Interview
Le 22 fév 2022

Interview Richard Witczak

Il y a des histoires qui viennent naturellement, qu’un jeune homme timide s’intéresse à une jeune afghane au collège, c’est un point de départ, que leurs complicités naissent d’un combat commun contre l’adversité, on comprend... De ce canevas, Richard Witczak tisse le récit délicat de l’énergie déployée d'une lutte contre « l’intolérance », et la naissance d'une communion sentimentale. Un combat de génération sur le thème de l’injustice qui, paradoxalement, aide autant ceux qui donnent que ceux qui reçoivent. Un roman touchant. Au coeur de l’actualité.
Question: 

Que représente l’écriture pour vous, quel rôle joue-t-elle dans votre vie ?

Réponse: 

     —Je me suis tourné vers ce site pour sa convivialité à l’égard des auteurs et la diversité de ses lecteurs. Le site offre une large possibilité de genres littéraires et ce côté généraliste est, entre autres, une de ses qualités.

Question: 

Votre style est soigné, agréable, à la fois simple, direct et précis. Il crée un sentiment de fluidité parfaite. Il donne une acuité à vos personnages

Réponse: 

     —La langue française recèle une richesse de mots pour exprimer les plus infimes nuances des sentiments, vivier dans lequel l’auteur puise sa provende littéraire. Les mots sont habités du vécu de l’humanité, leur étymologie témoigne de la rencontre des cultures, de l’évolution des mœurs, de la transformation des sociétés. Le choix des mots est une des clefs du style. Ils forment la structure de la phrase, ordonnent sa fluidité, engendre sa physionomie. Ainsi, la phrase nous entraîne dans l’univers de l’émotion, nous berce de sa musique, nous fait rire ou pleurer, nous ouvre à la vie. Tel le voyageur qui foule de nouvelles terres, notre pensée vagabonde sur les chemins de l’imaginaire. C’est de cette magie que naît le génie de la langue qui unie l’humanité dans la fraternité.

Question: 

Le roman « Julien déraciné » joue sur des thèmes dans l’air du temps. Adolescence, réfugié, bisexualité, difficulté relation père fils, absence de mère… Ces thèmes sont-ils des balises que vous vous êtes fixées ou est-ce la force et les hasards de l’écriture qui vous y ont conduit ?

Réponse: 

     —À quatorze ans, Julien venait d’entrer dans l’adolescence sous l’aile protectrice du cocon familial. Alors que sa vie semblait suivre une trajectoire bienheureuse, la disparition de sa mère va précipiter Julien dans un autre réel. Il découvre les autres auxquels il va se confronter, se comparer, prendre la mesure de lui-même. Julien est, en quelque sorte, le reflet de notre société qui s'interroge, qui a besoin de repères, qui doute, avec son cortège d’insécurité, de l’angoisse du lendemain, de la quête du meilleur, de la foi collective. L’amour, la haine, la passion, la concupiscence, le crime, la vengeance, sont les comportements qui instrumentalisent l’humanité, auxquels Julien est confronté, malgré lui.  

Question: 

Julien déraciné est-il votre premier roman abouti ?

Réponse: 

—Non, celui-ci est mon troisième roman publié. Avant il y a eu « La trajectoire du point » et « Mort d’un notaire de province ». Mon dernier roman s’intitule : « Couleur crépuscule ». Ils sont tous d’un genre littéraire différent. « La trajectoire du point » évolue dans la fiction où au travers de ses aventures, en trois périodes, le héros voyage à la rencontre de l’amour.

« Mort d’un notaire de province », est une peinture de la société des années 70, vécue sous les traits d’un apprenti détective privé, figure de l’anti- héros par excellence, qui découvre la dure réalité de son métier.

« Couleur crépuscule » est un roman d'espionnage aux facettes géopolitiques qui plongent leurs racines dans l’affrontement civilisationnel auquel notre société est confrontée.  

Question: 

     Vous avez aussi écrit des nouvelles où l’imaginaire occupe une place prépondérante.

Réponse: 

     —Mon premier ouvrage est un recueil de nouvelles dont j’ai proposé la première aux lecteurs de MBS, intitulée : « Le crime de l’orfèvre ». Le choix du titre n’est pas anodin car au fil de la lecture, le réel voilé des aspirations humaines nous apparaît au travers du prisme de notre sensibilité. Ce qui faisait dire à Merleau-Ponty que « l’invisible est la profondeur du visible ». Dans toutes les pièces de ce recueil, l'imaginaire est le maître de l’action. Son intervention, dans la vie de tous les jours, bouleverse la raison en projetant sa victime dans l'univers de l'irrationnel, jusqu’à l’inattendu de la chute finale.

Question: 

Vous abordez des genres littéraires différents romans noirs, nouvelles sur l'imaginaire, romans policiers et d'espionnage, est-ce, chez vous, un goût de l’éclectisme ou bien vous recherchez vos repères ?

Réponse: 

     —L’éclectisme est la disponibilité de la curiosité, c’est un élément indispensable à l’écriture et explorer la diversité sur laquelle mon regard s’est posé en fait partie. Bien sûr, on pourrait me faire remarquer que parfois au travers d’un roman j’introduis des digressions, que je sors du sujet, que je navigue dans des zones éloignées, mais ce n’est qu’apparence car parfois, le point de vue doit prendre de la hauteur pour embrasser l’ensemble avant de cerner le particulier. Ainsi, ce qui pourrait apparaître comme une hésitation de genre, fixe au contraire le cadre de mon écriture, pour mieux peindre les contrastes, énoncer les sentiments, pointer les circonstances qui jalonnent les vies.

C'est une très bonne interview, bien construite et bien conduite, car MBS sait poser les questions qui en apprennent beaucoup sur l'auteur. J'ai été intéressée par les réponses de Richard Witczak, qui me confortent, dans tout le bien, que j'ai ressentie à la lecture de ses romans
Merci à l'auteur d'avoir répondu de façons aussi détaillé aux questions
Merci à Richard Witczak et à MBS pour cette intéressante interview ,à laquelle je donne cinq étoiles

Publié le 25 Février 2022