Interview
Du 10 aoû 2021
au 10 aoû 2021

NOCES DE SANG

Savoir qu'un rêve peut être un cauchemar, qui peut devenir la réalité d'un rêve qui peut devenir....La nouvelle de Jean-Louis Ermine pour l'appel à l'écriture "Nuit de noces" vous réveillera, c'est certain
Noces de sang ,la nouvelle de Jean-louis Ermine pour l'appel à l'écriture monBestSellerNoces de sang ,la nouvelle de Jean-louis Ermine pour l'appel à l'écriture monBestSeller

Je reposais apaisé auprès de ma compagne, mon épouse depuis aujourd’hui.

 

Tout avait été parfait. L’organisation s’était déroulée sans anicroche. Un grand mariage, une date unique ! Des souvenirs étaient désormais inscrits dans notre vie et, quoiqu’il arrive, ils resteraient gravés comme d’intenses moments de bonheur.

 

L’événement avait lieu dans une superbe propriété de campagne. C’était un petit hameau, aménagé avec de nombreux lieux de fêtes et de repos. La fête était terminée et chacun s’était retiré dans son logement pour attendre la levée du jour. Nous nous étions retrouvés, ma femme et moi et nous avions fait l’amour passionnément, devant le feu de cheminée que nos ébats semblaient attiser. Une large porte-fenêtre, dont nous avions écarté les rideaux, donnait sur une nature sauvage et magnifique, baignée par la pleine lune qui amplifiait la magie du lieu.

 

Nos corps rassasiés s’étaient assoupis et un sommeil alangui nous avait envahis.

 

Au bout d’un temps indéterminé, j’ouvris les yeux brusquement, pris par une angoisse incontrôlée, incompréhensible, venue du fond de ma conscience. La cheminée crépitait encore doucement. La lune, à travers la porte-fenêtre, dispensait une clarté blanche, qui soudain me parut menaçante.

 

La suite se déroula alors comme un film au ralenti. Je vis avec effroi deux silhouettes s’approcher silencieusement de la porte-fenêtre. Deux personnes cagoulées, toutes vêtues de noir. L’une d’elles tenait un pied-de-biche et s’attaqua à la serrure de l’ouverture, qui ne tarda pas à céder et la porte-fenêtre s’ouvrit. Un réflexe me fit bondir du lit et je me dressai devant les agresseurs, comme si mon corps pouvait servir de rempart à leur intrusion. Je reçus un coup violent sur la tête et un des assaillants me projeta sur le lit. J’essayais de me débattre, de crier, mais l’autre se jeta sur moi, me mit une de ses mains sur la bouche et m’appuya pesamment sur la gorge avec l’autre. Je suffoquais et j’étais paralysé. La force brutale qui s’exerçait sur moi, ajoutée à mon étourdissement, me paralysait et je ne trouvai aucune énergie pour réagir.

 

L’autre assaillant s’était aussi jeté sur ma femme. Je sentais, aux soubresauts du lit, qu’elle essayait de se débattre. Mais rien n’y faisait et moi-même, ne pouvant même pas faire un mouvement de tête, je ne pouvais qu’imaginer avec épouvante ce qu’elle était en train de subir.

 

Tout se déroulait en silence. Pas un mot, pas un cri. Juste les mouvements du lit, des gémissements et les souffles rauques des assaillants. Des corps entremêlés, qui luttaient, côte à côte. Une terreur infinie, envahissante, me submergeait au fur et à mesure que j’étouffais sous la pression meurtrière qui m’écrasait le larynx. J’entendais les gémissements de ma femme subissant les assauts du monstre et cela ajoutait à l’effroi. Je ne pouvais ni parler, ni bouger, ni voir. C’était d’une cruauté extrême.

 

Puis soudain, à côté de moi, il y eut un grand calme, apeurant. Je compris qu’il s’était passé quelque chose. Je ne sais pas comment j’ai fait, comment j’ai puisé des forces au plus profond moi. J’ai bougé en gémissant de plus en plus fort, j’ai surpassé la force brutale qui m’immobilisait. Je me suis arc-bouté, j’ai relâché la pression qui m’étouffait et j’ai pu tourner la tête en exhalant un râle. J’ai vu les yeux vides de ma femme, qui me fixaient d’un regard éteint. J’ai voulu hurler, mais j’ai entendu tout à coup, à la fois dans ma tête et dans la chambre un rire sardonique qui m’engloutissait. J’ai levé la tête. Une troisième personne était entrée dans la chambre, livide, grimaçante, vêtue d’une cape noire qui la couvrait des pieds jusqu’au cou. Il me regardait comme Satan devait regarder ses victimes. Et là, le cri primal qui était resté coincé au fond de ma gorge, sortit avec fureur, comme une révolte contre l’horreur du monde…

 

- Chéri, réveille-toi, tu es en train de faire un cauchemar !

 

Une main secouait mon épaule et j’ouvris les yeux. La chambre était calme. Un visage souriant, reposant sur l’oreiller à côté de moi, me regardait. Paralysé, reprenant mon souffle, je restai là, immobile à regarder le plafond, en essayant de comprendre que j’avais fait un mauvais rêve.

 

Je poussai un soupir de soulagement. C’était fini. Je n’avais plus rien à craindre. Mon ange gardien veillait sur moi.

 

Je me tournai dans le lit et me rapprochai de ma femme pour sentir la chaleur rassurante de son corps. Ma main se posa sur sa cuisse.

 

Mais ma première caresse rencontra un genou décharné et sanglant.

Jean-Louis Ermine

 

Merci @Russo, ce qui nous terrifie semble bien mystérieux en réalité !

Publié le 29 Août 2021

Effectivement, un petit air de "Contes de la crypte" dans le pitch final ! Mais bienvenu et surtout inattendu ! Entre ange ou démon, il nous convient à chaque fois de choisir et de réfléchir pour déterminer notre "nature" ! Ou alors la vérité se trouve-t-elle entre les deux ! ... Merci @Jean-Louis Ermine pour ce court voyage dans "la terreur Humaine" !

Publié le 26 Août 2021

Merci beaucoup pour vos réactions. C'est un plaisir de faire plaisir !

Publié le 17 Août 2021

Encore une autre version relative au thème d’écriture "Nuit de noces". L’imagination des auteurs a-t-elle des limites sur mBS ? Et c’est tant mieux.
Merci @Jean Louis Ermine pour ce délicieux moment de lecture, même si l’on est entraîné un moment dans le cauchemar vécu par le marié. Comme c’est bien écrit, donc crédible, le lecteur est baladé, avant d’être rassuré, ce qu’il espérait.
Merci pour ce partage. Avec ma plus vive sympathie. MC

Publié le 10 Août 2021