Une mobilisation massive qui renverse un temple germano-pratin
Très rapidement, une mobilisation s’organise : en quelques heures, des dizaines puis des centaines d’écrivains échangent et coordonnent une réponse collective. Une lettre ouverte est publiée, dénonçant une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ».
Près de 170 auteurs annoncent leur départ de Grasset, rejoints par plus de 300 écrivains soutenant une réflexion plus large sur les droits des auteurs. Parmi eux, des figures majeures comme Leïla Slimani, Virginie Despentes ou Emmanuel Carrère.
Fait notable : cette mobilisation dépasse les clivages idéologiques. Des auteurs aux positions parfois opposées s’accordent sur un point commun : la défense d’une certaine idée de la relation entre écrivain et éditeur, fondée sur la confiance, la liberté et un accompagnement humain.
Une crise structurelle dans un métier immobile
Au-delà de l’émotion, cette crise met en lumière des tensions plus profondes entre logique économique et logique culturelle.
Plusieurs auteurs, comme Frédéric Beigbeder ou Pascal Bruckner, dénoncent une gestion jugée trop « industrielle » de l’édition.
Le différend autour de la date de publication d’un ouvrage de Boualem Sansal illustre ces tensions entre impératifs commerciaux et choix éditoriaux.
De son côté, Vincent Bolloré assume sa position, affirmant que Grasset continuera d’exister et que ces départs permettront l’émergence de nouveaux auteurs, dans un contexte de baisse du chiffre d’affaires.
Edition : de nouvelles questions juridiques et politiques à résoudre
La crise soulève également un vide juridique : contrairement aux journalistes, les écrivains ne disposent pas de « clause de conscience ».
Plusieurs voix réclament donc une évolution du droit pour mieux protéger leur indépendance.
Le débat a même pris une dimension politique, avec Emmanuel Macron rappelant l’importance du pluralisme éditorial.
Un avenir incertain pour Grasset
Les conséquences pour la maison d’édition pourraient être lourdes : perte d’auteurs prestigieux, affaiblissement symbolique, et possible recomposition du paysage éditorial. Beaucoup d’écrivains déclarent qu’ils suivront Olivier Nora s’il crée une nouvelle structure.
Cependant, partir reste juridiquement complexe, et tous les auteurs ne disposent pas des mêmes moyens pour rompre leurs contrats.
L'Edition : une activité de création ou une industrie sensible
Cette crise révèle de vraies interrogations sur l’avenir de l’édition, la place des auteurs et l’équilibre entre création et industrie. La réaction collective traduit un attachement fort à une certaine conception du métier.
Néanmoins, la lecture strictement idéologique de la situation apparaît sans doute exagérée. Si des inquiétudes sur l’indépendance sont compréhensibles, la crise semble aussi relever de tensions classiques dans un secteur en mutation, amplifiées par la personnalité des acteurs et la symbolique du moment
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LA LITTERATURE N'EST PAS UNE RENTE VIAGERE...
L'Edition est en crise, Bolloré se frotte les mains, il n'a plus à entretenir des centaines d'éctivains inconnus pour la plupart, et n'aura pas à leur payer d'indemnités de départ...
Ils vont aller frapper à la porte de Gallimard qui fera la sourde oreille. La boutique est pleine et à la peine...
Un bienfait n'arrivant jamais seul, cela fera un peu d'air et de place pour de nouveaux talents. Cooptés par le petit monde des lettres, copains, cousins, coquins, les écrivains ventouses verrouillaient l'arrivée de nouveaux talents. La preuve, ils ont tenté d'empêcher celle de Boualem, qui au moins, avait qq chose à dire...
On peut aussi admettre que la diversité et la francophonie avec leurs bouillonnements, ont plus à apporter à la littérature que des écrivains assis, rassis, conventionnés, subventionnés... La litterature est un chemin escarpé, pas une rente viagère...
Je ne crois à aucun moment à la sincérité de ces écrivains. En tout cas, leur démarche n’est pas vertueuse. Cela fait plusieurs années que Vincent Bolloré cherche à dominer les médias. Ils se sont tus. Lorsqu’ils sont menacés dans leurs petits avantages, ils jouent aux fiers-à-bras. Ce qui est certain est que le paysage médiatique ne sera absolument pas bouleversé. Ceux qui partent seront remplacés par d’autres. Ce sont les natures des soumissions qui changent. Quant au métier d’éditeur, cela fait longtemps qu’il a changé.
@vous qui lisez. En bref, ça bouge alors tant mieux: trop de rentes de situations assises sur des noms qui furent novateurs et ensuite moulinent leur grain ... Ouvertures ! Vive notre Bestseller
VOUS REPRENDEZ BIEN UN PEU DE BOLLORE...
En France, la tendance est de romantiser la littérature, domaine par excellence de la réussite et de l'élégance intellectuelle. L’écrivain est au sommet de la pyramide de Maslow. Tous les grands politiciens se sont piqués de littérature : Napoléon, de Gaulle, Mitterrand... même Sarkozy, l’anti-intello… et un certain ministre de l'économie avec des souvenirs fantasmés et graveleux de play-boy sodomite en Amérique. On attend Macron. C’est bizarre qu’il ne nous ait pas gratifiés d’une romance genre : "Oui-oui est amoureux de sa maitresse d'école". Ca m'étonnerait qu'on y échappe en 2027...
Plus prosaïquement, il faut comprendre que les écrivains épiciers attendent deux évènement : la rentrée littéraire de septembre, et en juin, le roman de l’été. Celui qu’on pose sur la serviette de plage, assez épais pour caler sa tête et le soir à l'apéro, en parler entre potes en jouant la désinvolture des initiés...
Bolloré flairant le gros coup médiatique a fait passer Boualem Sansal, qui a subi un an de geôle algérienne, devant tout le monde, comme à la boulangerie, quand il n’y a pas assez de croissants et que certains attendent depuis des plombes…
Mais parler du retour du f*chisme est outrancier, il ne s'agit que d'une histoire de marketing et de pognon... Une notoriété et des rentrées financières qui auraient d'ailleurs profité l'ensemble des écrivains du groupe s'ils avaient ravalé leur impatience et leur ego... Un écrivain phare en fait vivre dix...
Mais voyant s’éloigner la promesse de quelques ventes qui leur permettent de garder une aura d'écrivain devant femme, enfants, maitresse et amis, ils ont hurlé à la dictature.
Bien que Boualem ait été victime d'une dictature qui a l'avantage d'être de gauche et de droite, parce que tiers-mondiste et militaire... Qu'à cela ne tienne, il suffit de sortir flûtes et tambours et d'affirmer "urbi et orbi" qu’il est d'extrême droite et pour les plus excités d'hurler "no passaran !"
"Le cirque de l'antifascisme..." disait Jospin, Lambertiste repenti et expert en la matière...
L'édition est un marché comme un autre. Au capitalisme peuvent toujours s'opposer des alternatives anticapitalistes. Rien ni personne n'empêche certaines plumes célèbres de se réunir autour d'une boite d'éditions alternative. En attendant, Gallimard se frotte les mains.
J'espère que Bolloré aura une meilleure gestion de Grasset, car la maison d'édition commençait à s'enfoncer dans l'ornière du politiquement correct. Il ouvrira les portes à d'autres idées et saura mieux gérer les finances de Grasset. @Sylvie de Tauriac
Bonjour
Dans l’affaire Grasset, ce qui est préoccupant, ce n’est pas tant la littérature ou l’activité intellectuelle qui de toute manière n’existent plus. Honnêtement, Leila Slimani !
Ce qui risque d’être inquiétant, ce sera la dérive idéologique telle qu’on la connaît sur Cnews et magazines apparentés. On aurait l’impression de revenir à l’époque de « je suis partout ». Lorsque l’on sait avec quelle facilité des intellectuels sont prêts à vendre leur âme, on peut craindre le pire.
On est bien mieux ici sur monbestseller !!
Il faut comprendre que pour Vincent Bolloré, ces départs sont une bénédiction. Car si une poignée d'auteurs comme Frédéric Beigbeder et Leïla Slimani peuvent espérer vendre quelques milliers de livres durant l’été, les 200 autres ne vendent quasiment rien et leur contrat était difficile à rompre.
Des Tanguy littéraires qui vivent aux crochets de la maison d’édition qui leur verse des subsides, pour des livres vendus à qq dizaines d'exemplaires, qui finissent au pilon et génèrent des pertes.
Sans compter que c'est une opporunité pour d'autres auteurs de talent, présents ici même, dont l'entrée etait bloquée par ces écrivains ventouses entrés par copinage et qui se prévalent d'une qualité qui n'est que celle de la maison d'Edition...
Quel est l'enjeu ?
Empêcher Boualem Sansal de sortir avant l'été son témoignage sur sa détention par le régime algérien ? Un livre qui pourrait faire de la concurrence aux auteurs assis sur leurs habitudes et dont la plupart ne vendent presque rien ou écrivent des romans dans l'air du temps ? Un comportement de boutiquiers qui se livrent à des calculs d'épicier...
Et bien, que le meilleur gagne. En littérature, le lecteur est roi, c'est à lui de choisir ses auteurs... pas aux auteurs de se réserver les lecteurs er d'exclure les nouveaux arrivants...