Ce n’est donc pas vous qui le lancez, mais la plateforme et, tant que l’accord n’est pas acquis, vous devez retravailler votre copie. Ainsi, je suis devenue beaucoup moins enthousiaste par les conseils donnés par la plateforme quand ces derniers ont commencé à m’inciter à en donner toujours plus pour des montants de plus en plus modérés. Faire une campagne pour récolter des fonds et, finalement, voir s’amenuiser la rentabilité de son opération jusqu’à ne plus recevoir que 50 % de certaines contributions voire moins, la réponse est non ! À ce stade, j’ai été à deux doigts d’envoyer tout balader et de constituer une cagnotte sur Internet grâce à des sociétés qui ne vous prennent que 4 % au lieu des 8 à 10 % prélevés par les sites de financement participatif !
Mon refus de baisser encore les seuils de contribution a été immédiat, prouvant dans le même temps à la plateforme que d’autres projets avaient connu la réussite avec des contreparties moins généreuses que les miennes. En tout cas, ne vous laissez pas faire !

  • Sortir de la couveuse et faire grimper la cagnotte

Sur la plateforme choisie, le projet lancé reste invisible sur le site tant que cinq contributeurs n’ont pas participé. Personnellement, j’avais déjà discuté avec une quinzaine de personnes en leur demandant si elles voulaient être dans les premiers à donner. Dès le basculement en ligne du projet, je les ai contactées. Avant la fin de la journée, j’avais obtenu seize contributions. Puis j’ai passé des heures à écrire à celles engagées dans mon projet pour les inviter à participer. Au bout d’une semaine, les deux tiers d'entre elles avaient investi.
Au début, l’enthousiasme est total. Ce lancement est une grande aventure et vous êtes trop content de la partager avec vos amis, déjà au courant et tout aussi ravis que vous ! Ensuite, au-delà d’une centaine de courriers envoyés, en plus du fait de solliciter un cercle de relations moins proches, cette partie devient déjà beaucoup moins drôle et j’ai personnellement atteint mes limites au point d’arrêter d’écrire à quiconque.

  • Faire des news

Tout au long de la durée de la campagne, il est conseillé de fournir régulièrement des renseignements aux participants sur l’évolution de la cagnotte, de partager des indications, des impressions, sans oublier de répondre aux éventuelles questions. Une fois la campagne achevée, il convient de poursuivre dans ce sens pour informer les gens sur l’utilisation du montant recueilli et des avancées générées par leur participation.

Catherine Boullery

La semaine prochaine, étape 3 : Gérer la phase finale du crowdfunding : remercier, sortir et réaliser ?
Retrouver, l’étape 1 : la méthodologie pour maximiser ses chances

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C'est vrai que l'impression à la demande (couplée à l'édition numérique) me semble, techniquement et financièrement, sans doute bien souvent préférable - dès lors qu'on n'a pas d'exigences particulières. Il faut donc que le financement participatif offre d'autres opportunités: permettre des choix d'impression spécifiques par exemple. C'est sans doute de ce côté-là que je verrais une justification du "crowdfunding" (que ce mot est laid!). Mais par ailleurs, demanderais-je, y a-t-il un autre intérêt?

Publié le 31 Octobre 2014

Bonjour,

Je vais jouer les rabats-joies, mais je ne comprends toujours pas l'intéret de l'opération. La communication est utile pour vendre le livre, mais elle aurait pû être aussi utile avec une vente de livres numériques ou en impression à la demande. Je trouve que ça ressemble beaucoup trop à de l'édition à compte d'auteur. J'avoue que j'ai du mal avec cette démarche, elle me semble plus égocentrique qu'utile.

Mais ce n'est que mon avis (1 homme, 1 voix, etc.)

Publié le 31 Octobre 2014