À travers ce texte, on s’interroge sur la naissance du roman noir dans sa forme moderne. Le roman policier est un ensemble littéraire regroupant plusieurs genres. Schématiquement, on pourrait distinguer :
– L’enquête policière simple. Ici, un commissaire, un inspecteur de police mène une enquête linéaire, suivant sa propre logique. S’il existe des éléments externes, chantage, poursuite, ce sera toujours l’enquête qui prime.
– Le roman humoristique ou ironique. Il est popularisé en France par Charles Exbrayat avec son commissaire Tarchinini. Toutefois, on le retrouve bien avant avec la ligue des rouquins de Sir Arthur Conan Doyle.
– Le thriller. Ici, le suspense avec frissons domine. Il existe une situation de peur avec poursuite. On retrouve ceci dans les 39 marches de Buchanan ou encore chez Patricia Highsmith. Bien faire attention à ne pas confondre le roman policier thriller avec les romans d’horreur.
– On peut distinguer le roman policier historique. Lorsque le roman s’intègre dans des faits historiques connus, j’hésite à le classer en tant que polar.
– Également, le roman financier qui se passe dans les milieux de la bourse, tels que Wall Street. Honnêtement, je déteste ce genre, il ne devrait pas être classé dans les polars, mais dans un genre particulier.
– Il y a le roman « ecclésiastique » dans lequel l’enquête est menée par un prêtre ou une bonne sœur.
– Le cas particulier du, le nommé jeudi, de G. K. Chesterton. Il est question d’une atmosphère métaphysique, fantasmagorique, poétique, romantique.
Que peut-être le roman noir ?
Ce style de roman policier repose essentiellement sur une atmosphère particulière. Noirceur, psychologie, suspense, destin tragique.
On retrouve ce genre chez James Hadley Chase ou encore, chez William Irish. Dans le cinéma, l’un des meilleurs représentants demeure le film, une femme à abattre, avec Humphrey Bogart.
Les romans policiers noirs se caractérisent, généralement, par leurs couvertures de couleur noire, avec écriture en jaune. On retrouve souvent une silhouette qui franchit une porte avec éclairage jaune. L’image d’un chat noir peut faire partie du décor.
À quel moment est né le roman noir dans sa version moderne
Les observateurs rapportent la naissance du roman noir aux aventures de Charles Auguste Dupin d’Edgar Allan Poe. Double assassinat dans la rue morgue est très connu.
Les enquêtes du chevalier Auguste Dupin, enquêteur privé, se déroulent à Paris lors de la monarchie de Juillet. Le principal reproche que j’adresse aux enquêtes de Dupin est qu’ils constituent une continuation de l’univers fantastique de l’auteur. L’atmosphère est trop sombre, morbide. Les enquêtes sont statiques. Cependant, il y a quelques éléments fondamentaux du polar noir.
La disparition de Lady Carfax de Arthur Conan Doyle
Cette enquête de Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle représente à mes yeux le modèle typique du roman noir dans sa forme moderne. Avec ce roman, Sir Arthur Conan Doyle innove puisque l’ensemble des éléments du suspense et de l’angoisse sont présents.
Victime proche et en même temps lointaine
Holmes et Watson savent que Lady Frances Carfax est emprisonnée dans une pièce voisine. Mais ils sont dans l’incapacité d’y accéder pour l’aider. Ceci crée une tension et une ambiance d’impuissance. Cette impuissance a été reprise par Alfred Hitchcock dans son film, l’homme qui en savait trop. En effet, la maman sait que son enfant est détenu quelque part dans cette maison, mais elle ne peut l’aider.
L’enfermement dans un cercueil
C’est une situation qui, à chaque fois, angoisse à l’extrême le lecteur. À cela s’ajoutent le manque d’oxygène et la mort par asphyxie. Le héros parviendra-t-il à sauver la victime avant une issue fatale ?
Dans ce genre de situation, il y a un transfert de condition. En effet, le lecteur réagit par l’angoisse, puisqu’il redoute d’être lui-même enfermé et enterré vivant. Ce thème sera repris par la suite par plusieurs auteurs du roman policier moderne.
Pareillement, il ne faudrait pas confondre ce genre de situation avec celle dans les films d’horreur.
Finalement, le roman noir est un classique de la littérature policière. Si, on peut attribuer quelques textes historiques à sa naissance, ce qui va lui donner sa spécificité, ce sera son développement ultérieur par une succession d’auteurs, ses couvertures si particulières. Toujours, ses lecteurs.
Auteur Aj. Michel
Vous avez un livre dans votre tiroir ?
Publier gratuitement votre livre
Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Le principe du roman noir est assez simple.
Dans un roman policier classique, il y a une énigme et un institutionnel, propre sur lui, en général un policier qui mène l’enquête. Il résout le crime avec calme, bon sens et intelligence. Le bien triomphe du mal. Presque un conte pour enfant, une leçon de morale pour novices du couvent des oiseaux. L'amour, même pudique, y étant selon les règles du genre, exclut
Le roman noir, c’est le contraire : le triomphe du mal.. L’enquêteur, un électron libre, a été viré de la police pour bavure, ou alcoolisme. Il est divorcé, s’intéresse un peu trop aux femmes. Les crimes sordides s’enchaînent, irrationnels, pervers : Un esprit maléfique, un gang mafieux, des politiciens dévoyés ou des personnes au dessus de tout soupçons sont à la manœuvre
Tout fonctionne à l’envers et va de mal en pis…
Si ce n’est qu’à la fin, après un flot d'hémoglobine, le privé règle leur compte à quelques malfrats, non sans avoir éclaboussé des innocents, commis des irrégularités et pris des chemins de traverses. A ne pas mettre en ttes les mains....
Le roman policier décrit la société telle que les moralistes voudraient qu'elle soit, le roman noir, la décrit comme elle est. Le doux frisson du diable...
Un monument du genre au cinéma, même s’il doit exister en polar, est "L’Année du dragon" avec Mickey Rourke, au sommet de son art, avant de sombrer lui-même dans la déchéance, imbibé... Ce qui s'appelle incarner un rôle à la perfection...
Apparemment, le roman noir est né dans les années 1950 dans une Amérique en pleine croissance et prospérité. Mais ce sont surtout les lecteurs, issus des classes populaires, nouvellement instruits à la lecture et qui bénéficiaient de loisirs, qui l’ont popularisé.
L’École de psychologie de Chicago a joué un rôle, parce que, bénéficiant de fonds publics ou privés, elle a commencé à s’intéresser aux milieux interlopes et glauques d'une société en mutation et aux cités tentaculaires déshumanisées.
L’archétype étant le privé, alcoolique, désabusé… et la pin-up allumeuse et un peu givrée qui vient s’« égarer » dans les les bas-fonds… Alcool, meurtres et sexe garantis...
Le papier de qualité médiocre permettait un prix abordable, et les couverture aguicheuses firent qu'il n'arriva en France que qq décennies plus tard, considéré avec mépris par les intellectuels Français, sauf Breton qui en fit l'éloge...
Léo Malet présenté comme anarchiste participa à son acceptabilité...
Vous auriez dû citer également les romans de Raymond Chandler et les enquêtes du détective privé Marlowe. Chandler a su créer un personnage hors du commun, original, magnifiquement adapté au cinéma. Les enquêtes sont passionnantes, très bien écrites. Chandler est un incontournable. @Sylvie de Tauriac