Actualité
Le 13 sep 2018

Culture, Edition, Presse : les Gafa contrôlent-elles leurs super pouvoirs ?

Les GAFA règnent, non pas que ce soit une stratégie diabolique. Mais en organisant internet, ils organisent le sort de tous ceux qui sont sur la toile, c'est à dire tous. Faire contribuer ces géants aux contenus artistiques et éditoriaux, c’est la logique . Bientôt « la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique du numérique » sera proposée. D’un côté les partisans d’une régulation des contenus avec défense des libertés des internautes, qui fragiliserait à terme toute forme de contenu non rémunéré. De l’autre, l’imposition automatique d’un filtrage de tous les contenus.
Gafa : faut-il contrôler leurs pouvoirs ?Gafa : faut-il contrôler leurs pouvoirs ?

Auteurs et diffuseurs : d’un côté ceux qui créent, et de l’autre ceux qui gèrent la création.

Pour faire simple et au centre du débat, qui doit négocier ? Les auteurs eux mêmes ? Impossible bien sûr, sous peine de paralyser la machine sous une administration inadministrable.
Des intermédiaires doivent s’en charger, sorte d’agents, qui négocieraient avec les plateformes de partage et de référencement, des accords de licence donnant droit à des rémunérations en échange de liens renvoyant à des contenus, des vidéos, des textes.

Mais les questions fusent : sur quels profils ? quelles tailles d’extraits, quelle rémunération? Grand débat que l’Europe peine à résoudre.
Doit on obliger les plateformes, prises isolément, à conclure des accords de licence avec des ayant droits, comme le suggère Jean Michel Jarre. Travail et lourdeur énorme.

Depuis 2000 les recettes de la presse en France sont passées de 5 Milliards à 1,7 Milliards en 2017. A l’inverse, les Gafa cumulent les profits. Le paradoxe, c’est que leurs revenus viennent quasi-directement de ces contenus. Les contenus sont à la fois la poule aux œufs d’or, mais des poules fragiles, souvent malades voire moribondes.
Les Gafa ont ce statut ambigu de media et d’hébergeurs passifs. En contrôler les règles est une impérieuse nécessité. La réutilisation des contenus mauvais, dangereux ou à mauvais escient relève de leur responsabilité car ils en sont les diffuseurs. Le pistolet se retourne.

Amazon bouscule la rentrée littéraire 2018

 Avec ses 567 livres lancés pour la rentrée littéraire, le monde de l’édition entre dans la ritournelle habituelle de sa propre célébration. Pas que les livres soient mauvais : Nothomb, Ferrari, Khadra, Lamberterie, Mabanckou, Fottorino, Sansal, Angot… Mais on peut sentir les prémices des changements chroniques.

  Avec une baisse de 1,61 % du chiffre d’affaire des editeurs en 2017, des tirages moyens des nouveautés en recul constant depuis plusieurs années, et une concentration inquiétante autour d’une soixantaine d’auteurs qui font plus de 50 % du chiffe d’affaire, quel est l’avenir du livre ?
Ou plutôt sous quelle forme et avec quelles règles le livre doit se redéployer ?

Le jury Renaudot sélectionne un livre Amazon auto-édité: le renard dans le poulailler.

Les jurés du Prix Renaudot ont sélectionné un livre auto-édité Amazon dans leur selection. En bref, un opérateur qui est à la fois un éditeur et un distributeur exclusif de livres. Qu'est ce que cela signifie ?
Les libraires seront « contraints » de commander chez leur concurrent, celui qui « veut les tuer » : le circuit des libraires. Nourrir celui qui veut acquérir le monopole de la distribution et peut être même celui de l’édition.
Complexe, mais peut on mordre la main qui vous nourrit ?

Avant, une réglementation, voire une législation, les libraires doivent souhaiter secrètement cette année que l’auteur élu "Marco Kostas" ne fasse pas partie de la selection finale. Mais a-t'on le droit de leur prêter de mauvaises pensées ?

 

 

@Letellier Patrick, oui, tout comme toi, je crois aux grands pouvoirs de la pensée. J'ai même vécu quelques expériences qui me confortent dans ce sens et me laissent rêveuse d'un monde meilleur ;). Faire exploser tous les mauvais par ce seul biais, voilà une idée qui me plairait. Je suis volontaire ! Pulvérisés menu façon puzzle, comme dans "les tontons flingueurs" :) ! Amicalement. Michèle

Publié le 17 Septembre 2018

@lamisch Bonjour, nous le pourrions. Par la prière, par la puissance de la pensée unifiée à des millions d'individus, à la même heure (d'audience), sur... le même sujet, sans même se concerter. Dans un premier temps, ceux qui représentent les vrais mauvais exploseraient les uns derrière les autres.

Publié le 17 Septembre 2018

Que les Gafa finissent par gouverner notre monde parait de moins en moins improbable. L'expansion du flicage associé ouvre la porte aux pires des scénarios. Moi, cela me fait d'autant plus froid dans le dos que nous les nourrissons tous au quotidien, même si nous tentons de rester conscients, de traîner la patte. Comment se passer d'eux et comment faire le poids pour orienter leurs desseins ? Lorsqu'il est question d'immortalité, comme le souligne @lephilosophe, comment ne pas immédiatement se projeter et conclure qu'il y aura forcément des élus et des laissés pour compte ? C'est irréalisable autrement. Alors le gros souci dans tout ça, ce sont bien leurs intentions. Merci pour cette pertinente tribune et bonne journée à tous. Michèle

Publié le 17 Septembre 2018

@lephilosophe Bonjour, merci pour ce youtube. Chaud bouillant. La science pour les peuples alors qu'ils les éradiquent depuis des décennies. Des centaines de millions de morts depuis 100 ans.

Publié le 15 Septembre 2018

@abdesselam bougedrawi Bonjour, merci, belle explication. En fait, un vaste panier de crabes. A mon avis, pour l'académie française, oui, elle a été conçue sous Richelieu. Appartenait au clergé. Mais depuis 1789 elle a été infiltrée comme l'a été le clergé pour le discréditer que nettoyait l'inquisition (refus du pape de l'époque) . Elle est devenue plus que rouge. Les professeurs aussi. C'est elle qui donne le ton des manuels scolaires. Le clergé, les vrais catholiques n'existent plus en france, ou si peu. Ne sont à la tête de rien! (je suis apolitique, sans religion, et c'est dommage). Le prix Renaudot a aussi récompensé: "Bandes de Français", auto-édité sur Amazon.

Publié le 15 Septembre 2018

Bonjour et désolé pour la longueur e ce commentaire
Il est important de rappeler que Apple et Microsoft sont là depuis déjà quelques décennies. Ils sont à l’initiative de quelques esprits entreprenants souvent dans des conditions très difficiles. Apple à plusieurs reprises a failli disparaître, Microsoft lui-même n’a pas bien compris l’évolution d’Internet, ratage de l’explorateur Web, ratage du système d’exploitation pour smartphones, ratages des outils de communication. Google lui-même est né de l’initiative de quelques étudiants, quant à Amazon qui est le plus récent, son fondateur s’est endetté pour le lancer. Il s’agit donc avant tout d’initiatives individuelles dans un pays qui favorise ce genre d’événements. En Europe malgré tous les moyens et toute la meilleure volonté du monde, nous n’arrivons pas à avoir des entreprises similaires. Aussi il appartient de comprendre pourquoi un tel succès et pourquoi en Europe une telle inertie. Critiquez ou faire le procès de la GAFA est avant tout un constat de notre echec.
Et cela concerne d’autres secteurs, ainsi Netflix devient producteur de séries et des films diffusés uniquement dans son réseau a travers le monde.

Voici une tentative d’explication. L’innovation perpétuelle est une des clés du succès.
Les entreprises qui arrêtent d’innover meurent à coup sûr. Faute de l’avoir compris, AltaVista, Nokia, Blackberry soit mort soit agonisant. En réalité les mêmes griefs furent jadis utilisés contre les supermarchés, contre Coca-Cola et auparavant contre téléphone et j’en passe. Rien de nouveau. Quant au libraire et le petit commerçant leur agonie a commencé il y très longtemps avec les supermarchés. On oublie vite.
Mais pour rester dans le domaine culturel et de l’édition, l’Europe est victime de sa propre inertie.
En fait c’est une éternelle histoire qui se répète. Le parcours des prix littéraires et des institutions littéraires n’est pas clair lui non plus. Le prix Goncourt a été créé pour contester l’Académie française, car elle était complaisante avec les ecclésiastiques et les généraux. Le Goncourt fut lui-même contesté par le Femina, car il ne contenait que peu de femmes. Le Femina quelques décennies après ne comporte aucun homme. Le prix de Flore fut créé par des jeunes, mais qui refusent le renouvellent du jury. Au final des institutions littéraires cacochymes. Les institutions littéraires et les prix littéraires vivent encore sur leur gloire passée. Ils sont encore à l’époque où Raymond Queneau en 1951 sortait devant une foule excitée pour connaître le nom des finalistes. Ils n’ont pas vu venir la révolution numérique. Mais bien avant cette révolution numérique, les grands succès de l’édition se sont faits en dehors du Renaudot, du Goncours et de tous les autres.

En 60 ans ou en probablement 80 ans, rien n’a changé dans le programme scolaire, madame Bovary, les liaisons dangereuses, le colonel chabert sont toujours la. Déprimant à l’image de l’âge canonique des immortels du Femina Goncourt, de l’Académie française, etc..
Amazon surtout lui, a bien compris cette évolution et a bien compris l’éventuel potentiel de l’auto Édition, aussi a-t-il lancé son propre prix, non pas pour consacrer des gloires littéraires, mais, plutôt pour augmenter son profit. En ce sens il est d’une implacable logique avec lui-même, une œuvre littéraire devient un produit comme un autre. Mais on ne peut jeter l’anathème sur Amazon il ne fait qu’accompagner un phénomène qui existe déjà la standardisation de la pensée.
Faites une expérience toute simple, envoyez votre manuscrit à Amazon et envoyez le même manuscrit à un éditeur classique . Chez l’un vous serez édité, chez l’autre vous serez méprisé.

Le prix Renaudot a essayé par le passé de récolter les miettes du Goncours , il essaye actuellement de récolter les miettes d’Amazon. Il ferait mieux de créer son système de promotion des auteurs auto édités. Mais pour cela il faut qu’il se libère de ses propres archaïsmes.
Que le prix Renaudot récompense un auto éditée d’Amazon cela me réjouit pour l’auteur, mais cela ne changera rien au sort de cette vénérable institution. Faut-il que les institutions classiques rajeunissent, cela semble nécessaire pour rejoindre le fait numérique, mais absolument insuffisant, car il y a beaucoup de jeunes qui réfléchissent comme des petits vieux.
Musso Lévy et Higgins, doivent leur succès avant tout parce que notre pensée est devenue tragiquement uniforme.
Le risque majeur qui peut contaminer les auteurs auto édités et qu’ils veulent ressembler à Musso Lévy ou Higgins, c’est-à-dire devenir des auteurs sans âme à et sans originalité. C’est-à-dire des sortes de sous-produits jetables après une toute petite consommation sans lendemain. Et cela m’attriste.
Il faut avant tout que l’Europe se ressaisisse et arrête de gémir et de pénaliser et surtout réinventer notre culture sinon la réponse typique a une question culturelle serait « le petit chat est mort. »
Sacré matou malgré toute ces années tu veux pas crever. Mais il est vrai que t’a sept vies, comme les G…..

Publié le 14 Septembre 2018

Non, le danger des Gafa est ailleurs :https://www.youtube.com/watch?v=ct6Du0tn0sk

Je pleure devant la folie des hommes:

Car combien de vies

seront brisées pour atteindre

l immortalité

Publié le 13 Septembre 2018