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Le 05 juin 2013

Un livre acheté en librairie doit il être un acte solidaire

Rencontres nationales de la librairie française, dispositif du CNL, du CFCIC les libraires ont un ballon d'oxygène. Et tant mieux. Avec entre autres, 3,1 Millions de prêts à taux nuls, 12millions d'euros de subventions allouées aux librairies indépendantes pour l'année 2014, il s'agit d'un coup de pousse d'ampleur, attribué depuis une loi Lang qui commence à dater. Une nouvelle rituelle reçue avec satisfaction, naturellement, mais qui ne saurait conjurer pour autant les nuages qui pèsent sur la vocation du libraire.
Les librairies en difficultés - monBestSellerLes librairies en difficultés - monBestSeller

Inquiétude chez les libraires, à juste raison, les études le confirment...

Le taux de marge de ces établissements, de 0,6%, est par six fois inférieur aux autres commerces de détail. Pareil décrochage n'est cependant pas propre au marché du livre. Nul n'ignore en effet que les grandes enseignes de l'électronique, touchées de plein fouet, ne résistent guère mieux. Ainsi de la moribonde Fnac qui a su donner un coup de talon radical pour recouvrer une nouvelle vocation jusqu'aux Virgin megastores définitivement morts, Ces apôtres zélés d'un progrès qui - ingratitude suprême - risquent de leur coûter finalement l'existence. (si ce n'est pas déjà fait).

Des charges élevées, des marges en baisse

,Depuis cinq ans, alors que les grandes chaînes tiennent bon, petites et moyennes librairies subissent un inexorable déclin. Sur la vente d'un exemplaire seul, les libraires déplorent de n'être pas assez rémunérés. Si 25 à 38% du prix de vente leur est dû, les charges, elles, ne cessent de croître. Loyers élevés en centre-ville, coûts afférents à une main d' œuvre qualifiée et prix unique du livre sont autant d'obstacles au redressement de leurs finances. Pour survivre, les libraires doivent alors redoubler de sacrifices, notamment par l'allègement des salaires et l'accroissement du temps de travail.

Connaitre le métier de libraire, mais savoir aussi le réinventer.

Pénétrer l'enceinte d'une librairie est un geste devenu rare et, plus que jamais, c'est au libraire qu'il appartient d'achalander sa boutique. Cela passe par un travail d'animation des vitrines – qui tendent à devenir, il est vrai, d'authentiques fêtes littéraires –, l'entretien d'une solide proximité commerçant-client, véritable poumon du métier de libraire, la prestation de nouveaux services tels que l'installation de bornes de téléchargement, la création d'espaces innovants, à mi-chemin entre la librairie et le café, ou encore la diversification de l'offre culturelle. En somme, tout en conservant son identité profonde, la librairie du XXIème siècle n'aura d'autre issue que de se réinventer à marche forcée, sous peine d'extinction.

 

Arthur Deming

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