Tribune
Le 12 nov 2014

Les nouvelles biographies

Roman biographique, biographie romancée. Les auteurs ne se gênent plus pour puiser dans la vie des gens célèbres pour régénérer leurs sources d’inspirations. Et que dire d’Yves Saint Laurent ou de Napoléon à l’écran…Une vraie réflexion sur les nouveaux genres de la biographie s’impose…

Les écrivains aujourd’hui sont nombreux à s’emparer de la vie de personnages plus ou moins illustres pour en faire ce qu’on pourrait appeler des biographies romancées. Il y avait déjà eu ceux qui  reprenaient un fait divers pour en faire un sujet de livre. Faut-il y voir un nouveau genre, un genre de nouveau roman ?

S’il a pu m’arriver d’être séduite par ce type de livre, parce que c’est un moyen de rencontrer un personnage auquel je ne me serais pas intéressée autrement, je ne manque pas de m’interroger sur ce qui borde le terrain du roman. Ceux dont les auteurs s’approprient l’existence ne sont plus là pour rétablir une certaine vérité et nous sommes en droit de nous demander si le protagoniste aurait pu dire telle phrase ou encore se serait comporté de telle manière. Alors, jusqu’où peut-on flirter avec l’imaginaire quand on part de la réalité de quelqu’un ?

La question que j’en suis venue à me poser (et qu’il conviendrait de se poser à propos d’un certain nombre de sujets de société) est la suivante : est-ce que j’aimerais, qu’un jour, quelqu’un en vienne à réécrire mon histoire, quand bien même  celle-ci se verrait enjolivée de façon romanesque ? Me concernant, j’ai la réponse.

Une chose est d’être biographe ou historien … alors bien sûr il y a un gros avantage à utiliser ce biais plutôt que la biographie car qui irait s’intéresser à la vie d’Untelle si ce n’était pas Untel qui la racontait ?

L’édition, sans doute lasse de ces autofictions qui souvent en appelèrent à la loi pour fixer les limites au roman, a choisi de s’orienter différemment.  Il est certes bien moins risqué de se tourner vers ces chers disparus même si, eux, ne manqueront pas de se retourner dans leurs tombes mais auront peu de risque d’en sortir pour donner leur point de vue sur ce qu’il fut écrit à leur propos.

A moins que ça ne soit une ruse pour courir après les prix littéraires ? Car de romans il s’agit …

 

Charlotte De Garavan

http://www.monbestseller.com/manuscrit/ultime-seance#.VGMlVIf5gmU

Je ne suis pas, en général, attirée par les prix littéraires, s'ils font vendre, en ce qui me concerne, ils ne me font pas acheter. Sans doute parce que je n'aime pas qu'on me dicte ce que je dois lire, ça doit me rappeler l'école. Pour ce qu'il en est de notre prix Nobel, je risque la même réponse que quelqu'un qui s'est faite injustement critiquer (car par ailleurs très cultivée), je n'ai pas lu Modiano... Qu'il écrive toujours le même livre, c'est ce que l'on dit souvent des écrivains. Je reviens des courses (dans le lieu où je vis et où les librairies ont déserté, on ne trouve les livres qu'à la Fnac où au Leclerc) et après avoir feuilleté le Modiano en question je n'y ai rien perçu de transcendant. J'ai délaissé les Prix pour un livre dont je ne connais pas l'auteur si ce n'est pour l'avoir écouté dans la LGL, L'Art presque perdu de ne rien faire de Dany Laferrière. J'avais cru comprendre que notre écrivain national avait été mal reçu comme Prix Nobel, notamment parce qu'il n'est pas connu à l'étranger. Sans doute Philip Roth ou Kundera auraient été mieux accueillis par la critique.

Publié le 14 Novembre 2014

Je suis bien d'accord avec vous Hubert en ce qui concerne le manque d'imagination dans la littérature d'aujourd'hui. Un écrivain devrait d'abord être un aventurier de la vie, vivre avant d'écrire. Notre époque souffre d'un manque de créativité, tout passe et rien ne reste, on lit un livre et déjà il est oublié. Dans d'autres domaines artistiques également le manque de substance est à l'origine de cette époque 'molle'. Les écrivains, quant à eux, sont certainement trop contraints par leurs maisons d'édition avec l'obligation de produire beaucoup pour être rentables au détriment d'une certaine originalité. Combien de fois me suis-je ennuyée à la lecture d'un livre, attendant enfin la chute pour y trouver du sens, et de chute il n'y a pas... Et le livre est un succès et je n'y comprends rien. Il y a parfois quelques pépites ici ou là, en cherchant on en trouve hors des sentiers battus, là où personne n'en parle...

Publié le 13 Novembre 2014