Marie Berchoud
Présentation

Auteure, lectrice, enseignante, éducatrice, mille rôle en une personne, comme bien d'autres !
Entrée dans le monde à Lyon. Entrée dans le monde du travail à l'usine (payer mes études, disais-je, et j'était libre d'expérimenter, choisir, aimer)
Ouvrages publiés : en auto-édition, huit romans, en édition classique, un recueil de nouvelles ; autres ouvrages : une dizaine (je ne compte pas les rééditions)
Perspectives : continuer, pardi !

Marie Berchoud a noté ces livres

5
Catarina Viti, Calibre 12. Mon soutien total car… L’auteure excelle à rendre la vie, la dire, la faire exister (cf. Femme au bord du monde). Dans ce récit, elle met en scène trois générations de gens modestes, hantés par le drame, ordinaire, bien sûr, quoi d’autre. Au centre, Tistou, bien campé sur sa jeunesse avec les hormones qui le démangent, et plus que cela, le désir d’aimer. Aimer absolument. Baiser, oui, si possible, mais d’abord, aimer. La sœur d’un copain, Cherrie, le hante, il fera tout pour la retrouver. Et ça se fera. Pas comme prévu. Sa mère a filé il y a longtemps déjà : c’était une pute, disait son père et Tistou… il le croyait. Avec ça, la relation de Tistou avec Cherrie ne va pas du tout, mais pas du tout se nouer comme dans ses rêves (il n’y a pas de masculin pour dire une midinette garçon : midinet ?) La réalité dans toute sa rude horreur le dépassera, et le Papé mourant à l’hôpital dira peut-être le fin mot. Voilà un récit bien ancré, vivant, et tendu vers sa fin, dramatique et logique. Je l’ai lu d’une traite. En le refermant, on se demande s’il y avait une autre fin possible. Et puis, non. La tragédie est toujours ce qu’elle était, sous le ciel méditerranéen qui la vit naître. Comme si la répétition, génération après génération, ne pouvait être rompue. Et c’est ça le pire. Mes réserves…. il y a très peu de choses à reprendre, vraiment, des broutilles : p 80 « Et que je ne vous vois pas / voie pas… » (subjonctif nécessaire) ; (p. 78) dire plutôt après qu’on a … ( et non « après qu’on ait », car on emploie après que + indicatif ; (p 44) une erreur plutôt typo : il manque un S à « tressailler ».
Publié le 29 Novembre 2019
4
Parallel, Les lignes exilées. Mon interrogation et mes éléments de soutien … L’auteur par son pseudo serait en résonance avec son titre ; alors, est-ce la personne d’un seul récit ? cela donne de la force, mais fragilise, aussi. Dans ce long récit complexe, les réseaux font communiquer Jakab Kalai alias Nocturnal, habitant de l’est européen, plus précisément la Hongrie (mais il n’y restera pas) et DaMihiMortem [donne-moi la mort, en latin, pseudo, mais la fille est française). Lequel est le plus désespéré ? la fille, semble-t-il. Mais le jeune homme vibre en écho à sa justesse, dit-il. Le tout dans des dialogues un peu longs ; apprendre à ne conserver que l’essentiel serait plus fort, je trouve. Car la tragédie est bel et bien là – aussi. Une épure plus forte et fine et dense me semblerait meilleure ; car cet ouvrage a du potentiel (ou plutôt son auteur). L’idée de départ est excellente, le style est net, les mots bien choisis. A mon avis, il faudrait juste resserrer le texte et l’action, sans se laisser déborder par les séquences dialoguées à distance ; il y aurait moyen de les reformuler, pour ne garder que les répliques essentielles. Mais ces dialogues s’arrêtent, DaMihiMortem a-t-elle cédé à ses démons suicidaires ? P. 39, le lecteur apprend qu’elle s’est jetée sous un train… mais elle en réchappe, cette Cassandre. Bon suspense, car le jeune Jakab craint ce que signifie le silence et va chercher à la rejoindre. Leur vie ensuite m’a paru un peu longue et détaillant trop de sentiments complexes mais fugitifs (ce qu’on ne sait pas alors !). Mon impression : + / - J’ai apprécié le rapport aux livres (Le Maître et la marguerite, si beau texte !) et à la culture, et l’ancrage dans le temps présent. Mais les excès même des deux protagonistes m’ont semblé sans distance, donc à reformuler. Pour un autre livre, plus abouti, car mûri. Les lignes exilées devront être oubliées puis reprises, dans un autre moment de vie (me semble-t-il), où l’indétermination aura pris du lest, et Parallel se sera posé-e ( ?).
Publié le 29 Novembre 2019