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Le 08 fév 2013

Le Texas ose la bibliothèque sans livre

Une bibliothèque sans livre. L'idée est saugrenue. elle amuserait peut-être les surréalistes. Une bibliothèque sans livre, mais, précisons-le, au Texas. C'est déjà moins surprenant.
La bibliothèque de demain sera sociale ou ne sera pasLa bibliothèque de demain sera sociale ou ne sera pas

Rien que du numérique dans cette bibliothèque

Plus sérieusement, la bibliothèque « sans livre » que se propose d'ouvrir le comté de Bexar, à défaut d'être révolutionnaire, présente ceci de singulier qu'elle est pionnière en son genre : ici point de livre papier. Rien que du numérique. Il s'agirait dès lors de la première bibliothèque municipale à bannir le papier de ses rayons. La démarche n'est cependant pas neuve, une poignée d'universités américaines ont de fait d'ores et déjà franchi le pas.

Une bibliothèque comme un apple store

Emprunts de liseuses et consultations d'écrits sur ordinateurs compteront parmi les services prodigués par l'établissement. Les responsables du projet espèrent se doter d'une collection forte de dix mille ouvrages, sans oublier l'introduction prochaine de vidéos et musiques numérisées. Selon l'instigateur du projet, Richard Wolff, « le monde change et c'est le moyen le plus efficace de rendre service à notre communauté ». Quant à l'aspect des locaux, on s'en réfère aux inébranlables recettes : « si vous avez envie de savoir à quoi cela pourrait ressembler, allez dans un Apple store », poursuit-il. Naturellement, des considérations d'ordre financier viennent s'ajouter à ces ambitions modernistes : le support papier, coûteux, tend à devenir un luxe, et l'heure est aux économies.

Plus grande, plus accueillante, la bibliothèque est un espace de lien social

L'initiative, pour déroutante qu'elle paraisse, n'est pas sans intérêt. Là où les techniques nouvelles isolent plus qu'elles ne rassemblent, encourageant le plus souvent l'action à distance (achats, communication, diffusion du savoir), l'introduction du tout numérique n'entrave nullement ici les rapports humains. La bibliothèque reste un lieu de communion. Ne s'inscrit-elle pas dans le droit fil d'une pratique millénaire et ô combien nécessaire, à savoir la réunion des hommes dans un lieu dévolu au savoir et où le silence est roi ? Mais il y a mieux : l'effeuillage des bibliothèques laisse augurer d'un doublement des capacité d'accueil. Serait-ce le glas de ces interminables files d'attente qui donnent à nos bibliothèques universitaires de faux airs de nightclubs ? Souhaitons-le, car en toute honnêteté, rien n'est plus tragique que de faire la queue pour étudier.

Dernière chose notable, le projet a été baptisé « BiblioTech ». A l'heure où les puristes de la langue française s'irritent de l'anglicisation rampante du Français, voici que les Américains délaissent le terme « library » pour un proche cousin du nôtre. Un « one shot », me direz-vous. Probable.

 

Arthur Deming

 

Il fallait y penser et c'est peut-être l'avenir..
Publié le 04 Mars 2013
Article rigolo avec une vraie réflexion. Intéressant!
Publié le 12 Février 2013