Actualité
Le 19 jui 2013

Boire ou écrire ? Faut-il choisir ?

S’il est généralement recommandé d’écrire avec modération par égard aux nombreux lecteurs qui pourraient se raréfier, faut-il modérer sa consommation pour produire de bons écrits ? En un mot, la question peut se poser ainsi : la prise d’alcool stimule-t-elle d’une manière quelconque l’acte de création ? Étroitement corrélée à l’activité créatrice, notre grand philosophe Deleuze (est-il le mieux placé pour en parler ? ) ne la condamne pas si elle favorise le processus créatif. Elle constitue « la seule petite justification possible ».
Boire ou écrire ? Faut-il choisir ? Boire ou écrire ? Faut-il choisir ?

 À l’inverse, si boire empêche de travailler, l’alcool constitue alors selon lui un « danger absolu ». Ce catalyseur éthylique ne va pas sans un don physique de soi-même… c’est une approche sacrificielle. Qu’importe si le sujet doit payer de sa personne, la création demeure prioritaire.

« L’alcool est plus que la charnière entre création et autodestruction »... Ce sont les propos de Yann Andrea dernier compagnon de Marguerite Duras, et son exécuteur littéraire. L’alcool est, entre autres, ce qu’il y a entre eux. Il veut qu’elle arrête et il boit avec elle.

Deleuze, Scott Fitzgerald, Fante, Sagan, Faulkner ou Apollinaire qui brisait son verre tel un « éclat de rire »… auraient-ils été ce qu’ils ont été sans l’alcool ? Il est clair que l’on ne compte plus les bons écrivains amoureux de la muse « bouteille » inspirante et ô combien aspirante.

Le daiquiri d’Hemingway, variante du Mojito, trouve son temple au Ritz dont le bar porte son nom, le classique whisky des deux Jack : Kerouac (et London) dont la célèbre phrase « I became a drunk because I like the ectasy of the soul » ( Je suis devenu alcoolique, parce que j’aime l’extase de l’âme) légitime souvent les quelques verres de trop de certains amateurs avertis en écriture.

Pour les moins classiques, le « Long island ice tea » mélange explosif qui faisait le quotidien de Carson Mac Cullers, ou le Mint Julep, affectionné par Faulkner (whisky et menthe dans un verre de métal pour emprisonner les arômes), ou encore le boilermaker de Bukowski (bière et whisky qui fît l’une des légendes d’« Apostrophes ») pourront peut être donner aux plus timorés de la page blanche un peu de courage...

Et si l’on se plaint de ne plus avoir de « Verlaine », faudra-t-il réhabiliter l’absinthe, cette « fée verte » à l’effet aphrodisiaque et stimulant consommée à 70 degrés par notre héros pour retrouver « l’heure exquise ».

Mais sachez que toute consommation d’alcool abusive sans génie sera sévèrement réprimée sans indulgence, aucune. Cela pourra néanmoins vous permettre de passer l’été à l’ombre.

L'alcool ne freine pas les aptitudes artistiques ou créatives elles peuvent au contraire les stimuler. Mais l'alcool freine en revanche les aptitudes à prendre des décisions. On devient un ventre mou. Dans le processus de création littéraire qui est solitaire. Il faut voir.
Publié le 08 Mars 2014
Il n'y a pas que l'alcool qui soit dangereux pour la littérature: Sunsiaré agonise, Roger Nimier est déjà mort. L'Aston-Martin n'est plus qu'un monceau de ferraille. Sunsiaré de Larcone conduisait comme un pied, alors à deux cent à l'heure, avec peut-être la main de Roger sous la jupe, on peut l'excuser de cette faute de goût. Après tout , Michel Gallimard a eu la peau de Camus, mais c'était une Facel-Véga, élégance française. Quant à Sagan, grande spécialiste du broyage de Jaguar, elle pensait que l'alcool n'avait aucune influence sur sa conduite, et quand on lui faisait remarquer que tous les experts affirmaient le contraire, elle répondait sans sourciller : «Peuh, qu'est qu'ils en savent, puisqu'ils ne boivent pas »
Publié le 06 Mars 2014
écrire en étant sobre est déjà un très grand travail, alors, alcoolisé, les idées doivent s'embrouiller.
Publié le 04 Mars 2014
Comme stimulants, je garde café et chocolat. Il me manque juste un chat sur les genoux (pour être contraint à rester devant la page). Et après tout, pas besoin d'alcool pour avoir l'ivresse d'écrire.
Publié le 24 Juillet 2013
Ze zui d'accord, hic !
Publié le 21 Juillet 2013
En ces temps d'interdiction de toutes sortes, en ce temps de lutte contre les automobilistes responsables plus que les vrais délinquants, alors que des associations comme 40 millions d'automobilistes mettent l'accent sur la lutte contre l'alcoolémie au volant, plutôt que d'accentuer la pression sur la vitesse dépassée d'1 km/h, je tiens à modérer cet article en recommandant d'écrire sobre. L'alcool qui ferait jaillir du génie c'est un prétexte d'alcoolique. Le vrai talent se fait à jeun et lucide.
Publié le 21 Juillet 2013
Écrire sous l'influence de l'alcool? Encore faut-il être capable de bouger sa plume ou de taper sur son clavier!
Publié le 19 Juillet 2013