Interview
Le 17 mar 2016

Autoédition. Sélection Prix Concours : Charles Carter, nominé

"En coulisses", roman de Charles Carter à lire en ligne ou télécharger gratuitement"En coulisses", roman de Charles Carter à télécharger gratuitement

L’utilité d’être ? Que devons-nous faire de cette vie ? Où nous mène-t-elle ? Comment en tirer profit pour nous-même et pour autrui ? L’auteur s’interroge et interroge ses lecteurs... Et c'est avec grande érudition, et sans doute une utopie désirée, qu'il suggère la réponse la plus improbable qui soit. Mené sur le mode roman d’aventure, En coulisses a passionné les lecteurs qui ont répondu en l'élisant Sélection de mars, nominé au Prix Concours monBestSeller de l’auteur indépendant 2016. Maintenant, c'est à notre tour de questionner Charles Carter…

Question: 

Dans votre roman, vous vous interrogez et interrogez le lecteur sur l’origine du monde et son avenir, sur la vie, la vie après la mort… Et votre récit fait preuve d’une grande culture, protéiforme, philosophique, psychologique, biblique… D’où vous vient cette érudition ?

Réponse: 

De l’intérêt que j’ai toujours porté à l’humanité, de l’étude des religions et des cultures, de la lecture et de la culture en général depuis mon plus jeune âge. De mon point de vue, la seule chose que nous emmenons à l’heure de notre mort, c’est le savoir emmagasiné durant notre vie, les rencontres que nous avons faites et ce qu’elles nous ont enseignées. À mon sens, la vocation première de l’être humain est d’apprendre. Cela m’a rendu curieux de tout.
 

                               Je ne sais plus quel philosophe a dit :
                 « Poser une question, c’est avoir l’air ignorant un instant,
              mais ne pas la poser, c’est rester ignorant pour le reste de sa vie ».
                           J’adore cette citation, elle est mon leitmotiv.

 

Enfant, j’ai eu la chance d’évoluer dans un milieu au sein duquel la lecture et la culture en général occupaient une grande place. Cela ne m’a plus jamais quitté. J’ai toujours lu trois livres en même temps pour « aiguiser ma mémoire ». Le fait d’être confronté à plusieurs histoires, plusieurs lieux et plusieurs personnages oblige inconsciemment la mémoire et les facultés de discernement. Cela nous est très utile dans la vie de tous les jours. La mémoire et la culture sont des potagers. Plus on les cultive et plus ils s’avèrent productifs.
Rien ne me navre plus que de voir des parents refuser un livre à leurs enfants. J’ai été confronté récemment à une scène de cet ordre dans un rayon de supermarché. Une petite fille demandait à sa mère de lui acheter un livre qui avait trait à l’astronomie. La réponse de la mère m’a désappointé : « tu as eu une mauvaise note hier, donc pas de livre ! » S’il s’était agi d’une bande dessinée ou d’un livre purement marketing, j’aurais pu comprendre, et encore… je n’en suis même pas sûr !... Mais comment cette mère peut-elle prétendre à ce que sa fille ait de meilleurs résultats scolaires si elle lui refuse ce qui est la base de la culture : un livre !? Ça me désole. En ce qui me concerne, en tant que père, je n’ai jamais refusé un livre à ma fille, même dans les périodes de notre vie durant lesquelles peu d’argent entrait au foyer. Ma meilleure récompense a été de la voir lire assidument durant toute son enfance et son adolescence.
La récompense suprême a été de la voir écrire son premier roman à dix-huit ans et de vouer une grande passion à l’écriture au point d’en vouloir faire son métier. Comme quoi la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre…

Cependant, pour en revenir à votre question, à l’écriture d’une histoire, il faut distinguer deux sortes de culture. La culture déjà acquise avant le processus d’écriture, qui permet d’amorcer le récit et celle acquise dans le cadre des recherches inhérentes à l’histoire. Pour ce livre, le temps passé en recherches a été égal au temps passé à l’écriture proprement dite.

          Comme quoi, on se cultive en lisant, mais on se cultive aussi en écrivant !

Question: 

Vous dites que vos personnages existent. On en reconnaît certains, bien sûr. Mais qu’en est-il de Lucy, de ses visions surnaturelles et de sa réincarnation terrestre ? Quelle a été votre source d’inspiration ?

Réponse: 

La plupart des personnages du livre existent ou ont existé. Cependant, excepté Elisabeth, inspirée d’Elizabeth Kübler-Ross, la célèbre psychiatre, les autres principaux protagonistes sont purement fictifs. Lucy doit son nom à la femme la plus ancienne de l’humanité dont les restes ont été découverts dans la vallée de l’Omo en Ethiopie. Cela m’a semblé un clin d’œil intéressant.
D’autre part, il fallait un prénom qui puisse par la suite devenir un prénom composé afin que le lecteur ne perde pas le fil de l’histoire en mélangeant les personnages. La deuxième partie du prénom sonnait bien car Anna s’accorde parfaitement avec Lucy puisqu’il existe le prénom Luciana.
J’ai voulu la voir provenir des Balkans, car dans l’histoire, de nombreux conflits ont émergé de cette partie du monde. De plus, le fait qu’il y a seulement vingt ans, une guerre ait à nouveau éclaté dans cette partie du monde en se terminant par un génocide, à seulement deux heures de vol de Paris, sans que personne n’y prête plus d’importance que cela, me permettait d’accentuer les dysfonctionnements et imperfections du genre humain, pour aller dans le sens de l’histoire, vers cette notion de conscience collective de l’humanité.
Enfin, l’idée de réincarner Lucy m’est venue d’un livre que j’avais lu dans ma jeunesse et qui a été à l’époque très controversé. Il s’agissait de l’histoire d’un citoyen anglais nommé Cyril Henry Hoskin qui avait prétendu avoir fait don de son corps à l’âme d’un moine tibétain nommé Lobsang Rampa. Lequel a, par la suite, écrit une vingtaine d’ouvrages tout aussi controversés, mais quand même vendus à des centaines de milliers d’exemplaires !...

Question: 

Vous mélangez habilement la part romanesque et le tangible, notamment en vous référant à des événements connus de tous. Est-ce une « technique » pour faire douter votre lecteur sur la part du vrai et celle du romanesque ? Ou avez-vous jugé que c’était la manière la plus évidente pour faire passer votre message ?

Réponse: 

Les deux, je pense. En effet, le fait de pénétrer le contexte du roman de faits réels dont les acteurs sont des personnalités connues m’a permis de crédibiliser le récit. Qu’un pape démissionne parce que Dieu le lui a demandé ou qu’un membre du Vatican dérobe des documents, sont des faits réels qui ont été longuement relatés dans les médias. Je ne les ai pas inventés pour les besoins du récit, mais je les ai utilisés comme supports sur lesquels appuyer le romanesque. Mixer le réel de l’actualité avec d’autres faits réels que sont les EMI donne encore plus de crédibilité et de poids au message que je voulais faire passer, à savoir que l’humanité, la planète et au-delà, l’univers, ne sont qu’une seule et même entité. Nous faisons partie intégrante d’un tout. Mais cela, Mathieu Ricard l’explique mieux que moi.

Question: 

Vous délivrez un message humaniste et écologique. Est-ce une prise de conscience qui vous a toujours habité dans votre vie professionnelle ?

Réponse: 

Toujours, aussi loin que je me souvienne et pas seulement dans ma vie professionnelle mais aussi au quotidien. C’est même devenu un « travers » familial à l’initiative de ma fille, écologiste convaincue et grande protectrice de la nature sous toutes ses formes.

Question: 

Votre conclusion est utopiste bien sûr. À la suite de votre long plaidoyer, on pourrait dire malheureusement. Qu’est-ce qui vous a amené à choisir cette fin ? Une fin moins impossible n’aurait-elle pas donné encore plus de force à votre message ?

Réponse: 

Je ne pense pas car le message en fait est « qu’il reste tant à faire ». Tellement de destructions, d’injustices, de guerres, sont le fait du genre humain, que seule une prise de conscience collective pourra en venir à bout.
Regardez, un exemple tout simple, il y a seulement trente ans, si on nous avait dit que les gens, trente ans plus tard, trieraient leurs déchets pour préserver la planète d’un inéluctable réchauffement climatique, l’aurions-nous cru ? C’est pourtant désormais un fait acquis dans la plupart des pays développés et maintenant que le pli est pris, je suis convaincu que cela fera « tâche d’huile » et sera l’objet d’une prise de conscience planétaire, tous pays confondus.
C’est un tout petit exemple mais il reflète le fait que tout est possible avec de la réflexion, de l’éducation et une petite dose d’altruisme.

Question: 

Vous dites avoir, entre autres passions, l’écriture. Avez-vous déjà écrit dans ce même genre ? roman ou essai ?

Réponse: 

J’ai quatre autres ouvrages en cours. Dont l’un est proche dans l’idée de En coulisses car il traite de la possibilité de l’existence d’autres dimensions, d’abolition des notions d’espace et de temps telles que la physique nous les a enseignées jusqu’à ce qu’Einstein entrouvre la porte avec sa théorie de la relativité. Mais auparavant, je me cantonnais plutôt au genre politique fiction dans le style Tom Clancy mais avec beaucoup moins de talent.

Question: 

Pour quelles raisons avez-vous publié votre roman sur monBestSeller ? Que vous inspire d’avoir été élu Sélection mensuelle de mars et d’être ainsi nominé pour le Prix Concours monBestSeller de l’auteur indépendant 2016 ?

Réponse: 

Je l’ai publié en premier sur Amazon. Mais j’ai une vie professionnelle plutôt bien remplie et le temps m’a manqué pour le promouvoir. Alors, il est resté bien rangé dans l’une des pages d’Amazon en format Kindle sans susciter beaucoup d’intérêt, car perdu au milieu de millions d’autres.

Lorsque j’ai eu connaissance de l’existence de monBestSeller, j’ai pensé que c’était le meilleur endroit pour que le livre rencontre son lectorat. La manière dont votre site met en avant les auteurs est unique et elle permet de se faire une idée de la valeur réelle d’un texte.
En effet, l’entourage proche ne peut pas être objectif alors que des lecteurs inconnus apportent une critique constructive qui permet d’avancer et de se faire une idée réelle de la qualité du texte auprès d’un lectorat averti, car passionné et non sujet à l’influence affective familiale ou même amicale.
Être nominé m’inspire une grande fierté bien sûr ! Mais dans ce contexte ma plus grande fierté vient du grand nombre de lecteurs qui ont « pris le risque » de me lire et des appréciations que j’ai reçues sur le site. La première revendication d’un auteur est d’être lu. La deuxième d’être apprécié. Je suis donc comblé.

Propos recueillis par Isabelle de Gueltzl

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