@Vanessa Michel
J’avais déjà lu et adoré cette nouvelle, pas encore commentée. Voici donc.
On y entre comme un vidéaste explorateur s’attardant sur tout et rien ; ce qui frappe, c’est le ton qui s’emploie à tout dénigrer, démarche peu habituelle. « Un vieux matelas... » une étagère »employée comme vaisselier », « Il s’agit vraisemblablement... ». Le tableau est total dans la décrépitude et le laisser-aller. On devine que c’est voulu ; ce côté foutraque du lieu n’est pas le seul « intérêt » du tableau, il doit servir une autre réalité, plus importante, que l’on découvre pas à pas :
La liberté, l’amitié, qui n’ont pas de prix. Ce qui restera.
Le côté sordide de cette piaule, les jeunes ne le voient pas. C’est leur havre de liberté, un laboratoire de sentiments et d’expériences de vie. Le tableau n’est pas plus reluisant sur les personnes. (« Dreadlocks qu’il est, hélas, contraint de couper. » (on devine pourquoi!)
La narratrice brosse cependant les portraits des « copains » avec une grande tendresse, un peu moqueuse, mais ne se fait-elle pas chahuter gentiment par ses potes, qui l’adorent ?
Le « travelling » finit par s’arrêter sur « la table », coeur battant du logement. « Autour d’elle, tout se compose, se remue et s’agite ». La table est un symbole fort, présent dans toute la littérature depuis des millénaires, de quelque composition et dimension qu’elle puisse être.
C’est le coeur de ce foyer, largement ouvert, d’une étudiante généreuse et passionnée autant par l’Art que les échanges humains.
Une fois partis vers leur destin, l’auteure emploie le « je » témoin d’une solitude toute nouvelle, attendue mais brutale.
Tout est drôle et émouvant dans ce texte magnifique qui fait rire et pleurer, mon préféré de tous jusqu’à ce jour. Il « parle » à beaucoup de monde ici…Bravo Vanessa, mille excuses pour ce retard...mais j’y tenais.
Bonne idée aussi ce lien renvoyant à la musique de l’époque.
L.T
Publié le 02 Février 2026