Actualité
Le 24 fév 2015

Amazon devient éditeur : la guerre des prix du e-book débute

Même Fleur Pellerin en convient : le livre numérique est trop cher. Et l’attitude obstinée des éditeurs à tenir les tarifs du numérique à quasi-parité avec ceux du papier ouvre la voie à notre géant Amazon. Résultat : le piratage, pour 35 % des lecteurs selon une étude IFOP conduite pour Hadopi; et surtout Amazon devient éditeur pour le meilleur mais certainement pour le pire aussi. On recule pour mieux sauter.
Amazon devient éditeur pour le meilleur et pour le pireAmazon éditeur : les e-books à quel prix?

Si des centaines de classiques du domaine public, mis en ligne gratuitement, militent en faveur de la lecture numérique (pour 44 % des sondés), 30 % des lecteurs numériques ne lisent exclusivement que des e-books gratuits. Si le gratuit séduit tant, c’est aussi pour des raisons morales ; le prix du livre numérique paraît trop élevé. 25 % des sondés déclarent même préférer acheter un ouvrage en version papier, si sa version numérique n'est pas disponible gratuitement.

Le prix psychologique accepté du livre numérique entre 5 et 10 Euros.

Cette fourchette, résultat du sondage IFOP, trouve deux explications fondamentales rationnelles : fabrication et distribution, dont les coûts sont considérablement allégés, et surtout l’immatérialité des e-books qui ne génère pas l’instinct, le plaisir de la possession, que les biens matériels procurent...

Gratuité : Les lecteurs découvrent des livres qu’ils n’auraient par ailleurs jamais lus. 
"Les lecteurs explorent des livres qu'ils n'auraient pas lus s'ils avaient dû les acheter» (38 %). Les offres bundle sont sous examen (offre papier payant, numérique gratuit),  les abonnements, porte ouverte aux lecteurs sur une bibliothèque surabondante ont été récemment considérés comme non conformes à la loi. Cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, ne fait que reculer des échéances qui se sont déjà réalisées dans le monde de la musique.

La librairie, une résistance héroïque, et un capital affectif solide. 
45 % des lecteurs sont attachés au papier, et 35 % d’entre eux considèrent la lecture numérique comme simplement complémentaire. La flânerie et les découvertes au hasard de livres manquent à beaucoup, et nombre d'entre eux vit ces moments de promenade, déjà comme une vague nostalgie.

Par ailleurs, les lecteurs de numériques sont peu réceptifs au conseil. Les principes de recommandation d’internet robotisent le guide, le « vous aimerez aussi » n’a pas la cote, considérés comme télécommandés et intrusifs.

Le nouveau statut d’Amazon comme éditeur remet en question l’équilibre fondamental du livre. 
Retour aux abonnements, situation concurrentielle abusive, réaction des auteurs phares qui font aujourd’hui le chiffre d’affaires des Maisons d’édition, réaction du gouvernement. Toutes ces données combinées vont redessiner la carte de l’édition et hatiser la guerre.

La corporation des éditeurs, soutenue par les bonnes intentions du gouvernement, est défendable. Mais à vouloir trop garder, ne pas s'adapter, on peut tout perdre. On a le sentiment d'un escargot dans une fourmillière. Tôt ou tard, le rempart des prix tombera.  C’est cette guerre que le monde de l’édition doit préparer et non pas les escarmouches d’aujourd’hui.

Source : Etude des perceptions et usages du livre numérique (Novembre 2014)

Christophe Lucius

En ce qui me concerne, mes ebook sur Amazon sont à moins de 5 euros. Pourquoi ? Tout simplement pour me faire connaître, être lue est mon principal objectif. Nous sommes des milliers à vouloir nous faire connaître, alors pourquoi être exigeant ? J'ai trois romans sur Amazon, ils marchent plutôt bien. Bientôt un extrait de mon quatrième roman sur ce site.
Publié le 08 Mars 2015
Il faut preciser que le prix que j'indiquais c'est celui que pourrait fixer un ecrivain auto-edite qui garde 100% de ses royalties (donc 100% des 70% ou des 35% sur Amazon). Le probleme des prix trop eleves venait d'auteurs publies par des maisons d'edition. Souvent les royalties etaient divises 50/50 entre l'auteur et l'editeur. Du coup chacun voulait ses 4 ou 5 euros, soit 8-10 euros total qui devaient representer 70% du prix de vente, soit 10-15 euros... Vendre un ebook a 15 euros quand on ne s'appelle pas S King ou D Brown, c'est pas du gateau... :)
Publié le 25 Février 2015
+1 , aux alentours de 5€ ça parait honnête. Après tout dépend quand même de la taille du livre. Un pavé façon intégrale de LOTR à 9€99 ce n'est pas choquant. Un A.Nothomb par contre ne devrait pas dépasser 2€50 parce qu'on est presque dans le domaine de la longue nouvelle ou du roman court. Je sais que cette façon de voir va en choquer beaucoup mais le consommateur (car le lecteur en est un aussi) ne manquera pas de se faire la remarque. Il "en voudra pour son argent". PS : "Hatiser la guerre", c'est un jeu de mots, ou les verbes Hâter et attiser ont fêté la st valentin ensemble ;-) ?
Publié le 25 Février 2015
Je partage l'avis de Robert. Rien de plus à ajouter ;-)
Publié le 25 Février 2015
Un prix raisonnable entre 5 et 10 euros pour un livre electronique? Personnellement ce serait plutot entre 2 et 5 euros. Vous imaginez qu'a 10 euros, un auteur toucherait 7 euros par ebook vendu (70%)... j'aimerais pouvoir vendre mes ebooks a 10 euros :)
Publié le 25 Février 2015