Marie Berchoud
Présentation

Auteure, lectrice, enseignante, éducatrice, mille rôle en une personne, comme bien d'autres !
Entrée dans le monde à Lyon. Entrée dans le monde du travail par l'usine (payer mes études, disais-je, et j'étais libre d'expérimenter, choisir, aimer, au lieu de me laisser confiner en classes prépas), et finalement la fac, les relations internationales, voyages, échanges, recherche, actions universitaires internationales...
Ouvrages publiés : en auto-édition, huit romans ou pire, en édition classique, un recueil de nouvelles ; autres ouvrages : une dizaine (je ne compte pas les rééditions)
Perspectives : continuer, pardi ! Et partager. Ai intégré le Collectif 15 avec un premier opus sur la lecture, et c'est un vrai plaisir.

Marie Berchoud a noté ces livres

5
Quel plaisir que la diversité ! Je ne parle pas ici des "pinaillages" inconséquents, mais d'abord et surtout des lectures sur les lectures, en une ouverture qui semble s'épanouir au fil des échanges. Il y a des talents de lecteurs et lectrices très divers, et ça aussi, c'est bien. La variété des lectures fait écho à la variété des écritures et des expériences. Cela porte un nom simple : l'humanité. Dont la tâche la plus urgente est d'augmenter son poids spécifique, et de diffuser ce qu'il y a de meilleur dans l'humain.
Publié le 20 Avril 2020
5
Catarina Viti, Calibre 12. Mon soutien total car… L’auteure excelle à rendre la vie, la dire, la faire exister (cf. Femme au bord du monde). Dans ce récit, elle met en scène trois générations de gens modestes, hantés par le drame, ordinaire, bien sûr, quoi d’autre. Au centre, Tistou, bien campé sur sa jeunesse avec les hormones qui le démangent, et plus que cela, le désir d’aimer. Aimer absolument. Baiser, oui, si possible, mais d’abord, aimer. La sœur d’un copain, Cherrie, le hante, il fera tout pour la retrouver. Et ça se fera. Pas comme prévu. Sa mère a filé il y a longtemps déjà : c’était une pute, disait son père et Tistou… il le croyait. Avec ça, la relation de Tistou avec Cherrie ne va pas du tout, mais pas du tout se nouer comme dans ses rêves (il n’y a pas de masculin pour dire une midinette garçon : midinet ?) La réalité dans toute sa rude horreur le dépassera, et le Papé mourant à l’hôpital dira peut-être le fin mot. Voilà un récit bien ancré, vivant, et tendu vers sa fin, dramatique et logique. Je l’ai lu d’une traite. En le refermant, on se demande s’il y avait une autre fin possible. Et puis, non. La tragédie est toujours ce qu’elle était, sous le ciel méditerranéen qui la vit naître. Comme si la répétition, génération après génération, ne pouvait être rompue. Et c’est ça le pire. Mes réserves…. il y a très peu de choses à reprendre, vraiment, des broutilles : p 80 « Et que je ne vous vois pas / voie pas… » (subjonctif nécessaire) ; (p. 78) dire plutôt après qu’on a … ( et non « après qu’on ait », car on emploie après que + indicatif ; (p 44) une erreur plutôt typo : il manque un S à « tressailler ».
Publié le 29 Novembre 2019
4
Parallel, Les lignes exilées. Mon interrogation et mes éléments de soutien … L’auteur par son pseudo serait en résonance avec son titre ; alors, est-ce la personne d’un seul récit ? cela donne de la force, mais fragilise, aussi. Dans ce long récit complexe, les réseaux font communiquer Jakab Kalai alias Nocturnal, habitant de l’est européen, plus précisément la Hongrie (mais il n’y restera pas) et DaMihiMortem [donne-moi la mort, en latin, pseudo, mais la fille est française). Lequel est le plus désespéré ? la fille, semble-t-il. Mais le jeune homme vibre en écho à sa justesse, dit-il. Le tout dans des dialogues un peu longs ; apprendre à ne conserver que l’essentiel serait plus fort, je trouve. Car la tragédie est bel et bien là – aussi. Une épure plus forte et fine et dense me semblerait meilleure ; car cet ouvrage a du potentiel (ou plutôt son auteur). L’idée de départ est excellente, le style est net, les mots bien choisis. A mon avis, il faudrait juste resserrer le texte et l’action, sans se laisser déborder par les séquences dialoguées à distance ; il y aurait moyen de les reformuler, pour ne garder que les répliques essentielles. Mais ces dialogues s’arrêtent, DaMihiMortem a-t-elle cédé à ses démons suicidaires ? P. 39, le lecteur apprend qu’elle s’est jetée sous un train… mais elle en réchappe, cette Cassandre. Bon suspense, car le jeune Jakab craint ce que signifie le silence et va chercher à la rejoindre. Leur vie ensuite m’a paru un peu longue et détaillant trop de sentiments complexes mais fugitifs (ce qu’on ne sait pas alors !). Mon impression : + / - J’ai apprécié le rapport aux livres (Le Maître et la marguerite, si beau texte !) et à la culture, et l’ancrage dans le temps présent. Mais les excès même des deux protagonistes m’ont semblé sans distance, donc à reformuler. Pour un autre livre, plus abouti, car mûri. Les lignes exilées devront être oubliées puis reprises, dans un autre moment de vie (me semble-t-il), où l’indétermination aura pris du lest, et Parallel se sera posé-e ( ?).
Publié le 29 Novembre 2019