Interview
Le 09 avr 2014

Hubert Letiers, un destin tardif vécu sans concession, l'écriture.

De la passion de l'écriture à l'édition.De la passion de l'écriture à l'édition.

Financier interface pour défendre les actionnaires, Hubert Letiers a toujours vu la dimension sociale de son metier; Dans ce cadre, il a beaucoup travaillé avec une concision formelle doublée d’une capacité d ‘engagement dans l’inconnu... Il lui en reste le goût de l’écriture. Il a mobilisé alors son imagination vers des fictions inspirées de toutes ces expériences. Une thérapie qui a dopé sa passion .

Question: 

Et aujourd'hui, comment vivez vous cette mutation?

Réponse: 

Devenu un « intermittent en dilettante » de l’industrie financière, lecture et écriture occupent 40 à 50 % de mon temps. Mes lectures sont très éclectiques, (de Platon à Françoise Giroux, en passant par Camus, Yasmina Khadra, Haruki Murakami, Marianne, Greg Marcus, Sciences et Vie, etc…) Je décortique presque chirurgicalement tout ce que je lis. Puis je le métisse à ma façon, avec ma sensibilité propre, pour ensuite construire ma propre musicalité littéraire. J’aime apprendre, comprendre, imaginer comment refaire le monde, et le servir autrement. J’affectionne l’écriture de Thrillers parce qu’au-delà de rendre le lecteur captif d’une intrigue, ils offrent une grande diversité de thèmes, ils favorisent les changements de rythme, ils tolèrent l’émotion, ils décryptent une société, ils opposent des sensibilités, ils éclairent des mécanismes obscurs, etc… bref, on peut y instiller du subliminal dans un style dynamique et ciselé. J’ai besoin de m’amuser en écrivant, même si l’exercice est exigeant et chronophage. L’écriture est une gymnastique d’esprit dans laquelle aucun talent ne peut s’affranchir d’une méta-dose de travail. Mais là, ce travail c’est mon choix, donc il me plait. En ce qui concerne les intrigues elles-mêmes, comme Agatha Christie, c’est avec l’actualité et dans mon parcours que je nourris mon inspiration. Je suis servi !

Question: 

Et demain quels rêves?

Réponse: 

Lors d’une émission intéressante, donc très tardive et sur une chaîne orpheline d’audimat, un peintre dont j’ai oublié le nom a dit cette phrase : « le summum du bonheur est d’exercer sa passion et de pouvoir en vivre ». Tout était dit. Je ne sais pas si j’en vivrai, ni jusqu’à quel point il faudrait que je puisse en vivre, (heureusement). Mais je rêve simplement de continuer à écrire des ouvrages qui parlent aux gens en leur offrant du plaisir, des frissons, de l’émotion, voire une certaine alternative. Un rêve partagé par mon épouse, elle au travers de la peinture. Dans la famille, nous rêvons au bout des plumes et des pinceaux… Mes projets : deux livres bientôt terminés, et un Thriller dont l’intrigue se situera dans les arcanes du monde éditorial… oui je sais, je ne recule devant rien.

Question: 

Et votre passion intense donne t'elle un mode d'écriture particulier?

Réponse: 

J’ai parfois l’impression que mon cerveau écrit malgré moi. Quel que soit le lieu, les circonstances qui m’entourent, les événements en temps réel, etc… il fouine, me ressert le passé, mémorise le présent, projette l’avenir, mixe tout. Je murmure, je rentre chez moi, je griffonne des bribes de ces fulgurances sur un carnet de notes. Je mélange tout, idées, style, lieux, dialogues virtuels… une complète entropie, catharsis de ma vie antérieure ? Et puis, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, j’active mon PC dans l’atelier de peinture de mon épouse. Entouré de toiles je me sens devenir plus fécond, (un toc ?) Je construis, déconstruis, recoupe, j’épure… Première préoccupation : la cohérence de l’intrigue et le besoin de la lier à une réalité. Seconde : la fluidité et la musicalité du style. Troisième : le profil des personnages. Quatrième : saucissonner le scénario pour maintenir le suspens, surprendre le lecteur… Un auteur qui m’inspire ? Y’en a trop ! Un bouquin bien construit ? Celui qui vous donne envie de hurler « Eh merde ! » quand pour une raison ou une autre vous devez interrompre sa lecture…

Question: 

La question « Monbestseller » - en une phrase, que diriez-vous pour convaincre vos lecteurs ?

Réponse: 

Après m’avoir lu, plus jamais vous n’oublierez de prévoir l’imprévu !

ADN 3.0 Hubert Letiers

 

(Les lecteurs comprendront pourquoi)

Hubert, dans les pensées de Gustave Flaubert, j’ai retenu : « En littérature comme en gastronomie, il est certains fruits qu’on mange à pleine bouche, dont on a le gosier plein, et si succulents que le jus pénètre jusqu’au cœur. » À mon sens, cela résume le niveau de l’œuvre que chaque auteur rêverait d’atteindre.
Publié le 10 Avril 2014
Cher Hubert tout est dit. Oui pour écrire il faut prendre du plaisir ainsi qu'à la lecture. Si en plus le roman est bon et qu'il plait aux lecteurs alors là c'est formidable. Zema
Publié le 10 Avril 2014