Interview
Du 15 sep 2021
au 15 sep 2021

Une nuit de noces

Il n'y a pas d'âge pour se marier, mais peut-être y en a-t'il un pour épouser les rituels du mariage ? La nouvelle de Jacques Fabre pour l'appel à l'écriture monBestSeller Nuit de noces.
Une nuit de noces, la participation de Jacques Fabre à l'appel à l'écriture monBestSellerUne nuit de noces, la participation de Jacques Fabre à l'appel à l'écriture monBestSeller

Pour une belle fête, ce fut une belle fête.

Il faut dire que nous n’avons pas lésiné sur les préparatifs.
Le lieu : ce sera chez moi, dans le parc. Et nous avons décidé de tout sous-traiter.
Clémence, l’organisatrice des festivités s’occupe de tout, elle a carte blanche... heu !…  Disons plutôt qu’elle a carte bleue.

Avec le confinement, à la mairie, nous n’avons pas pu tous entrer dans la salle mais qu’importe.
Et pour le transport des invités, Clémence avait prévu un autobus – hélas, il était trop petit.
La mariée et moi, nous sommes partis de la mairie dans une MG Cabriolet de 1958  et Clémence respectueuse de la tradition avait fait accrocher divers ustensiles de cuisine aux pare-chocs - quel tintamarre !

Mais à la maison... Grandiose : un espace de réception encerclé de tentes barnum : bar à champagne, bar à boisson, candy bar, bar à gourmandises salées ; Puis, repas servis sur de petites tables éparpillées sous les tilleuls ; serveurs stylés et pour la sonorisation, un Dixieland Jazz Band  saxo, clarinette trompette et banjo et il y avait même un tuba – Quelle ambiance - Pour une belle fête, ce fut une belle fête.

Hortense était radieuse et pas du tout gênée dans sa robe blanche de mariée. A 68 ans avec ses 70kg elle avait eu du mal à rentrer dans le cabriolet, et moi, en redingote baroque à brocart ivoire et strass en cristal doré sur un col Mao, je ne faisais pas mes 75 ans mais passons… Pour une belle fête, ce fut une belle fête.

Bien sûr nous avions prévu une sortie discrète et une position de repli dans une maison de l’arrière pays que Clémence avait louée. Sur le coup de minuit, subrepticement, nous nous éclipsâmes dans une voiture banalisée discrètement stationnée à l’arrière de la propriété.

Hortense, c’est une fille sympa mais elle a des principes, et lorsque nous sommes arrivée à la maison, elle ne sortait pas de la voiture.

Alors je me suis dit : « voilà que ca commence, cette tête de pioche veut probablement que je lui ouvre la portière » oui, j’ai dit tête de pioche et alors ! Alors j’ai fait le tour de la voiture et j’ai ouvert la portière pardi et avec une courbette je lui ai dit : « si madame veut bien se donner la peine »

Mais que nenni, pas moyen de la faire sortir, et là, avec son plus beau sourire pas trop édenté elle me dit : « espèce de babouin endimanché » oui c’est comme ça qu’elle me parle dans l’intimité « saches que je ne franchirai la porte de cette maison que dans tes bras, c’est la tradition »

Je me gratte la tête, pas les cheveux, je n’en ai plus et je sens qu’elle est sérieuse. Je mesure le paquet, et qu’auriez-vous fait à ma place « vous seriez parti en courant » ça c’est ce qu’on dit tranquillement installé dans un fauteuil mais dans l’action et bien, tu es con… Alors j’ai attrapé le paquet et en chancelant j’ai monté les quatre marches qui me séparaient de la porte.

Là, je suis comme un cancrelat qui médite : « mais où ai-je pu mettre cette putain de clé » Et oui, à 75 ans, j’ai des défauts de mémoire immédiate… !

« C’est ça que tu cherches » me susurre Hortense en me présentant la clé !

Sauvé…  Je me tortille pour récupérer la clé et je me tortille encore pour l’introduire dans la serrure ; et tu sais quelquefois tu as des pensées imbéciles, pendant que je fourrage comme un malade, j’ai une pensée grivoise … mais opportune, je me dis « ce sera certainement plus facile de m’introduire dans Hortense, le chemin est déjà balisé ».

Alors j’éclate de rire et je pars en arrière et je lâche le paquet et nous dégringolons les marches jusqu’à la voiture.

Et finalement, nous l’avons eu notre nuit de noce. A l’hôpital où on nous a amené, moi pour une jambe fracturée, Hortense pour un bras cassé, ils ont été sympas, ils nous ont mis dans la même chambre et ils ont rapproché les lits.

Pour une belle fête ce fut une belle fête.

 

10 CommentairesAjouter un commentaire

Hi hi, @Jacques Fabre, votre choix est tellement excellent que je vais m’en servir un et vous accompagner dans votre pénitence. Vous étiez en voie de pardon, vous êtes désormais excusé pour l’erreur de version.
A quoi tient la vie tout de même !

Publié le 18 Septembre 2021

@Michel CANAL

En complément de ma réponse : vous avez raison, il y a des fautes, je suis impardonnable même si vous me pardonnez, il y a une raison à cela, je suis très confus, la version en ligne n'est pas la version corrigée, ma femme grammairienne vient de me passer un savon, je n'ai plus qu'à me suicider ce soir... Je vais choisir le whisky...

Publié le 18 Septembre 2021

@Maureen Hann

Bonjour Maureen,

Vous êtes la première à avoir osé mettre un commentaire sur mon texte et je vous en remercie, comme il n'était pas attendu, il fallait oser. je pensais que les premières lignes suffiraient à décourager le plus courageux des lecteurs, mon style un peu déjanté voire outrancier toujours dans le superlatif n'a rien d'une historiette ... Eh oui, le lit n'est pas le meuble principal de la pièce et même à la fin il y en deux lits et bastian coutrario comme on dit dans le midi pour bien signifier que la nuit de noces stricto sensu n'avait pas eu lieu j'ai mis noce au singulier c'était la nuit de la noce parce que pour une belle fête ce fut une belle fête hi hi !

Merci Maurren

Publié le 18 Septembre 2021

@Fabricio

Bonjour Fabricio,

Je crois que je ne me suis pas bien fait comprendre, mon objectif n'était pas de faire l'apologie du mariage, mais de raconter une histoire pour "me" faire rire. Les contraintes que nous vivons en ce moment sont difficilement supportables et j'ai profité de ce concours pour faire rire les autres.
Si j'ai réussi à vous faire sourire puis rire puis à vous amener dans mon délire, j'ai ma récompense. Oui, c'est vrai comme je l'ai dit ce n'est pas autobiographique, mais si un soir chez des amis, tu racontes cette histoire peut-être trouveras-tu un auditoire.
Mais comme tu sembles désirer ardemment de te trouver une passagère pour le reste de tes jours alors j'ai de bonnes adresses quelques femmes esseulées qui seraient prêtes à jouer les infirmières pour peu que tu acceptes de faire la cuisine. Eh eh ! on n'a rien sans rien... hi hi ! hi

Publié le 18 Septembre 2021

@Michel CANAL
Bonjour,
Eh bien si vous avez bien ri, ceci me réconforte, mon but est atteint, je suis désolé pour les nombreuses fautes, mais je suis un conteur et lorsque je tutoie mon lecteur, j'ai envie de faire des fautes parce qu'elles sont la vie, mais comme vous me pardonnez il n'y a pas d’embarras...

Je vous remercie de votre commentaire et de vos encouragements à faire des fautes

Publié le 18 Septembre 2021

@Jenie
Bonjour,
Merci de votre commentaire, bien sûr ce n'est pas autobiographique, mais mais... mon propre mariage était plutôt folklorique et il y a de nombreux emprunts aux divers mariages auxquels j'ai assisté. comme vous pouvez le deviner, je n'ai rien d'un écrivain, mais dans une autre vie peut-être ai-je été griot.

Publié le 18 Septembre 2021

@Jacques Fabre,
Bonjour,
J'ai adoré votre nuit de noces aussi attachante qu'amusante. J'ai bien ri. Le sujet est bien trouvé, il fallait penser à marier des personnes de 68 et 75 ans et vous avez eu l'idée. J'ai bien aimé également votre style d'écriture.
Merci pour ce partage.
Tatiana Debarbat

Publié le 16 Septembre 2021

Ah que j'ai bien ri @Jacques Fabre ! Non des malheurs du "paquet à tête de pioche" et du "babouin endimanché" qui appellent la compassion plus que la moquerie, mais de l'imagination de l'auteur pour répondre au thème d'écriture "Nuit de noces".
Il fallait y penser... et vous l'avez fait. Merci pour ce partage qui nous offre une autre situation jusque-là inédite. Bravo ! On vous pardonnera plus facilement les nombreuses fautes.
Avec toute ma sympathie. MC

Publié le 16 Septembre 2021

Simple et si efficace, notre sourire se dessine en allant. J'ai bien aimé. Je n'espère plus me marier quoi que rien est écrit, mais je ne souhaite pas attendre aussi longtemps pour retrouver une moitié aussi pétillante de vie et de bonne humeur que votre joli vieux couple ! merci pour ce moment.

Publié le 15 Septembre 2021

@Jacques Fabre,
Que ce texte est réaliste et joliment écrit. On sent l'attachement des deux personnages ce qui lui vaut tout son charme. J'aime la fin à laquelle on ne s'attend pas et qui est menée tout en humour.
Amicalement
Maureen Hann

Publié le 15 Septembre 2021