Interview
Du 14 oct 2021
au 14 oct 2021

RENCONTRE

Voici une allégorie du désir. Célébrer l’amour entre un homme et une femme, en y incluant sexualité et désir à renfort d' images nous font pénétrer dans un jardin paradisiaque et fantasmatique. Entre le sacré et l’humain, la chair aura-t'elle le dernier mot ? La participation de Josef Reyskeed à l'appel à l'écriture monBestSeller sur le thème de la rencontre.

La nouvelle de Josef Reyskeed pour l'appel à l'écriture monBestSeller : Rencontre(s)La nouvelle de Josef Reyskeed pour l'appel à l'écriture monBestSeller : Rencontre(s)

Dans la malle arrière de nos phantasmes planent des visages connus de nos inconscients, que l’on cherche sans cesse dans le clair-obscur de nos existences.

 Et, il arrive soudain que la certitude éclaire une route, un regard, un sourire, et les émotions s’embrasent, dessinent un contour et dévoilent une vérité. 

Cependant, lorsqu’elle apparut, mes mots ne parvinrent plus à résonner, emprisonnés, dans le carcan de mon émoi, et le doute de trouver écho. Qu’en est-il du cri de l’amour quand ses vibrations s’étouffent et se perdent dans l’épaisseur de l’incertitude ? Faut-il renoncer ? Ou faut-il juste se satisfaire de savoir qu’elle existe, se réjouir d’entendre quelques mots qui alimentent l’espoir, et apprendre à compter les heures désespérément ?

Je bataillais alors avec mes allégories et j’allais apprendre à me repaître simplement de moments magiques qui n’existeront sans doute jamais. Les évidences n’ont pas forcément de reflet, me dis-je, et peuvent disparaître dans les ondes d’une glace sans tain.

C’est alors que je ressentis les vibrations de son épiderme, n’est-ce pas trop tôt pour l’heure où les tissus se froissent et d’autres se tendent ? Que les désirs s’entendent ? Nos corps, pensais-je alors, s’étendront bientôt pour se perdre dans la moiteur de mes souhaits tus ? Peut-être. Mais, il me faut déclarer d’abord mes sentiments, si démesurés déjà, qu’ils encombrent ma carcasse et me secouent l’émoi. Il me faut aussi entendre les siens si… gigantesques également, enfin, je crois…j’espère. Des incertitudes m’habitaient toujours, je tissais encore des projections qu’il me fallait retenir, et consommais un défilé d’envies emprisonnées. J’entendis alors les pulsations de ses lèvres qui me susurrèrent « prends-moi, idiot ! ». Peut-être ne s’agira-t-il pas d’amour entre nous, me dis-je alors, avant de me soumettre à ses envies…

11 CommentairesAjouter un commentaire

@Maureen Hann
Merci pour vos mots séduisants, j'ai eu grand plaisir à les lire.
Pour parler du désir, il est préférable, me semble-t-il, d'habiller les mots, le cerveau est la plus grande zone érogène du corps humain, il a besoin d'être enveloppé. Ravi que le costume vous ait plu.
Amicalement

Josef

Publié le 23 Octobre 2021

@Josef Reyskeed
Bonjour,
Quelques jolis mots bien tournés et utilisés pour uqelques instants de plaisir.
Merci pour ce texte.
Amicalement
Maureen

Publié le 23 Octobre 2021

@Catarina Viti
J'ai trouvé la devinette sur la toile, j'avoue ! J'avais mis quelques indices de la suite dans ma réponse. Rassurez-vous je n'ai pas pensé un instant que vous rameniez autre chose qu'une savoureuse participation.

Publié le 20 Octobre 2021

Avez-vous trouvé la réponse à la devinette (F pour Freddy, Fredo). Sinon, un ch'tit copié-collé dans Glouglou et vous tombez direct dessus. Et franchement, entre nous (mais vous me connaissez un peu, assez) ce n'était pas pour ramener la science que je n'ai pas que j'ai cité Zarathoustra. Il se trouve que je suis tombée sur la citation juste après avoir lu votre texte, en me livrant à des recherches qui n'avaient aucun lien avec notre histoire. Elle tombait pile-poil, il me semble. Bonne continuation.

Publié le 20 Octobre 2021

@Russo
Je suis comblé ! Après FN (c’est une devinette) évoqué par Catarina Viti, voilà que je vous rappelle Roland Barthes, je ne sais où mettre tout cela ! Je vous remercie vivement de votre délicat commentaire. Il y en a tant à dire sur l’ambiguïté de l’être amoureux, est-il divin ou juste secoué par des phéromones ? Peut-être les deux, pourquoi faut-il opposer les états ?
L’attente est ce moment intense et extraordinaire, peuplé de projections et de réjouissances pour des instants tellement merveilleux qui n’ont pas encore existés. Mais n’est ce pas mieux de vivre complétement que de rêver ?
Au plaisir !

Publié le 20 Octobre 2021

@Catarina Viti
Je suis désolé j'ai écorché votre nom en décochant un arobase maladroit.

Publié le 20 Octobre 2021

@Josef Reyskeed
Une bien belle nouvelle, concise qui rend bien compte de l'émoi amoureux et qui me rappelle ce que décrivait Roland Barthes dans Le plaisir du texte, en se demandant, en nous demandant : "L’endroit le plus érotique d’un corps n’est-il pas là où le vêtement bâille ?"
Entre désirs et incertitudes, entre phantasmes et réalité, entre assouvissement et frustration, entre attente et réalisation, vous y répondez d'une certaine manière !
Merci à vous !

Publié le 20 Octobre 2021

@Catarine Viti
Catarina Bonjour, merci d’avoir associé ces lignes philosophiques à mon petit texte. Je l’avais quelque peu fardé d’ironie dans la grandiloquence, juste pour rire un peu…disons une tentative de sourire. Je n’y avais point prêté d’intention de réflexion. Mais ce n’est qu’une question d’angle, l’on peut en augmenter la portée et se demander par exemple : si les courtes folies sont intentionnelles dès le début du texte dans ce cas, la…faim justifie les moyens. Il faut s’abstenir alors de commettre une longue sottise qui mettra fin aux dites folies.
Aurais-je le cœur assez grand pour parcourir les chemins tortueux de l’Annapurna ? N’est pas Lama qui veut…Excellente journée et merci encore pour votre petit mot.

Publié le 19 Octobre 2021

« Es-tu le vainqueur de toi-même, maître de tes sens et de ta vertu ? Ainsi t’interrogé-je. Ou dans ton vœu est-ce la bête qui parle, et l’indigence ? Ou l’esseulement ? Ou la discorde avec toi-même ?"
C'est joli, non ?... ce n'est pas de moi, mais je trouve que ça va bien avec votre texte.
Le même a dit encore « De bien courtes folies : voilà ce que vous, hommes, vous appelez amour »
Mais qui est-il ? un indice : FN... mais non, pas celui-là... pffff.
C'est sûr qu'il y a ici matière à écrire, aussi je vous souhaite grand cœur pour faire l'ascension (en solitaire) de cet Annapurna d'incompréhension qu'est devenu le couple.

Publié le 19 Octobre 2021

@Boris Phillips
Merci beaucoup pour votre commentaire et vos compliments qui me touchent. Ne me prêtez pas trop d'intentions chevaleresques néanmoins, car, même si j'ai rédigé ce texte avec application, il n'en reste pas moins un écrit à ne pas prendre au sérieux :-) . Comme vous l'avez si bien écrit, j'ai voulu créer un décalage (fort bien imagé par la photo postée par mBS) entre deux intentions, quelque peu antithétiques sur la forme. Néanmoins, peut-être pas opposées, quant à la finalité...
Amicalement.
Josef.

Publié le 18 Octobre 2021

Voici une bien belle rencontre, @Josef Reyskeed, magistralement décrite par le lyrisme de votre plume.
Tout se tient entre la sublimation poétique du désir opposée à son immédiate et triviale consommation.
Merci de ce partage.
Cordialement.
Philippe.

Publié le 18 Octobre 2021