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Le 10 fév 2016

Le bonheur d’écrire

L’invasion du numérique, la possibilité de s’auto-éditer en quelques clics, ou du moins de confectionner, sans bourse délier et en toute autonomie, son livre, n’ouvrent cependant pas la route vers la gloire ou le succès. Où que l’on aille, il n’y a pas de place pour tout le monde. Pour percer, en tant qu’édité ou autoédité, plusieurs facteurs doivent s’enclencher, certains de ceux-ci sont sous notre contrôle et d’autres ne nous appartiennent pas.
Ecrire, c'est le premier luxe de l'écrivainLe bonheur d'écrire, un luxe absolu.

Le succès d’un livre autoédité est-il aussi fait du hasard et de l’air du temps ?

Ceux qui ne nous appartiennent pas relèvent du « hasard », de « l’air du temps », de « mains invisibles » et pourtant très humaines appelées « coups de pouce ». Bref, de tout un tas de contingences hors de notre champ de vision. Cette espèce de loterie qui fait que de petits chefs-d’œuvre (voir Emmanuel Bove) restent inconnus, quand des brulots embarrassent le décor, l’alourdissent sans rien nous apporter.

L’auteur est le chef d’orchestre de sa promotion

Les facteurs qui relèvent de nous-mêmes nous échappent bien souvent. Un auteur autoédité doit être « homme » orchestre. Bien souvent, il est d’ailleurs une femme. Et qui réussit à être un orchestre à soi seul ? Peu, en vérité. Si l’on regarde de près, on trouvera beaucoup d’engagement parfois glorieux, astucieux, novateur, courageux ou bien navrant de naïveté. En plus d’être orchestre, on découvre bien vite qu’il est également nécessaire d’être marathonien, car rien ne s’obtient en un jour. Du coup, la formule exacte devrait être : marathonien-orchestre.
Moi, je ne suis pas un orchestre. Au plus, je maîtrise deux ou trois instruments. Donc, de ce point de vue, je me retrouve assez vite en mauvaise posture, sachant que par ailleurs, je serais d’avantage sprinteuse que marathonienne… Je fais donc partie de ces autoédités qui cumulent les handicaps.

Mais j’écris chaque jour (que j’arrive à arracher à mes tentatives désespérées de me faire connaître –Dieu quelle activité chronophage !-)

Mon seul luxe, le plaisir d’écrire.

Fort heureusement, chaque jour m’apporte un bien que personne d’autre que moi ne pourrait me fournir : LE BONHEUR. Le bonheur d’écrire ! Un luxe absolu, une richesse immense, l’espace infini des pages vierges, rien que pour moi. Une jouissance merveilleuse, une liberté sans bornes. La possibilité de laisser mon esprit et mon énergie se cristalliser en histoires, en personnages, en énigmes qui ne se dévoilent à moi-même, leur auteur, qu’au bout de semaines ou de mois de Quête à travers mots, images, sons, sensations, senteurs et toutes les saveurs des mondes imaginaires. Whaouuuuh ! Le Bonheur.

Et parfois en prime, on ne sait comment arrive un témoignage de lecteur. monBestSeller pour cela est le compagnon inespéré. Quelqu’un quelque part à lu ce que j’ai écrit, un morceau de mes entrailles, un bout de ma barbaque –car ce Bonheur me donne les ailes pour aller fouiller dans ce que j’ai de plus vrai, de plus intime- ; oui quelque part un inconnu a lu ma tripaille, s’y est retrouvé, et plus encore, a trouvé là-dedans quelque chose qu’il cherchait.

Ecrire est un luxe à part entière. C’est la réflexion que je souhaitais partager aujourd’hui. Ami dans l’écriture, si tu n’as pas encore rencontré d’audience malgré tous tes efforts, tu as déjà cela, ce Bonheur, ce privilège, cette joie de pouvoir créer les mondes que tu portes en toi. Rends-toi compte, à quel point déjà, tu es riche et fameux !

Myriam Orazzo.

13 CommentairesAjouter un commentaire

Je ne crois pas que le succès vienne par hasard... quant à la chance, certains sauront mieux la mettre de leur côté... Qu’est-ce qui fait le succès d'un livre ? Il me semble que ce qui compte c'est surtout l'identification : un lecteur a besoin de pouvoir s'identifier aux personnages. C'est sans doute ce qui explique (du moins en partie) le succès de certains auteurs. Une autre question à se poser est : 'pourquoi écrit-on ?' Le plaisir, la reconnaissance, la célébrité, vivre de sa plume, le simple fait d’être lu… etc... Si, certains sont doués pour écrire des romans à succès, d'autres feront des livres pour un public plus restreint. Lorsqu’on écrit, il faut apprendre à devenir philosophe. Il y a des livres brillants dont on n’entendra guère parler et des livres genre ‘romans de gare’ qui connaîtront un franc succès auprès d’une majorité. Que faut-il en conclure ? Comme dans de nombreux domaines, quantité et qualité ne font pas toujours bon ménage !

Publié le 15 Février 2016

Et si nous imaginions un instant, qu'écrire n'est qu'à ces balbutiements. Si par exemple nous comparons l'écriture égyptienne avec l'invention de l'école jusqu'à nos jours...peut être que le bonheur d'écrire n'est pas encore maîtrisé dans son ensemble par une majorité d'entre nous pour exalter toute sa puissance? peut être qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir...peut être que nos écrits, ici et là, ne sont que le début d'un changement. peut être qu'un jour, nos jeunes seront si passionnés par l'écriture, qu'il remplaceront les cancres de télé réalité aux neurones disjonctés, par des gamins sachant tenir encore un stylo ou tout du moins taper sur un clavier ; ils les enfermeront cette fois-ci dans une maison pour formuler leurs plus belles expressions et faire de l'écriture l'audimat le plus populaire de tout les temps...peut être.

Publié le 14 Février 2016

@lamish.Je trouve la comparaison avec la peinture excellente.En effet, quoi de plus réjouissant pour un peintre que d'offrir son tableau ? Quoi de plus étonnant que d'offrir son livre qui procure le plaisir à l''inconnu qui le reçoit ? Qu'importe les gondoles, pourvu que l'on navigue vers les terres mystérieuses que sont des lecteurs surpris par cette invasion.

Publié le 14 Février 2016

@Mickaël Paitel  Meme si Levy s'en allait a Venise, il resterait malheureusement Musso et Gavalda pour truster les premieres place des etageres... :)

 

@Myriam Orazzo  De Levy je n'ai lu que le premier livre, Et si c'etait vrai. Je crois que c'etait le livre que les gens voulaient lire a ce moment la. Ca explique une partie du succes. L'autre explication c'est que Levy etait publicitaire de metier et que cela l'a bien aide pour le lancement.  Parfois le talent ne fait pas tout. La chance veut sa part.

Publié le 11 Février 2016

Vous venez de me montrer le chemin pour realiser mon plus grand rêve. Merci...

Publié le 11 Février 2016

On peut, comme le suggère la fin de l'article, positiver, mais si Marc Lévy pouvait prendre une gondole à Venise pour nous laisser les têtes de gondoles des librairies, vides, ça nous ferait une sacrée publicité !

Publié le 10 Février 2016

Bel élan des mots et du coeur, Myriam. Je vous rejoins en ces points qu'il n'y a pas de meilleur moteur que les retranscriptions d'émotions vraies. Qu'importe un soi-disant "succés" et son cortège d'illusions à côté de ces voyages intérieurs et de ces partages. Bonne continuation.

Publié le 10 Février 2016

Merci, Myriam, de partager vos points de vue et expérience dans lesquels nous nous retrouvons tous, du moins, je l'imagine. Les pulsions créatives font parties des plus belles à vivre et les partager est un aboutissement. Lorsque je dessinais ou peignais, j'offrais mes oeuvres pour qu'elles continuent à vivre dans le regard des autres. Avoir la chance d'être lus et commentés sur ce site satisfait la même démarche. Une partie de soi, de ses rèves et de sa réflexion continue à vivre dans l'esprit des lecteurs et trouvent parfois des échos qui font chaud au coeur. C'est une sensation merveilleuse. J'aimerais citer un extrait de la chanson de Michel berger, interprètée par France gall. je n'ai pas d'équivalent pour l'écriture mais, quand notre plume glisse, comme animée, cela s'en approche :

 

Et comme un bateau
Porté par sa voile
Doucement le pinceau
Glisse sur la toile
Et voilà l'homme
Qui croise avec ses yeux
Le temps d'un éclair
Le regard des dieux
Cézanne peint
Il laisse s'accomplir le prodige de ses mains
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n'voient rien
Si le bonheur existe
C'est une épreuve d'artiste 

Publié le 10 Février 2016

J'écris, tu écris, il ou elle écrit, nous écrivons.... Pour le plaisir, par nécessité, pour rêver, pour transmettre la mémoire, les connaissances, pour faire des ces plongées intérieures qui nous en apprennent tellement sur nous-mêmes et par conséquent sur les autres, que parfois c'en est confondant. C'est vrai que c'est un bonheur, et celui-ci est encore plus grand, plus intense, plus complet, quand nos écrits trouvent lecteurs. Ces chers lecteurs indispensables ! Car sans eux, cet acte d’écriture qui, s’il est intensément solitaire dans sa réalisation, ne peut totalement s’épanouir sans eux. C’est le côté magique du partage. Vous avez mille et mille fois raison Myriam, le bonheur est pour tous ! Il y a quelques années de cela, je n'imaginais pas qu'un jour ce bonheur pourrait m’être offert : être lue par d'autres personnes que celles de mon entourage (trop gentilles, trop complaisantes, distributrices de cinq étoiles les yeux fermés !) et qui en plus, me feraient part de leurs avis, de leurs ressentis, sincères et honnêtes... Mais les temps changent, et maintenant il y a des sites tels que monBestSeller... Quelle aubaine ! Quelle opportunité ! Pour tous ! Pour ceux qui, comme moi, ne cherchent le plaisir d'être (enfin !) lus que par une poignée de lecteurs. Et pour ceux dont les rêves, les ambitions sont plus grands. Merci Myriam Orazzo pour cette tribune, pleine de… Comment dire ? Waouuuh ! Oui, le dire comme ça est parfait !

Publié le 10 Février 2016

Merci Myriam pour cette tribune pleine d'humilité. J'aime beaucoup votre conclusion. Si nous avons un petit don exploitons-le avant tout pour nous faire plaisir, pour créer, pour le Bonheur que cela procure. Lorsque, parfois, ma muse me fait faux-bond, je suis en manque. Je suis très attachée à mes personnages nés de mon imagination. Ils se trouvent désormais sous format romans dans ma bibliothèque, rien que pour moi ! Quelle fierté, quand même, que mes "bébés" cotoient les grands auteurs sur ses rayonnages. Merci à MBS de nous permettre de faire de belles rencontres et de partager nos ressentis. Fanny, une amie en écriture.

Publié le 10 Février 2016

La remarque de votre amie me semble très juste, Myriam. Quant à l'aut-édition, elle nous permet d'être publiés, de voir notre livre sous une forme numérique ou papier. Ce qui lui donne une certaine réalité. Mais il est certain que cela ne suffit pas à vendre!

 

Publié le 10 Février 2016

Merci Myriam pour ce bel article, et je rajouterai si "Ecrire sans raison est un bonheur", alors écrire avec raison et pour une raison" ce ne peut-être que son accomplissement ! Bonne continuation.

Publié le 10 Février 2016

Belle tribune Myriam :-) Allez zou, je partage sur ma page FB. Théoriquement on écrit d'abord pour soi, avec ses tripes et son bagage. Ensuite on aménage pour rendre le résultat lisible et visible par d'autres personnes, si on souhaite le diffuser. Mais il est indéniable que comme pour toute passion, il faut aimer ça pour le faire ! Pour ce qui est du succès, si les bases essentielles sont le travail, la rigueur et le plaisir, il est certain que la chance et le hasard sont des éléments incontournables qu'on peut essayer de déclencher par moments mais sur lesquels on n'a finalement aucune prise... Bon courage dans vos démarches, et bravo de parvenir à écrire tous les jours !

Publié le 10 Février 2016