Interview
Du 25 sep 2021
au 25 sep 2021

Un rêve parti en fumée

La participation d'Ahmed BEZ à l'appel à l'écriture laisse un souvenir amer, un sentiment d'inachevé, une chance de vie ratée. A i'heure des ressentiments et de l'isolationnisme, un espoir noyé.
La nouvelle d'Ahmed BEZ pour l'appel à l'écriture monBestSeller Nuit de noces. Triste.La nouvelle d'Ahmed BEZ pour l'appel à l'écriture monBestSeller Nuit de noces. Triste.

À la différence de sa petite sœur, de toutes ses cousines et de tant de ses copines, Samira n’a jamais eu de chance pour que quelqu’un vienne, un jour ou l’autre, la demander en mariage. Elle est restée célibataire jusqu’à un âge plus ou moins avancé, d’ailleurs sans jamais perdre son rêve qui la toujours accompagné : trouver quelqu’un avec qui elle pourrait vivre le restant de sa vie.

C’est à l’aide de son petit frère vivant à l’étranger qu’elle a pu enfin trouver ce quelqu’un. Un homme de nationalité d’un pays européen, très gentil et un peu timide. Comme elle, lui aussi n’a jamais eu de relations amoureuses durant toute sa vie. Il a aimé Samira et a voulu sérieusement l’épouser, s’octroyant même un autre prénom en entrant en Islam. Selon le code de la famille marocain, le futur époux d’une ressortissante marocaine doit se convertir à l’islam avant le mariage.

Si se marier était son rêve depuis toujours, sa nuit de noces était le moment le plus joyeux dans sa vie. Habillée d’un caftan blanc, tantôt assise sur une grande chaise colorée, tantôt debout au milieu de dizaines de femmes dansant et lançant des youyous, Samira n’a jamais cessé de sourire avec ses lèvres comme avec ses yeux maquillées légèrement de khôl. Elle était belle plus que jamais, du moins d’après mes regards. Et comme on dit, la beauté n’existe que dans les yeux de celui qui regarde. J’étais le photographe durant toute cette nuit, et ce, jusqu’à ce que les mariés soient entrés dans leur chambre et après que tous les invités à la fête soient partis chez eux.

Suffisamment large, bien propre et bien parfumée, cette chambre était tellement idéale pour une nuit d’amour. Elle ne manquait de rien : un grand lit avec des draps et couvertures blanches, un tiroir en bois apparemment rouge, un ventilateur, une veilleuse, etc. Tout y était bien rangé pour que Samira et son époux y soient à l’aise dans leur première rencontre de corps-à-corps et d’âme à âme. Ont-ils fait de l’amour ? Si oui, comment ça s’est-il passé ? Des questions que j’ai posées à Samira, en vue de compléter ce récit que je suis en train d’écrire.

- Comment s’est passée ta nuit d’amour, Samira, peux-tu me raconter un peu ?

- Ça ne va pas non, comment tu oses me poser cette question, Ahmed ? C’est vraiment bizarre de ta part !

- Non, pas du tout, je suis simplement un peu curieux et j’aime écrire quelque chose sur ta nuit de noces.

- Non, je suis désolée, je n’ai rien à te raconter, ça me concerne moi seule, allez-vous chercher sur Google !

Sans être satisfait de ses réponses à des questions que je lui ai posées, étant toutefois conscient de lourdes tabous persistants dans notre culture et notre société, et pour continuer ce récit, j’aime vous dire chers lecteurs, que Samira n’a jamais eu de chance à une vie conjugale. Après cette nuit de noces de quelques semaines, et en vue de rejoindre son époux qui est parti dans son pays, Samira a tout fait pour apporter les documents nécessaires pour déposer une demande de visa auprès du consulat du pays de son mari. Mais c’était en vain. Elle n’a jamais reçu ce visa, et n’a depuis, jamais rencontrer son mari, laissant donc la voix à une autre procédure : le divorce. Une procédure juridique certes, mais humainement, c’est tout un rêve qui est parti en fumée

@Maureen Hann
Merci tellement pour ton commentaire. Oui la fin de ce modeste récit est un peu triste. C'est vrai c'était un mariage qui n'a pas duré, mais a laissé quand-même tant de souvenirs, de jolie souvenirs..
Ravis de te lire Maureen. Bonne journée.

Publié le 28 Septembre 2021

@Ahmed BEZ
Merci pour ce texte, même si la dure réalité frappe la fin de ce récit, c'est la vie parfois rude qui rattrape la noce.
Amicalement
Maureen Hann

Publié le 28 Septembre 2021