Classiques et Moi
Le 15 oct 2016

LES CLASSIQUES : Arthur Rimbaud et moi…

Dans la pensée collective, Arthur Rimbaud est cet éternel adolescent, immortalisé sur un cliché noir et blanc, le regard clair attrapant l’horizon, le col haut, le cheveu en bataille. Quoi d’étonnant qu’avec son air de prince il conquiert, aujourd’hui encore, le cœur des jeunes filles ! Mais est-ce bien là le connaître… Est-ce son écriture, enflammée ; est-ce son cœur, farouche et troublé ; est-ce son destin tragique, qui exercent une fascination sur les lecteurs, encore au vingt-et-unième siècle ? Colette Bacro nous livre son Arthur Rimbaud à elle, étoile filante de la littérature française.
La dernière photo retrouvée d'Arthur Rimbaud, vraisemblablement à 37 ans à Aden au Yemen, l'année de sa mortLa dernière photo retrouvée d'Arthur Rimbaud, vraisemblablement à 37 ans à Aden au Yemen, l'année de sa mort

Mon prodigieux Arthur Rimbaud

Mon premier émoi littéraire, c’est à Arthur que je le dois.
J’ai onze ans. Pour une fois, la maîtresse nous a laissé le choix de la récitation hebdomadaire. Entre deux niaiseries pour les enfants, une petite brunette qui lit toujours en y mettant le ton, déclame Le dormeur du val à notre classe médusée.

« C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit ; c’est un petit val qui mousse de rayons. 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme ;
Nature, berce-le chaudement ; il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. ».

Rimbaud, un tour de magie

Ce sonnet chatoyant, distillant voluptueusement son venin, me submerge d’une émotion inouïe. Sa fin me laisse en état de choc.
Comment un simple petit poème peut-il être à la fois un tableau magnifique où la nature palpite et une histoire poignante avec un tel suspense ? Pour la gamine que je suis, c’est un tour de magie ! Qui est donc ce poète fabuleux ? La maîtresse nous dit seulement qu’il était jeune et maudit... ce qui me le rend d’autant plus mystérieux et précieux.

Rencontre avec un poète farouche

A l’époque, pas de Wikipédia pour me renseigner, et la bibliothèque maternelle ne renferme que des poètes anglais.
Je n’ai retrouvé Arthur Rimbaud qu’au lycée, dans le Lagarde et Michard, la bible des élèves dans les années soixante. Il y était présenté comme un adolescent tourmenté, exalté, farouche, en rébellion contre l’hypocrisie et la hideuse réalité, un surdoué hyper sensible. Rares étaient les pages illustrées. Il y avait toutefois son portrait, exquis, à côté de celui de Verlaine, aussi laid que sa poésie était jolie. Je ne les trouvais pas assortis, ces deux-là, et ne fus pas étonnée que leur amitié se soit aussi mal terminée. Bien sûr, on ne parlait jamais d’homosexualité aux élèves en ce temps-là…
Les auteurs de ce best-seller de l’Éducation Nationale ayant osé le rapprochement entre les correspondances d’Arthur et le mouvement impressionniste, Les nymphéas de Monet illustraient son alchimie du verbe ! Et c’est un tableau préraphaélite qui illustrait son Ophélie. Je lisais à haute voix ce poème à la fois romantique et symboliste en regardant la belle noyée. Je ne m’en lassais pas.

Arthur Rimbaud, apaisement, désarroi et puissance

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

….
J’en relisais rarement la deuxième partie, qui détonnait, hachée, pleine de désarroi, annonçant des poèmes plus puissants et moins sages.

Dans notre classe de littéraires, je n’étais pas la seule à vouloir, comme Arthur, ruer dans les brancards, oser la liberté, snober Dieu, avoir des illuminations ! On s’est laissés saisir par le tourbillon vertigineux de son œuvre-météorite, on s’est embarqués sur son Bateau ivre, nous enivrant de ses vers, les décortiquant pour plaire à notre prof. De temps en temps on riait en imaginant la tête des gens qui avaient lu ce poème cent ans auparavant. Pas étonnant qu’ils aient trouvé Arthur scandaleux et révolutionnaire !

Et dès lors, je me suis baigné dans le poème
De la mer, infusé d’astres et lactescent,
Dévorant les azurs verts où, flottaison blême,
Et ravie, un noyé pensif parfois descend,

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires,
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que vos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Arthur Rimbaud : l’écrivain qui déserte la littérature

Ce long poème était comme le tonneau des Danaïdes ! Tout ce que nous avons gagné à le disséquer, c’est comprendre qu’en fait, Arthur avait écrit spontanément ces vers parfaits. C’était un voyant, c’était un génie.
Il m’exaltait, même si je savais que je ne lui arriverais jamais à la cheville et que mes propres feux d’artifice ne seraient que des pétards mouillés !

A vingt et un ans, Arthur a renoncé. Il a tout plaqué. C’est sûrement cette incroyable décision qui a fait de lui un mythe. Adieu la révolte indignée ! Adieu les fulgurances de l’imagination ! Torturé par des va et vient entre paradis artificiel et saison en enfer, il a choisi le purgatoire de la réalité, rejoignant le rang des mortels. Il s’est rendu au sol, vivant d’improbables aventures exotiques dans des contrées lointaines. Il est devenu l’homme aux semelles de vent.

Quand un auteur a le pouvoir d’accompagner toute une vie

Moi, si je n’ai pas des semelles de plomb, c’est grâce à lui, qui m’a accompagnée toute ma vie, avec d’autres poètes, bien sûr...
Un vieil ami m’a offert l’œuvre poétique complète d’Arthur Rimbaud dans une édition de luxe, en cadeau de mariage. Un présent qui a fait jaser les adeptes de la liste de mariage pratique… Couverture de cuir repoussé bleu marine et rouge, travail en volutes, lettres d’or, papier écru au grain agréable, gravures délicates de l’époque de Rimbaud, ce livre est LE trésor de ma bibliothèque pourtant riche en beaux livres.

Je m’offre de temps en temps une métamorphose, une saison en enfer, une illumination. Je retrouve le plaisir intact de ces vers qui font partie de moi. Et aussitôt, une mélancolie poignante me prend, englobant ce garçon prodigieux et la gamine émerveillée que j’étais. Deux amoureux du verbe, tourmentés, en plein désarroi. En osmose, à un siècle d’intervalle.

Colette Bacro.

 

Ce que les amoureux d’Arthur Rimbaud doivent savoir

Cadet d’une fratrie de cinq enfants, Arthur Rimbaud naît le 20 Octobre 1854, à Charleville, dans les Ardennes. Son père est capitaine d’infanterie, sa mère, paysanne. Si le couple donne naissance à cinq enfants, il ne s’entend pas, ne se réunissant qu’au gré des garnisons paternelles. Aussi, en 1861, Vitalie Rimbaud se déclare-t-elle veuve, et déménage-t-elle dans un quartier ouvrier, devenant la seule référence de ses enfants. Cependant, rapporte l’Histoire, cette mère se montre sévère au point d’assombrir le climat familial. Le jeune Arthur, qui fait ses premières classes en cette même année, ne tardera pas à souffrir de la rigidité maternelle.

Arthur Rimbaud : élève prodige

Excellent élève, élément prodige, Arthur Rimbaud écolier remporte tous les prix d’excellence. Il rafle les premières places des concours de poésie dans lesquels il s’inscrit. Trop impatient et trop passionné pour souffrir la rudesse de sa mère et les humiliations dont on afflige la jeunesse, il va prendre son destin en main. Il commence par fuguer dans un Paris troublé, assiégé par les armées Prussiennes, pour y ‘goûter à l’esprit révolutionnaire’.

Entrée en littérature et métamorphose du poète

En 1871, le jeune prodige rencontre le poète Paul Verlaine, -avec qui il entretiendra une liaison-, il fait également la connaissance de Paul Demeny, autre poète, et de André Gill, grand caricaturiste. Durant toutes ces années, Arthur Rimbaud écrit, des poèmes surtout, des lettres aussi. Petit à petit la conception qu’il a de son œuvre évolue. Passant à des vers radicalisés, sarcastiques, voire cyniques, il en vient à rejeter la poésie subjective qui l’a d’abord nourri. Dans une lettre adressée à Paul Demeny le 15 Mai 1871, il exprime sa différence telle qu’il la vit : il veut se faire ‘voyant’, par un ‘long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens’. Il a dix-sept ans.

Laissant un immense héritage, l’écrivain met fin à ses activités littéraires

C’est aux environs de sa vingtième année qu’Arthur Rimbaud cesse toute production poétique. Pendant l’époque de son adolescence, il a semé des vers et des poèmes à tous les vents, les uns seront édités, d’autres paraîtront dans des revues, d’autres encore restent en la possession de certaines de ses connaissances, méconnus, durant de nombreuses années. Débute alors la vie de l’homme-aux-semelles-de-vent.

D’expéditions en tribulations, les tragiques dernières années d’Arthur Rimbaud

De 1875 à 1890, Arthur Rimbaud va apprendre de nouvelles langues et parcourir de nombreux pays. Ses expéditions hasardeuses le mèneront de l’Allemagne à l’Italie, de l’Irlande à l’Indonésie, de l’Égypte à l’Afrique centrale. Il deviendra tour à tour commerçant, trafiquant, gestionnaire de comptoir. Souvent malade, fuyant toujours et semant sur son passage quelques troubles et quelques dettes, le jeune homme accumule les déconvenues. Une douleur terrible au genou l’oblige à rentrer en France en 1891. Il sera amputé de la jambe droite. Commence alors une période de calvaire pour Arthur Rimbaud, qui non seulement ne guérira pas, mais verra s’empirer son état de jour en jour. Veillé par sa sœur Isabelle, il tâchera de poursuivre ses activités, ne pouvant renoncer à ses voyages, ne voulant s’installer à demeure. Cependant, foudroyé par le cancer, il décèdera à Marseille le 10 Novembre 1891, quelques jours après avoir atteint sa trente-septième année.

Arthur Rimbaud et les mouvements littéraires : le Parnasse

Dans ses premières années, Arthur Rimbaud se revendique de ce que l’on appelle alors le mouvement parnassien. En Mai 1870, âgé de quinze ans et demi, il écrit au chef du Parnasse pour édicter sa volonté : ‘devenir parnassien ou rien, et me faire publier’.
Le mouvement parnassien s’érige contre le Lyrisme et le Romantisme, auxquels il s’oppose, en rejetant notamment l’engagement social et politique de l’œuvre. C’est ‘l’art pour l’art’, déclare Théophile Gautier, et le slogan restera célèbre.
Néanmoins, choqué probablement par les faits de guerre et les misères auxquels il assiste, Arthur Rimbaud en vient à renier ses anciennes affinités. Dès lors, il s’inscrit dans le mouvement dit du Symbolisme.

Arthur Rimbaud, illustre passant du Symbolisme littéraire

Renouant avec le Romantisme, le Symbolisme littéraire fait son apparition en France dans la seconde moitié du XIXème siècle. Il prône une connexion entre l’image abstraite, et l’image chargée de l’exprimer, impliquant une notion de mystère et de mysticisme dans l’histoire du monde, campant le poète dans son rôle de messager.
Si le mouvement tire son origine de l’œuvre de Charles Baudelaire, si, incontestablement, Paul Verlaine est reconnu pour son chef, si Stéphane de Mallarmé compte parmi ses rangs, Arthur Rimbaud y exerce une puissante influence, par sa manière de concevoir la poésie. Mallarmé fera de lui un  ‘passant considérable [du mouvement symboliste]’.

Le saviez-vous ?

Arthur Rimbaud est né ‘Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud’. Le poète que nous connaissons aujourd’hui aurait pu s’appeler Jean Rimbaud, ou Nicolas Rimbaud.

· Lorsqu’il fugua en 1870, souhaitant monter à Paris, Arthur Rimbaud, contrôlé à la Gare du Nord et ne pouvant présenter de billet de transport régulier, fut emprisonné, à l’âge de seize ans, dans les geôles de la prison Mazas. C’est avec le concours de son professeur, George Izambard, qu’il se fera libérer.

· La décision d’Arthur Rimbaud d’interrompre sa production littéraire, et son appétit pour les voyages, à son époque, renforcèrent son mythe, et participèrent de la notoriété de ses œuvres publiées. Néanmoins, son silence et sa disparition, en 1887, suscitèrent bien des questions : on le dît mort. Tant et si bien que Paul Verlaine composa, à la mémoire du défunt, -qui se trouvait alors en expédition en Abyssinie-, un poème et une étude biographique !

À lire absolument, si ce n’est déjà fait !

· Un des nombreux ouvrages regroupant l’œuvre complète d’Arthur Rimbaud. Il existe un volume, ‘Arthur Rimbaud, œuvres complètes’, publié en livre de poche, établi par Pierre Brunel notamment.

· Les lettres écrites par le poète à sa famille et à ses connaissances, durant ses divers voyages. On peut choisir ‘Rimbaud - L’Œuvre intégrale manuscrite’, une édition établie par Claude Jeancolas aux éditions du Seuil.

15 CommentairesAjouter un commentaire

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Quant à l'histoire de cette photo, intrigante et mystérieuse photo...
Voilà un commentaire parlant d' Augustin TRAPENARD intéressant :
Vous vous souvenez, il y a trois ans et demi, quand le monde entier s’est réveillé avec une photo inédite de Rimbaud, une photo jaunie prise à Aden, on le voyait assis, la trentaine, moustache et cheveux courts, sur le perron de l’Hôtel de l’Univers, il était pas bien beau, il avait l’air ahuri, un peu nigaud, on ne voulait pas y croire. C’est trop déstabilisant, une photo de Rimbaud. Parce que la photo, ça saisit, ça cadre, ça fige, et s’il y a quelque chose qu’on ne peut pas figer, c’est bien la poésie. Rimbaud, c’est du mouvant, […] c’est celui qui décadre et décloisonne, […] c’est celui qui refuse qu’on le saisisse, au point qu’il abandonne la poésie pour le silence et l’errance. C’est déstabilisant, une photo de Rimbaud. A part peut-être ce fameux portrait quand il a dix-sept ans, […] avec sa gueule d’ange, sa tignasse romantique, ses yeux clairs un peu fuyants, c’est la photo qu’on nous impose sur toutes ces couvertures et c’est sans doute pour ça qu’il ne vieillit pas. Et plus je la vois, cette photo, et plus je me dis que ça ne lui ressemble pas. Quand même… il a l’air très sérieux pour ses dix-sept ans.

Les photos sont ambigues, c'est pourquoi elles sont intéressantes.

Publié le 20 Octobre 2016

Juste un petit mot qui j'espere ne viendra en aucune facon ternir cet excellent article. Mais plus je regardais la photo moins je trouvais une ressemblance quelconque avec Rimbaud. En lisant un peu ici et la sur cette fameuse expertise qui aurait montre qu'il s'agit de Rimbaud je dois dire que je ne parierais pas un kopek la dessus :)
C'est une drole d'affaire. Et puis je crois que beaucoup d'hommes seraient interesses de savoir comment en prenant de l'age Rimbaud a pu voir la ligne de ses cheveux s'epaissir sur le front alors qu'en general c'est le contraire qui se passe :D

Enfin je me rend compte qu'il y a une autre petite erreur dans la legende de cette photographie. Elle est censee representer Rimbaud a Aden fin 1879-1880 quand Rimbaud n'avait donc que 25-26 ans.

Publié le 20 Octobre 2016

@Colette bacro
Si cet hommage fait mouche Colette, c'est juste parce qu'il est comme toi : vibrant de sincérité...

Publié le 20 Octobre 2016

Bien chère @Colette bacro, je voulais vous remercier de m'avoir répondu, votre témoignage m'a touchée... Et je souhaitais aussi ajouter quelque chose de très important, à votre bénéfice comme à celui de tous les Auteurs et Lecteurs qui souhaiteraient participer à ce beau projet de rubrique littéraire.
Je vous prie de me croire : à aucun moment je n'ai souhaité modifier votre article, plus encore du fait qu'il s'agit d'un témoignage, vivant, qui vous est forcément intime et précieux ! J'ai été très émue en vous lisant, j'ai apprécié votre franchise, jamais je n'aurais osé suggérer de modifier votre texte. Qui serais-je pour oser faire cela ? Étant moi-même auteur, je sais très bien ce que j'éprouverais si quelqu'un se mêlait de modifier un de mes textes, à moins, bien entendu, que je ne l'ai sollicité au préalable. Nos écrits, fruit de nos écoutes, de nos amours, de nos convictions, de nos réflexions, de nos douleurs aussi, sont un merveilleux objet de partage, surtout quand nous avons le courage de les livrer.
La magie de monBestSeller, c'est bien de nous donner l'occasion de nous exprimer, gratuitement, au bénéfice de beaucoup !
En revanche, puisque l'on m'a confié la tâche, passionnante et rude, de "gérer" cette rubrique, je me dois d'intervenir auprès des administrateurs de monBestSeller, pour confirmer qu'un texte rentre bien dans le format souhaité pour la rubrique ! Entendons-nous bien : je ne juge certainement pas de la qualité d'un écrit, -par ailleurs, tout ce que j'aie jamais lu sur mBS m'a touchée, tout est toujours de grande qualité-, je dois simplement me faire la garante de la validité du texte PAR RAPPORT AU FORMAT DE LA RUBRIQUE, qui propose effectivement plusieurs parties : un témoignage intime en rapport avec un Auteur classique, et quelques points plus scolaires, touchant la biographie, l'appartenance à tel ou tel mouvement littéraire, etc.
Ce projet étant tout neuf, nous prenons nos marques, et nous posons encore beaucoup de questions (l'une d'entre elles pouvant être : tous les Lecteurs 'accrocheront-ils' à la citation d'un poème dans son entier ?), le but étant double mais indivisible : permettre aux Auteurs de s'exprimer, librement, de livrer une part d'eux-mêmes, et nous assurer que tous les Lecteurs de la rubrique s'y retrouvent...
Par conséquent, ces publications sont l'objet d'un partenariat, entre témoignage intouchable de l'Auteur, et cadre littéraire de monBestSeller. Chaque proposition de retouche n'est effectivement qu'une proposition, une orientation suggérée, dans le respect total de la liberté de l'Auteur.
Pour ma part, je suis heureuse qu'au final, l'intégralité de ce poème qui vous est si cher, ait été retranscrit dans son entier.
Et ce sont bien les Lecteurs, si enthousiastes, qui vous donnent raison ! C'est avec grande sincérité que je vous exprime ma hâte de vous lire à nouveau, et de travailler, -par écrans interposés !-, avec vous à nouveau...
Amicalement,
Élizabeth.

Publié le 20 Octobre 2016

Oups, je n'avais pas vu le sous-titrage de la photo ! Rimbaud n'est pas mort à Aden mais à Marseille.

Publié le 20 Octobre 2016

@Colette bacro
Arthur Rimbaud... Comme toi, Colette, il m'a profondément marquée ! Adolescente, je savais par coeur les 125 vers de son Bateau ivre ; plus tard je récitais à mes enfants les vers de Ma bohème, qui expriment de façon si pure et si bouleversante le dénuement, la liberté du jeune fugueur, seul au sein de la splendeur hostile du vaste monde :
"Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées.
Mon paletot aussi devenait idéal.
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal ;
Oh là là, que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse,
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied contre mon coeur !"
(oh, cette dernière vision, si fulgurante, où tout est dit...)
Contrairement à Mélanie, dont je comprends le malaise, je ne m'étonne pas du côté obscur de Rimbaud, ni n'en suis choquée. Orpailleur de l'existence, cet écorché vif a tiré de la boue omniprésente tant de pépites, que nous lui devons reconnaissance. Et je ne suis pas étonnée qu'il ait épousé cette boue de toutes ses fibres, qu'il se soit roulé dedans pour mieux en sentir les rares paillettes, les coller à sa peau de jeune être hypersensible. Oui, Rimbaud était un damné ; non pas au sens religieux, mais parce que son "altérité" jusqu'au boutiste le condamnait à la solitude qui sublime et qui corrompt, aux pulsions extrêmes, aux choix sulfureux.
Merci, Colette, pour ce bel hommage au Petit Prince de la poésie, fût-il un ange déchu !

Publié le 20 Octobre 2016

Chère @Colette bacro, ce fut un honneur pour moi de découvrir votre texte. J'ai eu la chance de pouvoir le lire "en tout premier", et, quelques soient les polémiques qui puissent être soulevées, apparemment, au passage de votre témoignage, il n'en est pas moins touchant parce que vous osez livrer une part de votre vécu, si essentielle. Enfant, vous avez été aidée par les mots d'Arthur Rimbaud, et je crois qu'il est infiniment important de respecter cela.
On m'a proposé d'aider à la supervision de cette rubrique ; c'est un travail, -passionnant-, et totalement inédit pour moi. Je vous prie, chère Colette, ainsi que @Hubert-P LETIERS et @Robert Dorazi (en espérant que mes '@' servent à quelque chose), de m'excuser pour les fautes passées au travers du filet, et pour le côté trop scolaire de ma biographie, qui freine manifestement la magie de votre texte...
J'apprends à mesure et tâcherai de faire mieux la prochaine fois, dans l'espérance que vous aurez tout de même un regard positif sur cette expérience, et que vous aurez compris combien je respecte votre travail.
Avec mes remerciements, à vous tous, pour vos commentaires.
Amicalement,
Élizabeth.

Publié le 19 Octobre 2016

@Colette bacro, c'est un très bel hommage à ton 'ami prodigieux' Rimbaud. Ton écriture est sensible, tu nous fais ressentir comment sa poésie t'a toujours accompagnée et l'importance qu'elle a eue pour toi. J'ai lu ton texte comme un chapitre inédit de l'Enfant bonsaï, avec la même émotion.

Publié le 19 Octobre 2016

@Colette Bacro. Pardon. Erreurs corrigées dans votre si belle déclaration d'amour.

Publié le 18 Octobre 2016

On peut ajouter que le Nobel de litterature a ete attribue cette annee a un autre poete qui ne fait pas l'unanimite en France :)
Pourtant Ferre a bien mis en musique des poemes de Rimbaud et des autres grands sans que cela ne detruise leur poesie. Bien au contraire. Est-ce que la poesie cesse d'etre de la poesie des lors qu'on lui adjoint des notes de musique?
En ce qui concerne la photo, je sais que certains ont identifie Rimbaud, j'ai du mal a reconnaitre l'adolescent de la photographie qu'on nous presente generalement.

NB. Un petit oubli "les pieds dans les glaïeuls", et "infusé d'astres, et lactescents"

Publié le 18 Octobre 2016

@hubert-P Letiers... Ah cher Hubert. C'est de ma faute et de celle d'Elizabeth :-)...Sachez que pour que nos articles soient référencés par Google il nous faut de la matière. Et qu'il vaut mieux avoir 10 000 lecteurs que 100 lecteurs. Par ailleurs un petit vaccin ne fera de mal à aucun d'entre nous ...Amicalement

Publié le 18 Octobre 2016

Bonjour Colette, Comment ne pas avoir envie d'aller voir du côté de chez Rimbaud, avec pareille déclaration d'amour ! Merci à vous Colette, ainsi qu'à Élizabeth M.AÎNÉ-DUROC pour cette page d'actualité joliment composée et rédigée. Amicalement, Marguerite.

Publié le 18 Octobre 2016

@Colette Bacro
Bravo et merci pour ce témoignage. Je crois que beaucoup se retrouveront dans celui-ci. Effectivement, "Le Dormeur du Val" est un vrai tour de magie. Rimbaud est, et restera un génie. Stéphane Mansour.

Publié le 18 Octobre 2016

Très beau témoignage !

Publié le 17 Octobre 2016

@Colette bacro, merci infiniment pour ce merveilleux témoignage d'une rencontre passionnelle qui vibre comme au premier jour. Elle transpire au travers de chacun de vos mots. Votre évocation du poème "Le Dormeur du val" m'a littéralement téléportée vers mes souvenirs de primaire. J'ai ressenti l'émotion qui m'avait envahie, à sa lecture, une émotion nouvelle que mon coeur ne semblait pouvoir contenir. J'aimerais croire aux anges et imaginer qu'il ait posé la tête sur votre épaule et vous ait accompagnée, le temps de cette rédaction. Amicalement. Michèle

Publié le 17 Octobre 2016